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Hello Ladies, saison 1

Publié le 27 mai 2014 par Onrembobine @OnRembobinefr

[Critique série] HELLO LADIES

Titre original : Hello Ladies

Note:

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Origine : États-Unis
Créateurs : Stephen Merchant, Lee Eisenberg, Gene Stupnitsky
Réalisateurs : Stephen Merchant, Julian Farino, Greg Daniels
Distribution : Stephen Merchant, Christine Woods, Nate Torrence, Kevin Weisman, Kyle Mooney, Sarah Wright, David Hornsby, Crista Flanagan…
Genre : Comédie
Diffusion en France : OCS City
Nombre d’épisodes : 8

Le Pitch :
À Los Angeles, Stuart Pritchard cherche l’amour. Il est grand (2 mètres et des poussières), anglais, travaille sur le web avec un certain succès, et reste constamment à l’affut. Malheureusement pour lui, ses tentatives pour séduire la gente féminine se révèlent souvent infructueuses…


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La Critique :
L’humour est l’un des trésors de l’Angleterre. L’un des plus inestimables à vrai dire. Il s’illustre au cinéma, sur scène, ou encore à la télévision, et s’exporte à merveille. Nombreux sont ceux qui transmettent dans le monde la bonne parole de cet humour si particulier, et en cela, particulièrement reconnaissable et inimitable (nombreux ont essayé et se sont vautrés).
Stephen Merchant n’est peut-être pas le plus connu des comiques issus de l’école britannique, mais c’est sans aucun doute l’un des plus doués. Dans un premier temps, ce grand flegmatique de plus de 2 mètres se fait remarquer en proposant à Ricky Gervais, avec lequel il bosse, un court-métrage qui sera à l’origine de la série culte The Office (ensuite déclinée par les américains et par les français). Gervais et Merchant sont par la suite inséparables et accouchent notamment de grandes œuvres, comme les shows Extra et Life’s Too Short, cette fantastique série co-écrite avec Warwick « Willow » Davis, diffusée sur la BBC. En parallèle, Merchant s’est aussi illustré au cinéma, en tant qu’acteur, installant petit à petit son visage dans l’inconscient collectif des amateurs de comédies. On a ainsi pu le voir dans Hot Fuzz (son premier film), Cadavres à la pelle, et l’excellent Mariage à l’anglaise.
Ce qui nous amène à Hello Ladies, où comment Stephen Merchant a adapté son one man show à la télévision, pour le fameux network américain HBO, avec la complicité de Lee Eisenberg et Gene Stupnitsky. Une série qui inaugure en quelque sorte l’émancipation de Merchant vis à vis de Ricky Gervais, puisque ce dernier n’y intervient à aucun moment, que ce soit devant ou derrière la caméra.

hello ladies 1 [Critique série] HELLO LADIES

À première vue, à part pour les fans inconditionnels de Merchant, rien de vraiment notable sur le papier concernant Hello Ladies. Un show qui s’articule autour de la sempiternelle quête de l’amour dans un Los Angeles transformé pour l’occasion en gigantesque terrain de chasse pour un célibataire désespéré et parfois désespérant. Si le pitch ne brille effectivement pas par son originalité, le premier épisode de Hello Ladies rassure et impressionne à la fois. On s’aperçoit d’emblée que non seulement, on va bien se marrer, mais qu’en plus, l’émotion sera très probablement au rendez-vous. Les sept épisodes suivants confirment cette première impression.

