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La mer noire, Kéthévane Dravichewy

Par Laurielit @bloglaurielit

La mer noire, Kéthévane DravichewyElle me l'avait bien dit Stéphie qu'il fallait le lire celui-là. J'ai découvert cette auteure avec Les Séparées, que j'ai beaucoup aimé. Décidemment cette auteure sait décortiquer les relations, en sortir le plus simple, la base et l'analyser. 

Le roman débute dans la tête et la chambre de Tamouna. Tamouna est heureuse, car aujourd'hui elle le voit et elle l'attend. On croit d'ailleurs au début qu'il s'agit d'une jeune femme attendant son amoureux. Mais non, Tamouna est vieille, elle fête aujourd'hui son anniversaire et tout au long de cette journée où ses enfants, petits-enfants et amis défilent, Tamouna revisite son passé et nous raconte son histoire. Cette histoire qui nous prend et nous emmène en Géorgie au moment où l'URSS domine ce pays et où des gens, dont son papa, se battent pour faire de la Géorgie une démocratie. Mais la victoire n'est pas là et sa famille s'exile en banlieue parisienne. Dans ce château, elle va connaître la douloureuse expérience de l'arrachement à sa terre, à ses racines, à ses grands-parents. Tamouna nous raconte la différence que l'on ressent quand on arrive dans un pays, des origines que l'on veut cacher. La famille est à la fois décrite comme très solide, pleine de joies, de rires mais c'est également une famille où l'on aborde pas l'absence, la mort, le regret, le désespoir...regret que Tamouna va aussi rencontrer en amour.

Tout d'abord ce roman m'a beaucoup appris sur la situation de la Géorgie à l'époque de la domination de l'URSS et ce combat que des hommes ont mené pour installer une démocratie...cela fait même écho à certaines situations géopolitiques actuelles. Ensuite cette histoire nous plonge dans la tête des exilés. Certes ils n'ont pas le choix de fuir car c'est cela ou la mort. Mais quelle douleur! Comment se reconstruit-on dans un nouveau pays dont la langue, les habitudes sont différents...et en général avec peu de moyens. Cette famille tient la barre parce qu'ils sont unis mais cette union cache aussi de nombreux non-dits qui s'ajoutent à la douleur de l'exil. Dans ce roman, l'auteure décortique les relations humaines, la relation mère-enfant, l'amitié et l'amour...des sujets que Kéthévane Davrichewy traite avec beaucoup de justesse et finesse. Une histoire d'amour forte est en fil rouge de ce roman...une histoire impossible entre Tamouna et Tamaz, traitée avec beaucoup de délicatesse. J'ai été très touchée par les liens de Tamouna avec sa mère puis ceux de Tamouna avec ses enfants. Cela montre encore une fois que de nombreux enfants reproduisent ce qu'ils ont vécu quand ils deviennent parents et l'impossibilité de communiquer ses ressentis fait défaut à ses relations. Puis l'auteure aborde également la perte d'un être cher, moment également très dur dans l'histoire.

Vous l'aurez compris, un roman très dur, qui aborde de nombreux sujets lourds mais sous la plume de Kéthévane Dravichewy, je me suis régalée. Un vrai coup de coeur.

L'avis de Stéphie.


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