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Burn out : un polar brûlant

Par Casedepart @_NicolasAlbert

burn 1Voilà ce qu’on appelle un bel album d’atmosphère. A la fois glacé et bouillant, glauque et moite comme un vieux tee-shirt sale qui colle à la peau…

Dernier né de la collection Kstr, label lancé en 2007 par Casterman, « Burn out » est un polar très réussi qui devrait ravir les amateurs du genre.

L’histoire, que l’on doit au déjà classique et très talentueux Antoine Ozanam ( Moi en mieux, Seconde chance, We are the night ou encore Succombe qui doit) accompagné au dessin par Mikkel Sommer, se déroule en Juillet 1980. A Reno ( état du Nevada) Ethan Karoshi , le héros de ce one shot, est un flic sans histoires. Sa vie en tout cas semble bien réglée, entre des séances de pêche à la mouche dans la Truckee river, le lundi et le jeudi, « avant le boulot » et des parties de jambes en l’air avec Debra, sa maîtresse, le mardi et vendredi, « aux mêmes heures », avant de consacrer le reste de la semaine à sa famille.

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Dans cet endroit perdu et perclus de chaleur où les ventilateurs tiennent lieu de planche de salut, la vie d’Ethan va peu à peu basculer, sans qu’il s’en aperçoive tout de suite, vers la tragédie. Un beau matin, Debra la belle rousse est découverte gisant sur son lit, la gorge lacérée … Dès lors va commencer pour l’inspecteur Karoshi une lente et inexorable descente aux enfers. Il y a d’abord l’arme du crime, un fil à pêche au bout duquel pend une mouche, l’une de celles qu’utilisait le policier pour ses parties de pêche. Le voilà qui se retrouve piégé au coeur d’une enquête dont il lui faut brouiller les pistes. Pas facile quand on a un beau-père et un beau-frère qui sont aussi ses collègues.
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En quelques jours, le chasseur va devenir la proie. Peu à peu, Ethan va devenir le jouet d’une implacable vengeance, dans la plus pure tradition du polar. On découvrira à la toute fin de ce one shot diablement efficace qui en voulait à ce point à ce quadragénaire à qui la vie souriait.

Le personnage principal, impeccablement campé par le trait de Sommer, a des airs de Lee Marvin dans le film Canicule d’Yves Boisset. Comme dans tout polar américain qui se respecte, les personnages fument abondamment, les femmes sont pulpeuses et les routes poussiéreuses. En 95 pages, on se laisse facilement prendre dans l’engrenage de cet implacable Burn Out.

  • Burn Out
  • Scénario: Antoine Ozanam
  • Dessin: Mikkel Sommer
  • Editeur: Casterman ( collection Kstr)
  • Parution: Avril 2014
  • Prix: 18 euros

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