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Casino d'Hiver: quand Besnehard, l'émouvant agent secret, se dévoile (un peu)...

Par Filou49 @blog_bazart
09 mai 2014

besnehardEn lisant "Casino d’hiver", les mémoires de Dominique Besnehard, je me suis aperçu que j'avais au moins un point commun avec cet illustre (ex) agent de star et (ex) découvreur de casting.

En effet, comme lui, pendant une bonne partie de ma jeunesse, j'avais une passion équivalente à la sienne pour la culture et en particulier pour le cinéma et le théâtre et surtout, à son instar, je tenais des milliers de fiches sur les acteurs et les actrices avec une longue description de leurs rôles, leurs caractéristiques, leurs points faibles et leurs points forts, et moi aussi je passais mon temps à écrire de longues lettres enflammées aux actrices- avec les coordonnées de leurs agents présents sur la première page du magazine Première, et si peu d'entre elles prenaient le temps de me répondre, lorsqu'elles le faisaient c'était, comme pour Besnehard, une joie indescriptible.

Hélas, si Besnehard s'est très vite mis à les cotoyer, ces comédiennes et ces comédiens, moi je continue à les admirer de très très loin.

Et en même temps, il n'est pas sur, au bout du compte, que je l'envie tant que cela, Dominique Besnehard, car même s'il raconte avec énormément de passion sa vie dans l'ombre de ses stars, on aurait tendance à un peu le plaindre, tant ce n'est pas évident de gérer cette somme d'égos surdimensionnés et de devoir leur faire comprendre pour quelles raisons ils ne jouent pas les rôles qu'ils aimeraient tous jouer.

Comme il le prétend,   "Etre agent, c’est aussi être psychanalyste. Je n’ai pas besoin de faire une analyse, j’en ai fait vingt-trois ans en écoutant les autres". Car il faut se les farcir quand même ces acteurs, quand ils refusent de jouer avec untel sur un tournage et qu'il faut débarquer direct en plein Moyen Orient pour éteindre le feu, ou quand ils viennent en furie dans notre bureau et menacer de tout casser car un superbe rôle leur est passé sous le nez et que c'est nous qui sommes jugés le seul responsable...

Et quand ces acteurs- ou réalisateurs car il a également été l'agent de cinéaste en question s'appellent Béatrice Dalle, Sophie Marceau, Maurice Pialat, Claude Berri, Jean Claude Brialy, Marlène Jobert, bref des stars avec une énorme personnalité et des hauts et des bas dans leurs carrières, on imagine que la vie de Besnehard n'a pas toujours été des plus tranquilles et que les kilos qu'il a pris au fil des années- on voit des photos de lui à 20 ans dans le livre, il apparait tout fin- sont souvent, comme il le dit lui même du au stress. ("C'est vrai, j'ai vécu à travers les réussites et les défaites des autres. Je me suis oublié, même sur le plan sentimental. J'ai pris vingt kilos et beaucoup de coups".

 

Casino d'Hiver: quand Besnehard, l'émouvant agent secret, se dévoile (un peu)...

Mais malgré ces moments un peu durs à tenter de réconforter es égos endoloris de ces stars, on sent tout le long de ce passionnant témoignage- écrit avec l'excellent Jean Pierre Lavoignat, ancien directeur de la rédaction de Studio,  un véritable amour et attachement pour elles leurs relations dépassant largement le cadre professionnel dans la plupart des cas ( il est notamment resté très très proche de Nathalie Baye, dont il dresse un portrait très avantageux de cette actrice que j'aimais déjà énormément avant de lire ce livre).

Dominique Besnehard au 60 ans début février 2014, et c'était donc l'occasion idéale pour retracer près de quarante ans passés dans les coulisses du cinéma, avec  sa habtude de ne jamais utiliser la langue de bois et une auto dérision qui fait du bien dans ce milieu qui en manque trop souvent. Besnehard égratigne parfois certains acteurs, de manière plus ou moins affirmée ( notamment Gérard Klein et Richard Borhinger, assez étonnament), et on apprend quelques potins sur la vie des stars, mais on est jamais ni dans chez Nicolas Bedos pour le coté méchant ni chez Voici pour le coté people, car le type possède une humanité et un amour pour les acteurs qui ne fait jamais défaut, malgré les coups de crasse que ceux ci peuvent parfois lui faire.

Besnehard  nous parle également  de  ses expériences d’acteur – dont "A nos amours", de Maurice Pialat –, les hauts et les bas à Artmedia, les amitiés fortes, les coups de cœur,  la création du Festival du Film francophone d’Angoulême, et comment il est devenu producteur, en 2006, pour "enfin réaliser mes rêves et vivre pleinement ma (sa) vie".

Le plus amer dans cette belle confession est certainement le tout dernier chapitre  du livre dans lequel il relate son expérience malheureuse en politique auprès de Ségolène Royal, lors de la campagne présidentielle de 2007, amitié qui a tourné au vinaigre. Incontestablement,  le monde politique  décrit par Besnehard apparait alors 100 fois plus cruel et sans états d'ame que le milieu du 7ème art..... Bref, heureusement que ce n'était pas sur les élus de la république que je les tenais à 15 balais,  ces petites fiches !! :o)


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