Magazine Culture

[notes sur la création] Arimasa Mori

Par Florence Trocmé

« L’essentiel, c’est de pénétrer dans les profondeurs de l’expérience. Hors de là, il n’y a aucune solution, aucune issue. C’est le seul chemin possible. Si rien d’autre n’existe, il ne reste plus qu’à emprunter celui-ci. Sinon, tout devient bavardage [...] 
Les mots qui proviennent d’une authentique et profonde expérience sont pourvus d’une charge singulière, d’un poids qui défie toute qualification. C’est parce que la vraie explication d’une parole évoquant une chose ou un état de choses se trouve dans cette chose ou cet état de choses. Une telle pratique de l’expression authentique ne s’acquiert pas facilement, elle ne naît pas spontanément, non plus [...] 
La parole, pour devenir authentique, doit remplir au moins une condition. C’est l’existence préalable de l’expérience qui lui correspond. Mais, en réalité, que de paroles en libre circulation qui se moquent souverainement de cette condition minimale ! Qu’est-ce que l’expérience ? C’est, j’ose l’affirmer, l’histoire de la conscience qui cherche à résister aux obstacles surgis lorsqu’une chose s’impose à elle. Les mots qui n’en n’émanent pas sont futiles et, d’une certaine manière, faciles à comprendre. Mon intention n’est pas, loin de là, de faire l’éloge, d’un point de vue moraliste, de l’expérience vécue. Ce que j’appelle ici l’expérience ne ressemble en rien à une simple expérience superficiellement vécue à titre personnel. »  
 
Arimasa Mori, philosophe et essayiste japonais, Notre-Dame dans le lointain, 1967, cité par Akira Mizubayashi in Une langue venue d’ailleurs, folio, p. 28


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Florence Trocmé 18683 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossier Paperblog

Magazines