Magazine Cinéma

Godzilla - Critique

Par Nopopcorn @TeamNoPopCorn

Godzilla-Banner-1280px

La guerre des monstres !

Godzilla revient dans une version US quatorze ans après celle de Roland Emmerich mais il est évident à la vision du film de Gareth Edwards que l'on a affaire à un cinéaste bien différent de l'auteur d'Independance Day. Si Les deux films mêlent monstres et film catastrophe, ils le font de manière radicalement différentes.
Godzilla-Photo-01
Le(s) plus

Edwards aborde son film de manière sérieuse presque grave comme il le ferait d'un drame classique mettant les moyens considérables mis à sa disposition par la Warner, l'échelle du film est proprement gigantesque avec ses décors pharaoniques et des armées de figurants, pour visualiser de quelles seraient les conséquences de l'éveil de telles créatures. Cette approche dramatique se retrouve dans le jeu des acteurs: Bryan Cranston fiévreux en savant obsédé par la recherche de la vérité sur la catastrophe ayant couté la vie à son épouse (Gareth Edwards l'a choisi car il était fan de la série « Malcom in the Middle »), Aaron Taylor-Johnson (« Kick-Ass ») qui vivra une véritable odyssée pour rejoindre son épouse Ellie (Elizabeth Olsen) et son jeune fils alors que Ken Watanabe (Inception, Batman Begins) incarne un mystérieux scientifique qui en sait beaucoup sur Godzilla faisant le lien entre sciences et légendes.

Le Godzilla original de 1954 (dans le film c'est aussi l'année la première apparition du monstre) évoquait le traumatisme des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki et ses suites brassaient des thèmes écologiques, Gareth Edwards inscrit son film dans cette tradition puisqu'il met en scène une catastrophe frappant une centrale nucléaire japonaise qui nous ramène à la catastrophe de Fukushima.

Le réalisateur fait preuve d'une véritable ambition esthétique qui dépasse le simple « faiseur », avec l'aide du directeur de la photo Seamus McGarvey (Atonement, Avengers) il compose de véritables tableaux (on pense aux gravures de Gustave Doré lors de la séquence du Halo jump). La vision d'un Godzilla triomphant éclairé par les flammes qui dévorent San Francisco frappe les esprits. Le film s'attarde plus sur les conséquences des destructions que sur leurs descriptions, comme dans son premier film Monsters où les héros parcouraient une zone dévastée, on suit l'exode des survivants au milieu de villes en ruine ou bien l'enquête des savants dans une zone contaminée où la nature a repris ses droits.

Dans sa gestion du monstre Gareth Edwards se pose en héritier du Steven Spielberg des « Dents de la mer » économisant les apparitions de sa « vedette » joue parfois sur la frustration du spectateur pour les rendre encore plus mémorables. Si Spielberg a du limiter les apparitions de son requin car sa réplique mécanique ne fonctionnait pas, Gareth Edwards limite celles de Godzilla justement car la technologie lui permet de le montrer tout le temps. Cette influence baigne d'ailleurs tout le film dont Gareth Edwards avoue qu'il est une lettre d'amour au réalisateur de la « Guerre des Mondes » autre influence majeure de ce Godzilla.

Godzilla-Photo-Bryan-Cranston-01

Même si l'approche d'Edwards est ancré dans le réel (il s'est appliqué pour accentuer le coté réaliste qu'aucun plan même virtuel ne soit impossible a réaliser par un opérateur) il fait preuve d'un grand respect pour la mythologie du « King of Monsters ». Il ne faut pas oublier qu'avec le temps Godzilla est devenu une figure protectrice qui le voit affronter d'autres monstres mal intentionnés. Edwards et ses scénaristes Max Borenstein mais aussi Frank « Les évadés » Darabont et David «Man of Steel » Goyer (non crédités) intègrent cette dimension du personnage à leur histoire tout en approchant les créatures du film de manière « zoologique ». J'ai aimé l'explication qui est donné à l'antagonisme entre Godzilla et ses adversaires.
Du point de vue technique le Godzilla du film est une réussite complète que ce soit par son design, bon équilibre entre l'aspect sauvage et anthropomorphique, et bien sur son animation sur lesquels se sont penchés des pontes des effets spéciaux comme Jim Rigyel (La trilogie Lord of The Rings) mais aussi le légendaire John Dykstra concepteur des effets spéciaux du Star Wars original.
La partition d'Alexandre Desplats dont je ne suis pas un fan à la base est une réussite, épique et puissante elle apporte un vrai plus au film.

