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L'île des chasseurs d'oiseaux, Peter May

Publié le 06 mai 2014 par Cloizzo @mange_livres
"Fin songea à l'existence morose de ces gosses. Rien à faire, ou pas grand chose. Le poids de la religion, une économie en déroute, un chômage élevé. Un alcoolisme très répandu et un taux de suicides bien au-delà de la moyenne nationale. La perspective de quitter l'île était aussi séduisante qu'elle l'était dix-huit ans plus tôt."
 Dix-huit ans après l'avoir quittée, Finley Macleod est rappelé sur l'île de Lewis, dans l'archipel déshérité des Hébrides extérieures, au nord de l'Ecosse, où il a grandi. Un meurtre vient d'y être commis, qui présente d'étranges similitudes avec celui sur lequel il enquête à Edimbourg. Ou plutôt sur lequel il enquêtait ... jusqu'à la mort de son jeune fils, un mois plus tôt.
"Il aurait mieux valu, Fin, que tu ne reviennes pas du tout." Et le moins qu'on puisse dire, c'est que Fin n'est pas le bienvenu. Son retour réactive des tensions anciennes, et découvre des secrets bien enfouis, tandis qu'il est peu à peu obligé de faire face aux raisons qui l'ont conduit à quitter l'île, adolescent. Les souvenirs ressurgissent peu à peu, surtout lorsqu'il est question de l'An Sgeir, un rocher inhospitalier, sur lequel se pratique depuis des siècles l'étrange tradition de la chasse au guga, au sein d'une communauté très fermée et secrète.
"L'An Sgeir faisait à peine un kilomètre et demi de long sur une centaine de mètres à son point le plus large. Il n'y avait pas de terre, pas d'herbe ou d'endroit plat, pas de plage. Juste un rocher surgissant de la mer, couvert de merde."
L'île des chasseurs d'oiseaux, Peter May
Peter May signe avec L'Ile des chasseurs d'oiseuaux un beau polar, où l'enquête, parfois un peu prétexte, se déroule à un rythme tranquille, et qui fait primer l'atmosphère sur le trépidant, entre éclats d'enfance façon "Guerre des boutons" authentiques et tendres, romantisme maritime et insulaire à la Hugo (évoquant Les travailleurs de la mer), et ambiance noire, mélancolique et âpre. L'Ile des chasseurs d'oiseaux se dévore et se savoure, et donne furieusement envie de découvrir à la fois l'Ecosse et Peter May (le deuxième tome, L'Homme de Lewis, est déjà dans ma pile !)

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