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Tristesse club : l'excellente comédie depressive de Vincent Mariette

Par Filou49 @blog_bazart

Tristesse club : l'excellente comédie depressive de Vincent Mariette

Je l'ai annoncé samedi matin lors de mon premier billet concours du week end, mon avant première de la semaine fut très fructueuse, tant "Tristesse Club", le long métrage que j'ai eu la chance de voir il y a tout juste une semaine au Pathé Bellecour (merci au distributeur Haut & Court pour l'invitation) fut une très belle surprise.

Ne regardant ne pas assez à mon goût de courts métrages, j'avais simplement entendu beaucoup de bien des "Lézards", le dernier court métrage du réalisateur Vincent Mariette, mais je n'avais pu vérifier de moi même les prétendues qualités de cette comédie avec une toile de fond vaguement dépressive avec déjà le génial  Vincent Macaigne dans le rôle principal.

 Ce qui est sur, c'est que Tristesse Club garde le même état d'esprit, celui d'une sorte de comédie triste qu’on n’arrive pas trop à appréhender ,car comme l'a dit Vincent Mariette lors du débat d'après film lors de l'avant première, rien ne l'agace plus que de coller des étiquettes à un film, car pour lui un bon film est comme la vie d'un être, donc jamais exclusivement comique ni complétement dramatique, mais un peu de tout cela à la fois.

 Le cinéaste arrive parfaitement à mettre en pratique sa théorie puisque "Tristesse Club" est un film qu'il est effectivement difficile à catégoriser, car, si on y rit pas mal, le fond de l'air est assez fortement mélancolique, le film traitant notamment des effets d’une enfance pas très heureuse sur la vie d'adultes paumés et pas plus heureux que durant leur enfance...

Tristesse club : l'excellente comédie depressive de Vincent Mariette

Mais sur cette délicate question des liens du passé qui vicient le présent, le jeune cinéaste-33 ans- arrive à y insuffler beaucoup de fantaisie et de tendresse, grâce notamment à une très belle finesse d'écriture. On appréciera l'intelligence du scénario, dont la construction en boucle (on note la même scène du début et de la fin, dans un bar) est vraiment maligne, et une belle attention portée aux personnages, toujours savoureux et jamais caricaturaux, et finalement bien plus riches que l'image qu'ils laissaient au début du film.

Mais tout le mérite ne revient pas seulement au  cinéaste, car celui ci  est également parfaitement aidé par son trio d'acteurs principaux, tous les trois assez géniaux dans des rôles différents. J'ai déjà plusieurs fois dit tout le bien que je pensais de Laurent Lafitte, ici, il prend visiblement beaucoup de plaisir à composer ce loser vaguement salaud sur les bords  qui n'hésite pas à demander un carnet de chèque à son fils; tiens ca serait pas une réponse à une des questions de mon concours, ca?). Et face à lui, Ludivine Sagnier, aussi lumineuse que chez Cristophe Honoré ou chez Claude Miller, avec une petite nimbe de mystère en plus, est craquante à souhait.

Tristesse club : l'excellente comédie depressive de Vincent Mariette

Mais si on devait décerner une prime à la plus belle révélation du casting, car même si j'en entends de plus en plus parler, je ne l'avais pas encore vu beaucoup jouer c'est sans doute au sensationnel Vincent Macaigne qu'il faut l'attribuer :totalement handicapé des sentiments et totalement incapable à parler à une fille sans rougir et bégayer, alors même qu'i il gère une start-up spécialisée.... dans les rencontres amoureuses en ligne, Macaigne (dont les silences et les gestes sont plus significatifs que de longues phrases) apporte une poésie et une sensibilité à un rôle qui aurait pu être chargé sur le papier..

Bref Tristesse club, contrairement à ce que son titre indique, n'est jamais plombant, puisque la mélancolie qui y est en toile de fond n'est pas là pour entraver les liens, mais bien pour servir de catalyseur et jamais lourd non plus, ce qui est rappelons le, bien rare pour une comédie française..

Bande-annonce TRISTESSE CLUB (sortie le 4 juin)


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