Le(s) moins

Cette approche basée sur l'anticipation et le suspense plutôt que sur un bombardement de scènes d'action pourra déstabiliser certains spectateurs qui attendent à un spectacle plus mouvementé. Le rythme du film est assez atypique pour un blockbuster, même si l'intrigue est riche. Malgré tout certaines scènes justement de tension et de compte à rebours aurait pu bénéficier d'un montage plus nerveux.

Godzilla-Photo-02
Conclusion

Majestueux et puissant à la fois, intime et épique, ce Godzilla mêlant le réalisme et le drame au fantastique apporte une belle pierre au mythe du « King Of Monsters ».

Ma note: 7.5/10


Godzilla

Godzilla-Affiche-France

Synopsis : "Le monstre le plus célèbre au monde devra affronter des créatures malveillantes nées de l’arrogance scientifique des humains et qui menacent notre existence."
Réalisé par: Gareth Edwards / Avec: Aaron Taylor-Johnson, Elizabeth Olsen, Bryan Cranston / Genre: Science fiction, Action, Thriller / Nationalité: Américain / Distributeur: Warner
Durée: 2h03min / Date de sortie: 14 mai 2014

Plus d'informations !

  • Les Anecdotes !


    Un comic book intitulé "Godzilla : Awakening", co-écrit par Greg et Max Borenstein, sert de prequel au film de Gareth Edwards. Situé des décennies avant les événements du film, il narre la naissance du mythique monstre japonais... Un comic existait cependant déjà, datant de 1977 et réalisé par Herb Trimpe.

    Le directeur de la photographie Seamus McGarvey s'est un jour trompé de plateau dans les studios de Vancouver et a débarqué sur celui de La Planète des singes : l'affrontement dont le décor était ce jour-là assez similaire à celui de Godzilla.

    Le réalisateur Gareth Edwards et son équipe de designer s'inspirèrent de tous les looks précédents de Godzilla pour créer celui du film.

    Pour les scènes se déroulant dans les années 50, Seamus McGarvey voulait "un look pelé, avec des couleurs douces et des spots lumineux diffus". Pour achever cette esthétique, ces séquences furent filmées avec un objectif de caméra datant des années 60 et leurs nuances de noir teintées numériquement en magenta.

    Le réalisateur Gareth Edwards décrit Godzilla comme un anti-héros, une sorte d'incarnation de la colère de la nature, plutôt que comme l'adversaire des héros du film.

    Le monologue que l'on entend dans la bande-annonce originale du film est un discours de Robert Oppenheimer, un physicien nucléaire qui travailla sur la bombe atomique, sur laquelle se base l'origine de Godzilla et de son souffle atomique.

    Juliette Binoche, qui avait déjà refusé de jouer dans Jurassic Park (1993) accepta par contre de jouer dans Godzilla après avoir reçu une belle lettre très convaincante de la part du réalisateur Gareth Edwards.

    La majorité des scènes devaient être tournées dans les studios de Vancouver, selon le directeur de la photographie Seamus McGarvey (The Avengers), de mars à juin 2013, mais la production n'avait pas encore donné le feu vert. Gareth Edwards, le réalisateur, leur fit alors faire un long tour des studios pour leur faire découvrir ce qu'allait être le film. Cette présentation fut très positivement reçue et les dates de tournage furent alors verrouillées pour mars 2013.

    Godzilla nous est montré couvert de cicatrices chéloïdes. Ce choix esthétique est tiré du Godzilla original (1954) qui avait été irrémédiablement marqué pour évoquer les marques similaires des survivants aux bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki, renforçant par ailleurs l'idée selon laquelle le monstre fut créé à cause des armes nucléaires.

    C'est durant l'automne 2010 que Legendary révèle le lancement d'un reboot de Godzilla, dont la première version du scénario serait écrite par Dave Callaham (à qui l'on doit The Expendables). Le réalisateur Gareth Edwards est par la suite attaché au projet en janvier 2011, avant qu'en juillet de cette même année, David S. Goyer (auteur de la trilogie The Dark Knight) ne soit annoncé comme nouveau scénariste du film. Un emploi du temps trop chargé l'empêche de finir et le scénario est remis à Max Borenstein en novembre 2011 qui doit alors en écrire une version finale basée sur celle de son prédécesseur.

