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Européenne 2014 : Europe Ecologie-Les Verts veulent « Donner vie à l’Europe »

Publié le 11 mai 2014 par Vindex @BloggActualite
Le parti Europe Ecologie-Les Verts est né en 2009 pour les élections européennes. Il regroupe différents courants et mouvements écologiques et avait réalisé un très bon score de 16,28%, avec à la clé 14 députés, (autant que le PS) ce qui sera difficile à réitérer cette année.
Européenne 2014 : Europe Ecologie-Les Verts veulent « Donner vie à l’Europe »

Carte d’identité du Parti


Idéologies : écologisme, socialisme, fédéralisme. Ralliement européen : Parti vert européenSlogan : « Donner vie à l’Europe »

Propositions, critique et comparaison


Commençons par étudier quelques une des nombreuses propositions d’Europe Ecologie-Les Verts pour ces européennes. Tout d’abord, dans le domaine de l’écologie, EELV ambitionne un objectif de 45% d’énergies renouvelables en 2030 ce qui créerait 2 millions d’emplois selon eux. Le parti en promettait 10 en 10 ans aux dernières élections. Malheureusement on voit que ce n’est pas fait. Il faut dire que les verts européens n’étaient pas majoritaires au dernier parlement. Néanmoins cela pose la question du poids des verts : réussissent-ils vraiment à influencer les autres groupes européens, notamment ceux de gauche, en faisant gagner de l’importance au thème de l’écologie ?  Les verts et écologistes souhaitent également sortir du nucléaire (ce qui était déjà le cas en 2009). Une nouveauté par rapport aux élections précédentes du fait de débats récents, est la volonté de sortir du Diesel d’ici 10 ans (ce dernier cas concernant essentiellement la France puisque les autres Etats n’ont pas autant de véhicules diesels que l’Hexagone). Mais  est-ce possible que l’Europe puisse obliger tous les pays à sortir du nucléaire ? Aussi, on peut se demander si cela ne ferait pas augmenter le prix de l’électricité de manière substantielle.  De plus, EELV demande l’instauration d’une taxe carbone aux frontières de l’Europe pour financer ces projets et appliquer le système du pollueur-payeur. Cette proposition pose des problèmes puisque tous les Etats n’y sont pas favorables et il faut rappeler que l’hiver a été marqué par les manifestations des bonnets rouges, un mouvement d’opposition à  un projet semblable des socialistes concernant les poids-lourds en France.
  EELV souhaite aussi réformer la Politique Agricole Commune (PAC) en affectant 50% des dépenses à l’agriculture paysanne pour favoriser l’installation des jeunes paysans et bien entendu le bio, une demande récurrente chez les écologistes. Une réforme de la PAC devant être votée à l’unanimité, il n’est pas sûr que les nouveaux entrants notamment ceux de 2004 soient tous favorables à ces propositions sachant que leur objectif est de développer leur agriculture. Ils n’envisagent sûrement pas d’être freinés dans cet objectif.  On observe là encore la divergence d’intérêts qui peut exister entre les différents membres de l’UE et donc la difficulté d’avoir une cohérence et une convergence politique.
Les OGM ne sont pas évoqués dans ce résumé mais les écologistes y sont bien entendus totalement opposés.
Sur le plan social, le parti demande comme en 2009 un revenu minimum européen. L’idée est également soutenue par des autres partis de gauche. EELV demande aussi un fond d’indemnisation européen pour le chômage (la crise est passée par là depuis 2009). Toutefois, les Etats comme l’Allemagne ou le Danemark souffrant d’un chômage assez faible seront-ils en accord pour le créer ? Rien n’est moins sûr.