Il faut dire que le casting de Hello Ladies est particulièrement pertinent. Stephen Merchant tout d’abord, puisque c’est de son personnage dont il s’agit en premier lieu, est fabuleux. Arrogant, Stuart l’est assurément, mais pas que, puisqu’on découvre au fur et à mesure des épisodes, son côté sensible. À lui tout seul, ce grand bonhomme un peu gauche, armé d’une assurance spectaculaire mais fragile, incarne toute la détresse du célibataire en quête du grand amour. Caché derrière un personnage qu’il s’est créé pour aller au-delà de ses complexes et de sa timidité envers la gente féminine, Stuart Pritchard est surtout très seul. On pense parfois au Jack Black de L’Amour Extra-Large en voyant cet homme à priori uniquement focalisé sur le physique des femmes. Surtout qu’à l’instar du film des frères Farrelly, Hello Ladies ne s’arrête pas à une simple pantalonnade. Basée sur la rythmique propre au vaudeville, la série s’avère d’une finesse rafraichissante, quand elle démontre d’une virtuosité toute particulière à mettre en avant la superficialité apparente de son protagoniste principal et sa vulnérabilité bien dissimulée. Au final, Stuart devient vite attachant, alors même qu’il peut se montrer odieux et pathétique.
Un personnage plus complexe qu’il n’y paraît donc. Un anti-héros dont les multi-facettes sont mises en avant grâce à la présence des autres personnages.
Car comme toute bonne sitcom qui se respecte, Hello Ladies s’intéresse à un groupe. Il y a le pivot, et son entourage. Le truc, c’est que contrairement à ce que le pitch et le titre du show peuvent suggérer, Hello Ladies fait aussi la part belle, quasiment à égalité, à Jessica, l’actrice en devenir, qui partage en quelque sorte la maison de Stuart. Une jolie jeune femme elle aussi un poil désespérée, car souvent prise au dépourvu par des vicissitudes professionnelles et amoureuses plutôt compliquées. Incarnée par la talentueuse Christine Woods, qui évoque aussi bien Tina Fey que Kristen Wiig, Jessica est tout aussi attachante que Stuart, mais pas forcement pour les mêmes raisons. Actrice ratée, scénariste improvisée et amante frustrée, Jessica cumule malgré elle les casquettes et offre à la série une touche féminine bienvenue, tout en renforçant ce réalisme prégnant qui habite l’intégralité de la série.
Aucun des personnages de Hello Ladies n’a vraiment la vie facile. Quand ce n’est pas l’amour qui fait défaut, c’est l’argent, ou la réussite. C’est valable pour les deux protagonistes principaux, mais aussi pour les secondaires, comme peuvent en témoigner Wade et Kives les deux amis de Stuart.
Une synergie s’installe alors et fait de cette série, une œuvre totalement en phase avec les préoccupations ordinaires de son époque. Il est facile de s’identifier à Stuart, à Jessica ou à Wade, et jamais le show ne dévie de sa route en tombant dans les excès.

Bien entendu, l’écriture, brillante est pour beaucoup dans la réussite de Hello Ladies. Une écriture résolument britannique, qui porte en elle la verve ô combien savoureuse de Stephen Merchant. Certes, il s’est bien servi, en se composant un personnage porté sur les réparties cinglantes, même si il ne s’épargne aucune humiliation. Le petit plus, c’est que Merchant a aussi super bien croqué les autres personnages, ayant complètement assimilé l’importance d’une dynamique de groupe, ici sublimée en permanence. Et puis c’est drôle. Vraiment très drôle. Chaque épisode comporte plusieurs punchlines jubilatoires et au moins une scène propice à mettre à l’épreuve les zygomatiques. Le format court (les épisodes ne dépassent pas les 30 minutes) soulignant cette écriture vivace, toujours à l’affût, dont la principale qualité est de faire rire en glissant ici ou là des réflexions bien senties en forme d’état des lieux sur nos modes de vie, et les interactions entre les hommes et les femmes.

Malheureusement, Hello Ladies ne connaîtra pas une seconde saison. HBO a tranché devant des scores d’audience décevants, en mettant un terme à cette belle aventure. On reste du coup sur notre fin quand vient le moment de faire ses adieux à Stuart, même si on nous promet un neuvième épisode, histoire d’offrir aux personnages une conclusion respectable. À l’instar de l’excellente Life’s Too Short de Warwick Davis, Hello Ladies est victime de la dure loi de l’audimat. Peu importe la qualité dans des cas pareils. C’est dommage mais ainsi va la télévision. Restent huit épisodes remarquables, à voir en boucle. Huit chapitres pour autant de raisons de se fendre la poire et de s’attendrir devant une tranche de vie à déguster sans modération. Huit raisons supplémentaires de porter au pinacle le grand (dans tous les sens du terme) Stephen Merchant, dont ce premier essai solo est malgré son échec commercial, à ranger parmi les plus belles réussites du genre.

@ Gilles Rolland

helloladies04 [Critique série] HELLO LADIES
Crédits photos : OCS City/HBO


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