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Klaus Barbie, Sur les Traces d'Un Criminel

Publié le 11 mai 2014 par Olivier Walmacq
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genre: documentaire
Année: 2011
Durée: 1h45

Synopsis: Klaus Barbie a été le chef de la section IV (Gestapo) dans les services de la police de sûreté allemande basée à Lyon. Surnommé « le boucher de Lyon », il a été condamné pour crime contre l'humanité lors du « procès Barbie » en 1987

La critique d'Alice In Oliver:

Certes, le procès de Nuremberg a permis de faire la lumière et de révéler au monde entier les images terribles des camps de concentration, dans lesquels les juifs ont été exterminés par million. Toutefois, tous les anciens tortionnaires nazis n'ont pas été jugés et condamnés.
Après la Seconde Guerre Mondiale, certains ont même mené une vie tranquille et ont réussi à fuir en Amérique du Sud. C'est par exemple le cas de Klaus Barbie. En effet, après l'Armistice, Klaus Barbie n'est pas vraiment la priorité des Alliés au moment où se déroule le procès de Nuremberg.

Pour les Etats-Unis, Klaus Barbie devient un agent secret, notamment pour infiltrer les réseaux soviétiques. Il travaille alors pour les services secrets américains. On ne se préoccupe pas vraiment de son passé de criminel nazi. Il est choisi parce qu'il est foncièrement anticommuniste.
Bénéficiant de la protection des Etats-Unis, Klaus Barbie mène une vie paisible, mais en 1948, la France commence à faire pression, hélas sans résultat. En effet, en 1943, Klaus Barbie est à la tête de la Gestapo de Lyon. Il fait arrêter le résistant Jean Moulin et plusieurs de ses compagnons.

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Jean Moulin sera torturé et mourra de ses blessures. En 1948, la justice française veut interroger Barbie sur la mort de Jean Moulin. La France demande alors aux Etats-Unis la permission d'interroger Klaus Barbie. Ce dernier devient de plus en plus gênant pour les services secrets américains.
Grâce à la complicité d'un père croate, il déménage avec sa famille en Italie. Il change d'identité et devient alors Klaus Altmann. Le 23 mars 1951, il part en Amérique du Sud, et plus précisément en Bolivie. En 1957, il devient officiellement un citoyen bolivien.

Au milieu des années 60, il est approché par les services secrets allemands, mais la collaboration s'arrête rapidement. Toutefois, Klaus Barbie continue son ascension au sein de la société bolivienne. C'est ainsi qu'il devient l'homme de confiance du Général Barrientos, le nouveau président (et dictateur) de la Bolivie en 1964. Une société maritime est créée et son directeur n'est autre que Klaus Altmann.
Grâce à cette entreprise, il obtient un passeport diplômatique et effectue plusieurs voyages à travers le monde sans être jamais inquiété.

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Néanmoins, les services secrets français n'ont pas oublié Klaus Barbie. En 1964, la France pleure ses héros de guerre, et notamment Jean Moulin, qui rejoint les grands héros de la nation. A la fin des années 60, le couple Klarsfeld part en chasse contre les nazis via plusieurs coups d'éclat.
Certains anciens tortionnaires nazis vivent en toute impunité en Allemagne. Cette chasse est largement relayée par la presse. Bientôt, Klaus Barbie devient la cible des Klarsfeld: ils dénoncent l'affaire des enfants d'Izia. Sous l'ordre de Klaus Barbie, les allemands arrêtent des enfants dans une maison et les enferment en prison. Au total, 41 enfants seront déportés à Auschwitz et seront tous exterminés.

En janvier 1972, les services secrets français découvrent que Klaus Barbie vit tranquillement en Bolivie. Celui-ci est proche du pouvoir dictatorial: il est donc protégé par le plus haut sommet de l'Etat. Des journalistes français débarquent en Bolivie et parviennent à réaliser l'interview de Klaus Barbie. Lors de cet entretien, Klaus Altmann dément toutes les accusations, entre autres, d'avoir participé aux actions de la Gestapo. Les journalistes regagnent la France et envoient l'interview à la télévision.
Sur le plateau, d'anciennes victimes de Klaus Barbie reconnaissent leur tortionnaire.

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C'est à ce moment-là que le couple Klarsfeld réagit et organise le kidnapping de Klaus Barbie. Malheureusement, sur la route, les kidnappeurs sont victimes d'un accident de voiture. L'opération est donc annulée. Au début des années 80, les choses s'accélèrent enfin.
En effet, en 1982, c'est la fin de la dictature en Bolivie. Les socialistes prennent le pouvoir. Klaus Altmann est finalement arrêté à la Paz par les autorités boliviennes. En février 1982, Klaus Barbie est enfin extradé en France, mais ce dernier est persuadé qu'il va atterrir en Allemagne.

Pour la première fois, Klaus Barbie est officiellement arrêté par la France. Après 40 ans de fuite, Klaus Barbie est de retour à Lyon. Jamais en France, on n'a jugé quelqu'un pour crime contre l'Humanité. Jacques Vergès sera l'avocat de Klaus Barbie. Son procès s'ouvre en 1987.
Mais parce qu'il a été extradé de façon irrégulière en France, Klaus Barbie évoque cette erreur de procédure. De ce fait, il n'est pas obligé d'assister à son procès. Par conséquent, les témoins se succèdent à la barre et évoquent les tortures et les humiliations subies sans que Klaus Barbie soit présent.

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Le 3 juillet 1987, le jour de son jugement, Klaus Barbie est tout de même présent. Sa ligne de défense ? C'était la guerre, mais aujourd'hui, elle est terminée. Il faut donc oublier le passé et les atrocités commises. Klaus Barbie est reconnu coupable en 1943 d'avoir commis des crimes contre l'Humanité. Il est donc condamné de la peine de réclusion à perpétuité.
En 1991, il meurt d'un cancer à 77 ans après avoir passé huit ans en prison. Mais il aura fallu quarante années de recherches pour retrouver la piste de ce tortionnaire, protégé dans un premier temps par les Etats-Unis, puis aidé par un père croate, et enfin bénéficiant de la protection de la dictature bolivienne.

note: 16.5/20


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