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The Valley of Astonishment & Tempête sous un crâne

Publié le 14 mai 2014 par Picotcamille @PicotCamille

La semaine dernière était une semaine bien remplie. Une semaine Tétris. J'ai réussis à caler deux voyages très loin, The Valley of Astonishment au Bouffes du Nord et Tempête sous un crâne au Théâtre d'Ivry.

The Valley of Astonishment est une recherche théâtrale, menée par Peter Brook et Marie-Hélène Estienne. Peter Brook, sacro-sainte icône théâtrale, si vous touchez un peu au théâtre vous le connaissez forcément. Si non, et que l'homme vous intéresse, vous pouvez vous jeter sur L'espace vide, écrits sur le théâtre, livre de Peter Brook. On le trouve en poche pour moins de 10€. J'ai commencé à le lire, j'avoue je bloque un peu, mais je trouvais ça un peu troublant. L'original a été écrit en 68, dans une atmosphère théâtrale très différente de celle d'aujourd'hui. Ou du moins de celle que je connais. 

© Pascal Victor / ArtComArt

Le sujet de The Valley of Astonishment est le cerveaux et ces méandres. Peter Brook et Marie-Hélène Estienne n'en sont pas à leur premier essai, il y avait L'Homme qui en 1993 et Je suis un Phénomène en 1998. Pour cette pièce le parti pris est d'associer des médiums entre eux, les mots aux images, les sons aux couleurs. On suit surtout Sammy, la quarantaine, femme avec un prénom d'homme et par dessus tout une prodigieuse mémoire. Au fil de la pièce, Sammy passe de l'anonymat aux feux de la rampe, de la normalité au monstre de foire, du paradis à l'enfer.

Ce que j'aime d'abord dans cette pièce, c'est le décors. Déjà la beauté du Théâtre des Bouffes du Nord est complètement utilisée, il y a au centre un carré blanc. C'est "L'Espace Vide" de Peter Brook, l'espace de création. Partout des chaises éparpillées. Dans un coin à court deux musiciens, Raphaël Chambouvet et Toshi Tsuchitori. Exit la scène et les espaces cloisonnés. Il n'y a pas à proprement de coulisse, la plupart du temps un comédien qui ne joue pas, s'assoit sur une chaise un peu excentrée. Tout ou presque est visible. Les musiciens font aussi partis des acteurs, pas de frontière. Même avec le public. Au cours d'une scène de musical, l'actrice Kathryn Hunter viens s'assoir dans le public, et deux spectateurs sont appelé à participer. Et ce que j'aime encore plus c'est bonhomie de tout ça. J'avoue. Quand j'ai lu recherche théâtrale et aventure dans les méandres du cerveau humain, j'ai eu un peu peur. Mais le génie des grands talents c'est de ne pas se prendre au sérieux. Et là entre les metteurs en scène, les musiciens et surtout les acteurs on a vraiment beaucoup de talents.

Courrez-y c'est jusqu'au 31 mai!

Le lien du théâtre ici.

© Pascal Victor / ArtComArt

En fin de semaine j'ai été voir, avec mes copains de l'école, le fils prodige, Jean Bellorini, au Théâtre d'Ivry Antoine Vitez. Tempête sous un crâne est une adaptation des Misérables de Victor Hugo.

"Il y a un spectacle plus grand que le ciel, c'est l'intérieur de l'âme."

Pour ceux qui ont lu l'article sur Paroles Gelées du même Jean Bellorini, et bien rien de nouveau. Il y a toujours cette très belle esthéthique, ces comédiens merveilleux, ces guirlandes d'ampoules de fêtes foraines, ces accordéons. Dire que juste le texte change ce ne serait pas rendre justice aux gens qui bossent dessus.

compagnie air de lune

Parce que Tempête sous un crâne est un vrai beau travail. Mais il souffre d'une esthétique forte, que j'ai découvert il y a juste un mois. Pas de chance. Mais c'est une très bonne pièce. La preuve, j'ai avec une nuit blanche, deux heures de sommeil suivie d'une journée de travail, JE NE ME SUIS PAS ENDORMIE! Bon j'ai lutté sur la première partie. Je pense que c'est le fait que le rythme soit différent, il n'y a que deux comédiens et deux musiciens, contre cinq (les deux mêmes plus trois autres) comédiens et les deux mêmes musiciens ensuite. L'histoire m'a semblée plus dispersée, les personnages moins définis.

Sinon et bien pas grand chose à dire... Les poèmes de Victor Hugo mis en musique passent super bien. Les images proposées sont très belles et nous font vraiment voyager. J'aime toujours autant la façon dont Bellorini considère la scène sans coulisses, les différentes images qu'il créé avec le décor et ses changements à vue. Ce côté rock qu'il apporte par les costume, la batterie, les chansons, l'humour. Certains passages sont vraiment beaux à l'image de la scène qui clôture la pièce.

Allez le voir, si vous n'avez pas vu de spectacle de Jean Bellorini le mois dernier, sinon vous risquez l'overdose. Car c'est chouette, c'est accessible, de 7 à 777 ans. Vous avez en plus de vrais bons comédiens qui donnent aux mots de Hugo une résonance toute actuelle. Il suffit de taper 'Les Misérables Hugo" et "citation" sur Google pour s'en rendre compte.

Tempête sous un crâne est au Théâtre d'Ivry jusqu'au 25 mai.


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