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Casque d'or - 7/10

Par Aelezig

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Un film de Jacques Becker (1952 - France) avec Simone Signoret, Serge Reggiani, Claude Dauphin, Raymond Bussières - en N.B.

Une triste romance française.

L'histoire : Paris, Belle Epoque. Marie, dite Casque d'Or, à cause de sa magnifique chevelure, est une jolie fille, de petite vertu, qui se fait entretenir par le plus offrant ; elle vient de lâcher Roland pour Félix, chef d'une petite bande de malfaiteurs. Elle rencontre à un bal George Manda, charpentier, et c'est le coup de foudre. Pour gagner sa belle, mais sans argent pour la "racheter" à son "bienfaiteur", il lui est demandé de la jouer aux poings avec l'un des gars de Félix. Il gagne mais son adversaire est mort, et Manda doit prendre la fuite... Marie le rejoint dans une petite maison au bord de l'eau. Mais le temps du bonheur ne durera pas.

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Mon avis : Casque d'Or nous plonge dans le Paris populaire du tout début du XXe siècle et l'atmosphère est parfaitement rendue : guinguettes au bord de l'eau, femmes de petite vertu à la "gouaille" déterminée, petits caïds de quartiers (les "Apaches"), et grands bourgeois qui viennent s'encanailler dans les restaurants et bals musette. Rien que pour ça, le film est une réussite, avec une image nette et précise (j'adore ça). On se demande un peu comment Marie arrive à faire son fabuleux chignon toute seule le matin, mais bon, on ne va pas chipoter...

Le couple Signoret et Reggiani fonctionne à merveille, on les adore. Il est bourru, taiseux, le regard triste, un homme de son temps, qui n'a pas dû aller à l'école et qui a appris la vie à la rude ; rustique mais sentimental. Elle est une fille des rues mais libre dans son coeur et prête à tout pour ce grand amour qui débarque par surprise. Et comme elle était belle, Simone ! Les deux acteurs sont magnifiques (Simone a reçu le Bafta 1953 de la meilleure actrice) ; lorsqu'ils sont ensemble, on dirait deux gosses innocents et naïfs. Il est intéressant de noter que ce rôle féminin est très fort et que, non seulement pour l'époque mais même encore aujourd'hui, c'est rare ! Le cinéma est toujours rempli de héros masculins, les femmes servent le plus souvent de faire-valoir. Qui plus est, Marie est une prostituée : mais le réalisateur ne la blâme ni ne la juge ; il la présente comme une jeune femme pleine de joie de vivre et indépendante dans sa tête. A l'époque, ça ne devait pas être si facile de faire une héroïne d'une fille de joie ! D'ailleurs le film fut un échec commercial... est-ce l'une des raisons de ce rejet ?

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Merci en tous cas à Monsieur Becker d'aimer les femmes !

Un joli film, extrêmement bien réalisé, sans temps mort ; une tragédie qui s'installe, implacable. Et la scène finale est terrible, un aspect rarement exploité au cinéma, même aujourd'hui.

Un grand classique, qui s'inspire d'un fait divers réel ; Marie s'appelait en fait Amélie Elie.


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