Magazine Culture

L'Invention de nos vies

Publié le 22 avril 2014 par Pralinerie @Pralinerie
Ce roman de Karine Tuil nous invite à partager un moment de la vie de trois amis moyennement sympathiques : Samir, Samuel et Nina. Très proches pendant leurs études, la quarantaine va les voir se rapprocher à nouveau, pour quelques jours, pour quelques mois...  Rockfeller New York Samir est un brillant avocat new-yorkais, marié à une femme influente et introduit dans les milieux les plus hauts placés. Seule ombre au tableau, il ne se sent jamais lui-même et a menti pour s'élever. C'est bien entendu cette identité trouble et son goût pour les femmes qui le menacent dans une société où la transparence est de mise. Samuel se rêvait écrivain. Il est éducateur social en banlieue parisienne où il vit avec Nina.  Nina est sublime. Elle est mannequin pour les grandes enseignes de supermarchés. Elle a aimé Samir, elle est restée avec Samuel après un chantage au suicide.  Lorsque ces trois là se retrouvent, c'est tout leur quotidien, fait de compromis, de compromissions et de trahisons, qui va en être bouleversé. Tout semble se jouer autour de Nina et de qui va la séduire mais le triangle amoureux n'est que la partie visible du drame. Et c'est ce basculement initial qui va faire changer des vies bien réglées.  Karine Tuil écrit un roman de notre temps, un roman post 11 septembre, ancré dans notre actualité et notre société du paraître. Il soulève les questions de l'intégration culturelle et sociale, de la méritocratie, des valeurs et des repères. Les personnages ont l'air de se contenter de ce qu'ils ont et de ce qu'ils sont. Pourtant, les dernières pages tendent à montrer qu'ils voulaient tout autre chose : la liberté et l'accomplissement de soi. Cette fin similaire pour les trois protagonistes m'a parue un peu facile. De même, quelques passages pseudo philosophiques sont de trop. Mais l'ensemble se dévore à toute allure, porté par une écriture dense, urgente et intense, qui mitraille le texte de "/", séparant ainsi les multiples termes, souvent des verbes, dans de longues phrases. Et contrairement à d'autres, j'ai aimé ces notes de bas de page qui donnent une identité à tous les personnages secondaires croisés par les protagonistes. Dans un roman qui questionne l'apparence c'est plutôt bien vu.  Bref, j'ai été séduite par ce roman mené tambour battant. J'ai été happée par cette narration au pas de course malgré ses personnages antipathiques. L'Invention de nos vies


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Pralinerie 1161 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazine