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Chronique: Sonata Arctica, Pariah’s Child

Publié le 28 avril 2014 par Ric01a

Pariah's Child Sonata Arctica

Take my word, my son and run
While your dreams fly free
[Cloud Factory]

Pariah’s Child, huitième bébé du groupe finlandais a fait son apparition il y a exactement un mois maintenant, et ce qu’on peut dire c’est que les fans (moi y compris) l’attendaient au tournant. Et pour cause : on peut dire que l’album a profité des conséquences d’un petit plan de com‘ plutôt bien orchestré mais un peu mensonger à la base, il faut le reconnaître. Je m’explique : en Décembre, le groupe a officiellement dévoilé la pochette de son album accompagné d’une description qui en a ravi plus d’un, avec le retour de l’ancien logo et un commentaire de Tony Kakko (chanteur et leader) présentant l’album comme un retour aux sources, un pas en arrière, avec du bon vieux Sonata Arctica, ce que tout le monde a traduit par: "on va faire comme dans Ecliptica et Silence". Ces deux premiers opus représentent selon moi (et pas mal d’autres) le meilleur de Sonata et n’ont encore jamais été égalés, n’en déplaise aux fans de l’orientation plus "progressive" qu’a choisie le groupe ces dernières années. Pas étonnant donc que tout le monde se soit mis à croiser les doigts. Malheureusement, l’espoir aura été de courte durée, puisque de nouvelles publications sont venues contrebalancer cette annonce, jusqu’à en arriver à la sortie de l’album. Du coup, Pariah’s Child, c’est quoi ?

Je sais que c’est une longue introduction, mais pour le coup, je pense qu’il vaut mieux cerner le contexte avant d’écouter l’album. Vous l’aurez compris, et encore plus si vous l’avez déjà écouté, Pariah’s Child n’a pas grand chose à voir avec les premiers albums du groupe. En fait, il est le mélange des touches power metal de leurs premières années et des tonalités progressives que l’on a pu entendre sur les trois derniers albums, en somme un album à mi-chemin entre le passé et le présent, avec tous les risques d’échec que ça peut présenter. Pariah’s Child, un album à l’ancienne ? Non. Un album puissant et rapide ? Pas tellement. Je dirais qu’il se situe dans la moyenne niveau rythme, mais rien de très extravagant, (ceux qui s’y connaissent un peu mieux diraient mid-tempo). Pourtant, même si ce n’est pas vraiment l’album que certains attendaient, il y a d’autres détails qui méritent qu’on y prête attention. Au passage voici la tracklist:

1. The Wolves Die Young
2. Running Lights
3. Take One Breath
4. Cloud Factory
5. Blood
6. What Did You Do in the War, Dad ?
7. Half a Marathon Man
8. X Marks the Spot ?
9. Love
10. Larger Than Life

Si ce huitième album m’a un peu déstabilisée à la première écoute (parce que oui, quand même, je trouve ça un peu lent), il m’a fait une assez bonne impression dans l’ensemble, sauf pour quelques petites choses qui ne passent vraiment pas. Il faut le reconnaître, Pariah’s Child est nettement meilleur que son prédécesseur ! Si Stones Grow Her Name avait tendance à partir dans tous les sens avec des tendances hard rock (pour le meilleur comme pour le pire), ce nouvel opus est beaucoup plus cohérent et surtout beaucoup plus travaillé, plutôt rigoureux au niveau technique, et ça, ça fait plaisir à mes oreilles. On y retrouve donc une certaine maturité issue de l’expérience apportée par les deux grandes périodes musicales de Sonata Arctica. En effet, le début d’album semble faire la part belle à des mélodies semblables à ce qu’on entendait dans leurs jeunes années avec des titres aux refrains joyeux et marquants ; pour continuer sur des notes plus sombres et des changements de rythmes plus marqués. On peut également noter la présence d’un morceau épique en fin d’album, j’ai nommé Larger Than Life, perle incontestée de ce huitième opus, et une ballade, Lovefail incontesté de ce huitième opus, mais ça j’y reviendrai.