Dans le domaine économique, le parti écologique demande l’arrêt des négociations entre l’UE et les Etats-Unis sur la création du Grand Marché Transatlantique comme le Front de Gauche. Ils veulent ainsi défendre les personnes et le marché européen. Cette proposition est peu probable d’aboutir car les partis majoritaires du Parlement y sont tous favorables. EELV demande la séparation des banques de dépôts et d’investissement à l’échelle européenne. En France, le projet qui était une promesse de François Hollande a accouché d’un texte a minima peu gênant pour les banques. Cette réforme aura bien du mal à être acceptée par tous les Etats européens même si l’idée en elle-même part d’une bonne intention. De plus, la coalition écologiste demande une taxe sur les transactions financières. Ce que ni Nicolas Sarkozy ni François Hollande ne sont parvenus à imposer à l’Europe. Ils veulent également créer une liste noire des paradis fiscaux. Cela existe déjà mais les Etats concernés sont aujourd’hui beaucoup plus coopérants et sont donc sur une liste dite « grise ». Il serait peut-être utile de lutter contre les paradis fiscaux intra-UE comme le sont les îles britanniques de Jersey et de Guernesey qui appartiennent à un Etat membre de l’UE et qui ne semble pas très pressées de mettre fin à cette exception. En 2009, EELV demandait leur suppression pure et simple mais la réalité de ces dernières années a dû les éclairer quelque peu sur la probabilité d’aboutir à une telle demande dans un monde capitaliste.  Le mouvement écologique demande ensuite l’arrêt de la Troïka (FMI, BCE et Commission Européenne) composées d’instances non élues démocratiquement.   Il demande aussi une réforme de la BCE pour soutenir l’emploi et les inégalités sociales. Il n’est donc pas questions pour EELV de sortir de l’Euro. Il est dommage d’ailleurs de ne pas plus développer la question de la monnaie unique qui devrait être au cœur des débats tellement elle a connu de difficultés.  Enfin, le mouvement demande la création d’une justice européenne pour lutter contre la corruption. Cette idée est originale et ne figurait pas dans le programme de 2009. La corruption qui nuit à l’économie de certains Etats (Italie du Sud avec la Mafia, Grèce) a été un frein pour certains pays comme l’Allemagne lorsqu’il a fallu mettre de l’argent dans les plans de sauvetage lors de la crise des dettes souveraines en 2010-2011.
Pour ce qui est du sujet de l’immigration, EELV rejoint en grande partie les idées du Front de Gauche en demandant davantage de coopération avec les pays en développement, souhaitant que l’Europe redevienne une « terre d’asile ». Il n’est pas précisé si cela passe par un assouplissement des frontières ou une augmentation des régularisations (connaissant les Verts j’opte pour cette deuxième idée). Dans ce cadre, ils souhaitent la création du statut de réfugié climatique dans l’Union Européenne. Cette proposition me paraît un peu inutile même s’il ne faut pas oublier que ce type de migrants va sûrement se multiplier dans les prochaines années.  En effet, la plupart des réfugiés climatiques restent dans leur pays, les départs ayant souvent des raisons socio-économiques et politiques.
Sur le plan international, EELV souhaite la création d’une force de paix européenne agissant sous mandat des Nations Unies dans le monde pour maintenir la paix justifiant le rôle de l’Europe comme puissance de paix. Ce qui signifie pour eux que l’ONU est inutile à lire entre les lignes. Et sachant que les 28 Etats membres de l’UE ne sont pas capables de s’entendre lorsqu’un des leurs intervient quelque part, je vois mal comment il serait possible de créer une telle instance qui ferait en plus, doublon avec les casques bleus. Néanmoins, il est intéressant de voir que les verts n’envisagent pas l’Europe de la défense à travers l’OTAN.
Le programme d’EELV pour les européennes est donc bien une illustration des idées écologistes et socialistes de ce parti. Les sondages leur prédisent environ 7% des voix soit 6-7 sièges, ce qui serait moins bon que les élections de 2009, mais plus que les élections présidentielles de 2012. L’orientation européiste des verts est aussi assumée mais leur conception de l’Europe peut-elle passer ? Il leur faudra sans doute négocier avec d’autres partis de gauche en Europe. 

Sources


Site d'EELVBlog Actualité
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