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Nous étions une histoire, Olivia Elkaim

Par Laurielit @bloglaurielit

nous étions une histoire olivia elkaimJe vais vous parler d'un livre découvert grâce à Séverine (encore!), notamment via un passage qu'elle avait publié sur Facebook et qui m'avait beaucoup touché ...nous etions une histoire extrait

Qui n'a pas connu un tel désarroi face à un bébé qui pleure? Certes il y en a qui font face plus ou moins facilement à cette situation. Pour ma part cet extrait m'a touché car il aborde justement ce tabou (oui encore) des mères qui n'y arrivent pas...car enfin "vous devriez être heureuse". Oui mais Anita, elle, ne l'est pas. La naissance de son petit Orson la bouleverse, elle sombre. Anita s'enfonce dans le passé de sa mère et de sa grand-mère, ses souvenirs se mélangent, de sombres histoires la bloquent pour enfin être mieux dans son corps et dans sa tête. Entre le personnage extravagant d'Odette sa grand-mère, Rosie sa maman et Anita, se forme un trio d'amour et de destruction. Anita doit d'abord mettre à plat son passé. Pour cela elle part à Marseille sur les traces d'Odette (morte au moment du récit), de Rosie (sa mère qui vient la retrouver).

Dans ce roman, Olivia Elkaim nous touche en tant que mère et met en lumière l'importance du passé, de l'enfance surtout pour construire un adulte. Il paraît que nous reproduisons ce que nos mères ont fait avec nous, rien n'est plus vrai dans ce livre. Que ce soit Odette, ou Rosie, ces mères n'ont pas pleinement assumé leur maternité et comme un effet boule de neige, Anita a du mal avec son fils...car il est clair que être mère, c'est s'abandonner pour un autre être et pour cela il faut être soi-même libéré.

J'ai beaucoup aimé le personnage du père, Louis, pourtant peu présent. Car les pères soufrent aussi de ce moment où ils ne retrouvent plus l'être aimé et se trouve désemparé. A sa manière, Louis va pousser Anita à repartir dans son passé et poser les cartes du jeu sur la table. Le personnage d'Odette est extravagant: une séductrice mais aussi une destructrice. La maman d'Anita, Rosie, a un lourd passé relationnel avec sa mère et a aussi beaucoup conditionné Anita "nous sommes une famille ordinaire". Bref tout un tas de sujets encore tabous sont abordés : la dépression post portum, l'infanticide (avec des références à Médée, Carthage), le mensonge et les non-dits, la religion, l'importance de l'enfance pour se construire en tant qu'adulte et surtout l'importance des mères. Un joli roman qui marque avec un style direct, pur et dur. Petite mention spéciale pour la couverture, ce drap rouge qui emmène la femme, devenue mère sur un chemin inconnu...

Quelques passages au fil des pages :

"Il n'y a aucune joie. Tu te forces...Tu passes ton temps à te forcer depuis que tu as accouché. Il faut que tu partes. Moi, je ne peux pas m'en aller, te laisser seule avec Orson" (de Louis à sa femme, Anita)

"Je ne suis pas la mère qu'il espérait pour son fils. Je suis bouffie d'inquiétude, dérangée, perdue en mer."

"La naissance d'un enfant, ça fait bouger des plaques tectoniques"

"Ne vous raccrochez pas aux souvenirs (..) Aucun souvenir n'est vrai. Raconter une histoire permet parfois de se rapprocher de la vérité."

"Entortiller ses boucles brunes autour de mes doigts. Respirer son odeur lactée"

"Embrasser son nez, le lobe de ses oreilles, le coin de sa bouche. Mordiller ses tout petits doigts des mains et des pieds"

"Sept fois à terre, huit fois debout.

Je suis debout même si la peur m'étreint toujours, même si je sens dans mes genoux la râpure des cailloux sur lesquels Orson tombe en essayant de marcher droit, dans mes coudes, le sang ruisselant de ses chutes, dans mon coeur, sa solitude et ses futurs chagrins d'amour. Je suis debout."

Les avis de Séverine, du petit carré jaune entre autre.


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