    Godzilla se prononce en japonais Gojira (à prononcer Godjila). Son nom viendrait d'un mélange entre le gorille (golila en japonais) et la baleine (kujila) dont l'apparence du monstre tirerait son origine. L'hypothèse ne peut cependant être vérifiée car il n'existe aucun document des années 50 spécifique à la société Toho pour l'étayer. Sa première version cinématographique (Gojira) date de 1954 et est l'oeuvre d'Ishirô Honda pour la réalisation et de Tomoyuki Tanaka pour le design du monstre. Il apparaît alors comme un dinosaure, le Godzillasaurus, qui a muté et s'est réveillé après avoir été exposé aux radiations d'essais nucléaires. Il est par la suite le héros de 29 autres longs-métrages, en comptant celui de Gareth Edwards.

    Selon Gareth Edwards, le design de Godzilla est basé sur le physique d'un ours et celui d'un dragon du Komodo. Sa tête est en particulier inspirée de celle de l'ours, du chien et de l'aigle.

    Bryan Cranston, personnage clé de Godzilla, est connu pour son rôle majeur dans la série à succès Breaking Bad où il incarne Walter White, père de famille et chimiste atteint d'un cancer qui tente de laisser un certain héritage à ses proches avant de mourir. Or, dans le premier Godzilla, celui de 1954, c'est Takashi Shimura qui joue le rôle principal, alors qu'il avait auparavant joué un personnage similaire à celui de Cranston, cancéreux et souhaitant laisser un certain patrimoine à sa famille, dans Vivre, d'Akira Kurosawa, en 1952.

    Joseph Gordon-Levitt, Henry Cavill, Scoot McNairy et Caleb Landry Jones furent un temps considérés pour le rôle du lieutenant Joe Brody, finalement interprété par Bryan Cranston. Celui qui ne fut pas écarté fut Akira Takarada, qui s'offre un caméo dans le film de Gareth Edwards en tant qu'acteur dans le Godzilla originel ainsi que dans nombre de ses multiples sequels.

    Pour le design des Mutoh, l'équipe technique et le réalisateur se sont inspirés d'Alien, le huitième passager et de Starship Troopers, alors qu'en ce qui concerne le son, Erik Aadahl est resté plus proche de la version d'origine en utilisant l'enregistrement initial du rugissement de Godzilla, en provenance direct de la Toho. Il y ajouta simplement un son plus organique, à l'aide d'outils numériques.

    2014, l'année de sortie du Godzilla de Gareth Edwards, est aussi l'anniversaire des 60 ans du monstre mythique, créé en 1954. Or, quand en 2004 la Toho sort Godzilla : Final Wars, pour les 50 ans du kaiju préhistorique, elle annonça par la suite qu'elle ne réaliserait plus de film sur le personnage pendant dix ans. Le cinéaste Yoshimitsu Banno (à qui l'on doit "Godzilla vs Hedorah", de 1971) obtint le droit de réaliser entre-temps un court-métrage avec l'animal : il fut vite rejoint par le producteur Kenji Okuhira puis par le directeur de la photographie Peter Anderson qui les introduit auprès du producteur Brian Rogers. Celui-ci négocia avec la Toho pour que le court devienne un long-métrage, mais faute de fonds suffisants, la production du film ne put en réalité commencer qu'en 2009, lorsque l'équipe approcha Legendary Pictures pour lever les fonds nécessaires au nouveau Godzilla. 10 ans d'absence pour n'en réapparaître que plus flamboyant.

    Une première bande-annonce surprise et un poster du film furent présentés dès 2012 au Comic-Con de San Diego. Encore avant cela, dès 2010, un tee-shirt représentant un concept art exclusif de Godzilla fut distribué à chaque visiteur du Comic-Con : une fois au stand de Legendary Pictures, filmé par une webcam, un système de réalité augmentée animait le monstre sur le tee-shirt. On pouvait alors le voir utiliser son souffle atomique et nous faire entendre son célèbre rugissement. Le film était d'emblée annoncé comme original, n'étant pas une suite à la version (Godzilla) de Roland Emmerich de 1998.

