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Seuls les vautours par Nicolas Zeimet

Par Livresque Du Noir @LivresqueduNoir

C’est en traversant l’Utah que me vient l’idée qui servira de point de départ à Seuls les vautours. Cet Etat aride, profondément ancré dans la culture mormone, s’impose à moi comme le cadre idéal à un nouveau suspense.
Mes idées me viennent souvent aux moments où je m’y attends le moins. Elles arrivent sans prévenir et peuvent se présenter sous toutes les formes : une sensation au réveil, une rue déserte, un article de presse… Cette fois, c’est un décor qui va m’inspirer.

Un soir, je fais halte dans un petit village niché au creux des montagnes de grès rouge et découvre un panneau sur le bord de la route, qui indique « Devil’s Hole » (« Le Trou du Diable »). Mon imagination s’enflamme. Je rêve déjà aux mystères cachés là-haut, aux sentiers sinuant dans la forêt et aux pièges qu’elle abrite. J’imagine un endroit où tout le monde se connaît, mais où il est facile de cacher ses secrets.
Tout commence par ce lieu. Les personnages et l’intrigue viennent ensuite.

De retour à Paris, je tiens les bases de ce qui deviendra mon deuxième roman. Je décide, au premier jour d’écriture, d’implanter mon récit quelques décennies en arrière, bien avant Internet, la téléphonie mobile et les techniques de pointe d’investigation scientifique. L’enquête prendra ainsi une autre dimension. Moins actuelle, moins virtuelle. Pur produit des années 80, je souhaite aussi rendre hommage aux livres et aux films de cette période, en piochant dans mes souvenirs d’enfance et en intégrant de nombreuses références culturelles.
Ainsi s’ouvre Seuls les vautours : nous sommes à Duncan’s Creek, un petit village de l’Utah, en 1985. Shawna, une fillette de cinq ans, disparaît mystérieusement un soir d’été. Toute la communauté est en émoi. Les forces de police se mobilisent, épaulées par les habitants : une jeune institutrice, un médecin au passé douloureux, un journaliste, un vieux fermier qui en sait plus qu’il n’y paraît, un groupe d’enfants à l’imagination fertile qui se racontent d’étranges histoires… En suivant leurs destins croisés, le lecteur assiste à la progression de l’enquête et des recherches. Et tandis que haines et attirances se cristallisent, des découvertes bien réelles mènent bientôt à des événements qu’on croyait sortis des mémoires. Certains, en tous cas, auraient bien voulu les oublier.

Un bon suspense ne saurait se passer de personnages ancrés dans la réalité. Je me suis attaché, à travers une galerie d’(anti-)héros aux multiples facettes, à dépeindre une Amérique profonde, enracinée dans ses valeurs, qui me fascine autant qu’elle me hérisse. J’ai voulu un récit âpre, poussiéreux, écrasé de soleil, très différent de mon premier roman, Déconnexion immédiate (Mon Petit Editeur, 2011), crépusculaire et apocalyptique. Avec une constante, toutefois : le mal est toujours là où on ne l’attend pas.


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