Il faut le reconnaître, le mélange est intéressant, et à la base on y retrouve tout ce qui pourrait plaire aux fans, les nouveaux comme les plus "old-school". Il y a tout d’abord The Wolves Die Young et Cloud Factory et leurs mélodies entraînantes, un peu comme ce qu’on entendait avant. Le premier fait d’ailleurs une très bonne ouverture d’album. Mais il y a aussi Blood (avec une intro que le groupe Lordi n’aurait pas renié), What did you do in the War, Dad ? Half a Marathon Manet son atmosphère très sympa, et  X Marks the Spot (petite touche d’humour de cet album), avec des tons beaucoup plus progressifs, plus extravagants et où Tony Kakko n’hésite pas à expérimenter de nouvelles choses avec sa voix.  En somme, des titres parfois surprenants, mais avec des riffs accrocheurs et bien construits, chaque morceau produisant une ambiance qui lui est propre, mais toujours cohérente avec le reste de l’album.

Mais Pariah’s Child, c’est une aussi une poignée de détails qui me font grincer des dents. C’est le fait que finalement ces titres ‘"stylold-school " ne seront jamais qu’un pâle reflet des premiers albums, et l’impression frustrante que oui, c’était mieux avant. Pariah’s Child c’est aussi des intros pas toujours bien choisies, et des titres qui viennent casser le rythme de l’album, à savoir Running Lights et Take One Breath qui même s’ils sont intéressants à écouter auraient mieux fait de ne pas être placés en début d’album. Pariah’s Child, c’est aussi des paroles un peu trop simplistes et naïves, trop "gnangnan", ce qui nous mène directement à la raison pour laquelle Love est sûrement la pire ballade de Sonata Arctica, et le pire morceau de cet album. Enfin Pariah’s Child, c’est cette impression fugace qu’on peut avoir parfois que le groupe a voulu faire plaisir à tout le monde et qu’ils ont évité de justesse de sombrer dans "l’auto-pompage", parce que revenir en arrière c’est parfois le meilleur moyen de foncer dans le mur.

Heureusement, et enfin, ce dernier opus se présente, comme je l’ai dit au début, sous le signe de la réflexion, de l’expérience, et de la maturité, et c’est peut-être ça qui non seulement rattrape le manque de cohérence de Stones Grow her Name, mais qui empêche également un effet "best-of" où le groupe se serait contenté de nous servir le pire du meilleur et le meilleur du pire. Tony Kakko a décidé de miser sur la justesse et l’originalité, Pasi Kauppinen, le nouveau bassiste apporte sa touche personnelle à l’ensemble, et Henrik Klingenberg exploite bien les sonorités de son clavier, et ça, au final ça a donné Larger Than Life le morceau où chaque chose est à sa place, une conclusion parfaite pour un album. Mention spéciale pour les refrains qui restent toujours très prenants et qui arrivent à relever le niveau des morceaux les plus lents.

En conclusion, on peut dire que Pariah’s Child porte bien son nom, puisqu’on peut le considérer comme un album "bâtard" qui aurait dû arriver après Reckoning Night et précéder Unia, un album où le passé côtoie le présent, ce qui je pense en décevra plus d’un. Pourtant, malgré ses paroles perfectibles et ses introductions maladroites, il n’en reste pas moins un album mature très cohérent et travaillé, où le groupe a tiré profit de ses longues années d’expérience et de ses divers choix musicaux. Bien sûr, il n’égalera jamais les trois premiers, loin s’en faut, mais il ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire du groupe. Maintenant reste à savoir si Sonata Arctica a enfin trouvé sa voie où s’il ne s’agit que d’une parenthèse, ce qui serait bien dommage.

Note: 13/20

Les morceaux +:

Larger Than Life
The Wolves Die Young
Blood
Half a Marathon Man

Les morceaux -:

Love

See Ya !

Andey Z.


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