    Gareth Edwards a subi une importante pression de la part des fans du monstre en réalisant une nouvelle version de Godzilla. Il a plusieurs fois expliqué dans diverses interviewes à quel point les gens le harcelaient pour lui dire qu'il a intérêt à assurer avec son film !

    Lors d'une interview télévisée, Bryan Cranston compara la façon qu'avait Gareth Edwards de filmer le monstre à celle de Spielberg : sans constamment le mettre à l'écran, on sent sa présence, on le devine sans le voir, on découvre les conséquences de ses actes et cela ne fait qu'augmenter la tension qui régit le film. Il ne précise pas à quel film il pense en particulier mais on peut clairement faire le lien avec Les Dents de la mer, d'autant plus qu'il s'agit du premier blockbuster de l'histoire du cinéma et qu'il inventa nombre de procédés filmiques dont celui de l'apparition sporadique de l'élément effrayant.

    Bryan Cranston n'accepta pas de jouer dans Godzilla parce qu'il s'agit du monstre le plus mythique de l'histoire du cinéma. Autrement dit, ce n'est pas le scénario qui le convainquit mais le réalisateur. Selon lui, même avec une très bonne histoire, l'acteur doit être en phase avec le metteur en scène s'il veut que l'expérience leur soit à tous deux profitables, sans quoi cela ne fonctionnera pas. Il rencontra Gareth Edwards, qui lui envoya par la suite une copie de son précédent film, Monsters, qui plut énormément au comédien. C'est seulement après cela qu'il lut le script de Godzilla, qui l'a par ailleurs agréablement surpris quant à la construction de l'histoire, installant selon lui de véritables relations entre les personnages, complexifiant ainsi l'intrigue.

Et vous qu'avez-vous pensé du film Godzilla ?

Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

  • Je fais le mort - Critique

    fais mort Critique

    Une bonne comédie policière burlesque !Mis en scène par Jean-Paul Salomé, dans Je fais le mort, François Damiens interprète un acteur qui doit faire le mort pou... Lire la suite

    Par  Nopopcorn
    CINÉMA, CULTURE, DVD, SÉRIES
  • All Is Lost - Critique

    Lost Critique

    Le naufrage d'un vrai marin d'eau douce !Après le succès de Margin Call, le réalisateur J. C. Chandor met en scène le naufrage d'un navigateur interprété par... Lire la suite

    Par  Nopopcorn
    CINÉMA, CULTURE, DVD, SÉRIES
  • Bad Grandpa - Critique

    Grandpa Critique

    Papy Jackass fait un Road Trip !Dans le film Bad Grandpa, réalisé par Jeff Tremaine, Johnny Knoxville remet pour la quatrième fois son déguisement du... Lire la suite

    Par  Nopopcorn
    CINÉMA, CULTURE
  • 2 automnes 3 hivers - Critique

    automnes hivers Critique

    Une tranche de vie façon ciné/réalité !Pour son second long métrage, Sébastien Betbeder filme la rencontre d'Arman (Vincent Macaigne) et d'Amélie (Maud Wyler)... Lire la suite

    Par  Nopopcorn
    CINÉMA, CULTURE
  • Don Jon - Critique

    Critique

    Sexual healing !Avec Don Jon, l'acteur Joseph Gordon-Levitt signe sa première réalisation, en plus d'interpréter le personnage principal en compagnie de Scarlet... Lire la suite

    Par  Nopopcorn
    CINÉMA, CULTURE
  • Nymphomaniac - Volume 1 - Critique

    Nymphomaniac Volume Critique

    Une version sensuelle de la pêche à la nymphe !Le réalisateur Lars von Trier est de retour une troisième fois avec sa muse Charlotte Gainsbourg, pour nous... Lire la suite

    Par  Nopopcorn
    CINÉMA, CULTURE, DVD, SÉRIES
  • Les Sorcières de Zugarramurdi - Critique

    Sorcières Zugarramurdi Critique

    De la Iglesia au pays des sorcières !Le sulfureux cinéaste espagnol Alex de la Iglesia mélange à nouveau film social et film de genre en plongeant ses... Lire la suite

    Par  Nopopcorn
    CINÉMA, CULTURE, DVD, SÉRIES