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Silicon Valley : le nouveau bijou geek de HBO

Publié le 25 avril 2014 par Wtfru @romain_wtfru

Dans les années 80, être un geek équivalait à être un loser. Comme dans Freaks & Geeks, les jeunes lycéens (voir collégiens) subissaient les moqueries de leurs camarades de classe. Le temps a bien changé. Être geek, c’est chic. La culture autour du phénomène s’est étendue. Et le cinéma et la TV l’ont bien compris. Entre le film sur Facebook (ou Steve Jobs) et le programme télévisuel The Big Bang Theory, le succès est souvent au rendez-vous. Cette année, HBO dégaine sa série geek avec Silicon Valley. Radiographie d’un succès annoncé

Silicon-Valley

Le pitch est simple. Un groupe de programmeurs — rêvant d’un destin à la Steve Jobs – se partage une maison incubatrice. Le propriétaire ? Un loufoque entrepreneur. La petite bande vit gracieusement dans cette colocation. En échange, ils doivent céder 10 % de leur future entreprise. Richard, nerd asocial se rapprochant de l’autisme, est le génie du groupe. Alors que Big Head (son meilleur pote) crée un GPS pour boobs, notre jeune programmeur va mettre au point un algorithme de compression sans perte de signal. Il va attirer de grosses sociétés spécialisées dans les nouvelles technologies. Le pitch peut paraître compliqué et très réducteur. C’est tout le contraire. Le spectateur n’est pas largué. Le langage approprié est mis de côté pour mettre en avant l’humour détonnant de nos personnages.

Au-delà de l’image plutôt « bon enfant » de la série, Mike Judge (Beavis & Butt-Head) n’hésite pas à multiplier les références tout en critiquant le système mis en place. Les stéréotypés marketings, l’influence dans la Valley ou encore Steve Jobs sont des sujets à plaisanteries. La satire est efficace. Pour arriver à ses fins, le réalisateur met en exergue des petits « mecs » passionnés, mais peu formatés pour atteindre la réussite. Un parcours qui rappelle de très loin la série sous-estimée « How To Make It In America ». Sauf que celle-ci était bien plus « branchée » et surtout les personnages étaient préparés à cette réussite (ici une marque de fringues). À peine sortie de l’adolescence, la bande est plongée dans un monde d’adultes où moquerie, concurrence et business font très bon ménage. Loin de l’image cultivée que véhiculent des entreprises comme Google. Le décalage parfait pour la comédie. On peut reprocher à Mike Judge d’avoir choisi la facilité. C’est-à-dire entreprendre une série de potes avec un thème de notre nouvelle vie quotidienne connectée. Au détriment de la difficulté, l’efficacité. « Elle remet la Silicon Valley à sa place », explique le New York Times. Souvent portée à nues comme avec le long-métrage « les stagiaires », la « Valley » en prend pour son grade. Une bonne chose de faite.

La force du programme réside également dans le jeu des acteurs. Thomas Middleditch – personnage principal parmi tous les jeunes programmeurs – habite parfaitement le rôle de Richard. Repéré dans The Office, le trentenaire fait un nerd parfait. T.J. Miller est la grosse révélation de la série. Connu surtout pour son talent d’humoriste (stand-up), l’acteur de 33 ans interprète Erlich, propriétaire de la colocation ayant revendu sa jeune entreprise pour vivre paisiblement dans la banlieue de la Silicon Valley. Son personnage s’inspire du style de Jeff Lebowski aka The Dude. Un mec sans style, mais cool qui pense qu’à fumer et boire. Son rôle semble taillé à son envergure. Comment oublier le génial Martin Starr qui continue à jouer le rôle du mec sarcastique et ronchon ? Une performance naturelle pour l’acteur repéré dans « Freaks and Geeks ». Il aura basé toute sa carrière sur sa moue indescriptible. On l’imagine facilement dans la peau d’un troll sur les réseaux sociaux. Sur le papier, le tableau est stéréotypé. Un Paki, un timide, un génie, un intello, un mec sarcastique et un mec défoncé. Au fil des épisodes, chaque personnage apporte de la matière à l’histoire et crochète les clichés. Chacun révèle son vrai caractère.

Silicon Valley n’est pas qu’une simple sitcom. Véritable satire d’un univers haut combien fantasmé, la nouvelle série de HBO apporte une vraie réflexion sur le monde qui nous entoure. Le rire n’est pas instantané, mais plus réfléchi. Mike Judge réalise un vrai tour de force à intégrer une réalité quasi « futuriste » dans la comédie. Ces jeunes hommes décris par la série vont devenir les rois de notre société multi connectée. Qui n’a jamais rêvé de créer MySpace, Facebook, Vine ou encore Twitter et devenir milliardaire ?


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