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De bons voisins, Ryan David Jahn

Par Erika @PE_Erika

De bons voisins, Ryan David JahnLe résumé

A quatre heures du matin le 13 mars 1964, à New York, Dans le Queens, une jeune femme qui rentre chez elle est agressée dans la cour de son immeuble. Ses cris résonnent dans les appartements alentour, mais personne n’appelle les secours. Concentré sur deux heures, de bons voisins racontent les derniers instants de cette femme. Mais c’est aussi le récit de ce qui se passe chez les voisins, témoins inertes de son calvaire. C’est enfin l’histoire de la ville, de ses nuits faussement calmes, de sa violence aveugle.

Ryan David  Jhan s’empare ici d’un fait divers réel, le meurtre de Kitty Genovese, qui a défrayé la chroniqué dans les années 1960 et donné naissance à la notion d’"effet du témoin" : lors d’une situation d’urgence, les témoins sont d’autant moins susceptibles d’intervenir qu"ils sont nombreux.

Usant de toutes les ressources du roman pour interroger cette criminelle passivité, l’auteur mène de concert de multiples fils narratifs, les entrecroise avec un art consommé du récit et tisse le sordide caneva de nos démissions ordinaires.

Mon avis

Ce qui m’a attiré vers ce livre, c’est d’abord sa couverture et il faut reconnaître que j’achèterais bien tous les Actes Noirs (chez Actes Sud) ou le format poche Babel noir pour ces sublimes couvertures. Nulle déception car j’ai beaucoup aimé ce livre dont l’histoire m’a interpellé.

Kat travaille dans un bar, elle a fait la fermeture et rentre chez elle aux premières lueurs de l’aube. En arrivant près de sa résidence elle croise en voiture un de ces voisins, qui la salue. Elle est presque arrivée à  son appartement, il ne lui reste qu’à traverser la cour de l’immeuble et elle pourra enfin de plonger dans un bon bain avant d’aller se coucher, seulement, elle se fait agresser en plein milieu de la cour.

Elle se fait poignarder à plusieurs reprises, ses cris résonnent dans la cour, plusieurs appartements sont éclairés. Beaucoup de personnes assistent à la scène derrière leurs fenêtres, Kat espère qu’ils ont appelés les secours, qu’ils vont bientôt arriver. Mais les minutes passent et personne ne réagit là-haut dans les appartements, tous pensant qu’un autre aura déjà appelé les secours et qu’ils encombreront inutilement la ligne.

Erreur.

Seulement personne ne se dira qu’il faut quand même les appeler. Kat se traînera sur plusieurs mètres tentant de rejoindre son appartement et son bain.

En parallèle, se succèdent des scènes en direct des appartements comme si de rien était.

Ce qui m’interpelle le plus c’est que c’est tiré d’un fait réel, que cette histoire n’est pas fiction. Cela m’étonne qu’à moitié en fait. En général, on en voit de tels faits divers : une agression devant témoin mais personne qui ne bouge pensant que quelqu’un d’autre le fera, c’est pas si rare je pense. Mais franchement, voir cette femme agoniser, se vider de son sang dans la cour, ça devrait interpeller que les secours n’arrivent toujours pas. Manque de courage ? Parce que ça arrive aux autres ? Quelles explications à cela ? Je ne peux vous en donner aucune. Je sais juste que ce livre m’aura captivé, dégoûté de la réaction de ces voisins. Le pire dans tout ça ? On a surement tous les mêmes voisins …

Pour en revenir au roman, c’est quand même intenable, car tout au long du récit on attend que quelqu’un bouge pour Kat, on espère qu’elle réussira au moins a atteindre son appartement. On attend aussi de voir le "dénouement" des histoires internes aux appartements. Est-ce que l’infirmière a bien renversé un enfant ? Est-ce que les problèmes entre les deux couples échangistes vont se régler, à moins que cela se termine en disputes, bagarres ? Est-ce que la vielle mère va laisser son fils aller à l’armée ? Et lui que va-t-il décider ?

De nombreuses intrigues internes aux appartements se mêlent à l’agression de Kat. On s’y perds d’ailleurs parfois entre tous ces personnages. J’ai mélangé plus d’une fois les noms, comme l’ambulancier et le flic par exemple. Il y a énormément de personnages qui se retrouvent plus ou moins liés d’ailleurs. Malgré tout, cela reste un livre que j’ai aimé et que je conseille !



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