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Stoker - 5/10

Par Aelezig

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Un film de Park Chan Wook (2013 - USA, UK) avec Mia Waskowska, Matthew Goode, Nicole Kidman, Dermot Mulroney

Décevant.

L'histoire : India et sa mère enterrent Richard Stoker, leur père et époux respectifs. Pour la jeune fille, c'est un drame ; elle passait ses après-midi avec lui, depuis l'enfance, à courir la forêt, et attraper des petits animaux pour les empailler, leur passion commune. Sa mère semble moins affectée et s'intéresse beaucoup à l'oncle surprise qui débarque à l'enterrement : le jeune frère de Richard, dont on n'avait jamais entendu parler. Enigmatique, il s'incruste, subjuge la mère mais exaspère la fille, méfiante...

Mon avis : Je me souviens que les critiques avaient été bonnes dans l'ensemble et, surtout, que certains d'entre vous, lecteurs, ont carrément mis ce film dans leur top 2013. J'étais donc impatiente de le voir et j'avoue avoir été fort déçue... Ca m'a semblé bien invraisemblable, tiré par les cheveux, et n'apportant pas de réponse à toutes les questions qui se posent.

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Par exemple : pourquoi cet oncle était-il resté dans l'ombre tout ce temps, tout en nourrissant une "passion" pour cette nièce... qu'il ne connaissait pas ? Pourquoi est-il accueilli par la mère avec autant de familiarité : elle l'héberge aussitôt, presque comme le nouveau maître de la maison et en semble tout émoustillée ? Et pourquoi ces morceaux de corps humain dans le congélateur ? Pas très discret, le tonton... J'ai pas compris grand-chose à la démarche de ce killer... Etc etc.

L'oncle en question est une vraie tête à claque ; il m'a agacée d'un bout à l'autre et je me disais qu'un type comme ça n'aurait guère faire long feu chez moi. D'où ma difficulté à aborder cette histoire tordue... Matthew Goode joue probablement ce qu'on lui dit de jouer, mais le résultat est peu probant, caricatural, et pour l'instant, je ne me souviendrai de cet acteur que pour cette prestation sans nuance.

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Kidman, elle, est dotée d'un rôle tout aussi zarbi... Evaporée, écervelée, inconsistante, transparente, elle n'a finalement aucun intérêt dans l'histoire et ses mimiques pour exister n'en sont que plus navrantes.

Seule Mia tire vaguement son épinge du jeu, mais pour le coup, vu les révélations du dénouement, elle demeure quand même un peu en retrait par rapport à la violence et l'ambiguité qu'elle devrait exprimer... et elle a constamment les sourcils froncés, ce qui ôte beaucoup de mystère au personnage. La relation entre son oncle et elle, l'atavisme familial suggéré... c'est très mal analysé et amené. On dirait plutôt Mercredi Addams et son oncle Fétide qu'un sulfureux thriller sur le gène de killer...

Non, franchement, je ne vois pas ce que vous avez aimé là-dedans ! L'histoire n'est au final guère originale (cela m'a fortement rappelé L'ombre d'un doute, d'Hitchcock, en plus gothique et plus horrifique, mais... en beaucoup moins bien quand même) et le suspense assez éventé. La mise en scène est jolie, certes (de beaux travellings) mais bon, c'est le minimum qu'on demande à un film. Après, il faut aussi une bonne histoire et de bons personnages.

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Les critiques professionnels adorent. Pour ma part je n'ai vu dans le film aucun des qualificatifs qu'ils emploient : dérangeant, sulfureux, intriguant, envoûtant, pervers... A croire qu'ils ne sont jamais allés au cinéma ou qu'ils n'ont jamais lu le moindre livre de leur vie. Y a quand même nettement plus fort !

Heureusement je me retrouve chez TéléCinéObs : "Dans la seconde moitié du film, l'exercice de syle post-hitchcockien tourne court ; la virtuosité clinquante du cinéaste (...) succombe aux assauts d'un scénario de mauvaise série B (...) et au ridicule de (...) Kidman et Goode, en cire et en os." et Télérama "On dirait du vieux moderne, plus maniéré que maniériste. Peu de dialogues, des bizarreries répétées de manière mécanique : le film met un temps fou à démarrer et se révèle plutôt décevant."

Anecdotes : Le patronyme Stoker n'a pas été pris au hasard ; il évoque Bram Stoker, l'auteur du célèbre Dracula, qui a en quelque sorte réinventé le mythe du vampire. Le nom veut ici illustrer l'emprise d'un homme puissant sur des âmes fragiles... M'ouais. Si ça peut l'aider, le réal, tant mieux pour lui.


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