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The War On Drugs – Lost in the Dream

Publié le 06 juin 2014 par Hartzine

Mai 2014 – Voilà déjà deux mois que ce nouvel album des américains de The War on Drugs est sur notre platine an attente d’une éventuelle chronique. La programmation fraichement tombée de La Route du Rock (énorme jeudi soir en perspective !), notre rendez vous (f)estival préféré, et la relance de notre collègue photographe Hélène ayant rencard avec le groupe pour une séance de tirage de portraits lors de son passage à Paris (Flèche d’Or – 26 mai 2014), nous amènent à nous pencher sérieusement sur la question, bien aidés par un triste dimanche propice au canapé – café – casque – Roland Garros.

Il faut dire d’emblée que ce disque nécessite/mérite plusieurs écoutes, et que les zappeurs en recherche de leur BO de l’été pour DJ de plage peuvent passer leur route.

On est bien ici dans le pur style Americana , que notre pote Wiki définit ainsi : mélange de musique rootsaméricaine et des traditions musicales qui ont fait l’histoire musicale américaine : folkcountryrhythm and blues et rock and rollIl est fort notre pote Wiki. Mais attention, pas l’Americana des poseurs-sosies de Dylan qui ne jurent que par le vintage  (c’est plus authentique, tu vois…) et dont la musique est le plus souvent aussi chiante que le match de tennis en cours sur notre petit écran.

On n’attendait pas vraiment un tel disque de Adam Granduciel et sa bande, dont est récemment sorti Kurt Vile pour courir vers la gloire rock’n roll avec ses Violators. Un disque sortant les philadelphians de la cave pour les emmener vers un public qui pourrait bien s’élargir rapidement.

Il faut d’abord chercher les influences chez Wilco pour les expérimentations sonores et pour les compositions soignées et lumineuses de son leader torturé, Jeff Tweedy qui a d’ailleurs un autre point commun avec Granduciel, à savoir semble-t-il une latente tendance à la dépression…mal du siècle, mais meilleur pourvoyeur de nos discothèques.

Il faut aussi chercher chez Springsteen pour l’énergie et les odyssées cuivrées (ce sax…), d’ailleurs plus que chez Dylan, même si le spectre de ce dernier reste très présent, la faute certainement au timbre de voix un tantinet nasillard de Granduciel.  Le tout est largement nappé de sonorités confuses où s’entremêlent synthés 80’s et pedal steel country.

On croirait ce disque produit par Daniel Lanois tant une même atmosphère vaporeuse, baignée de réverbe et d’écho,  reste présente d’un bout à l’autre (ponctuée par l’instrumental The haunting idle), malgré les changements de rythmes allant même jusqu’ à flirter avec le Krautrock …on vous exonère de ce qu’en dit notre ami Wiki.

Si la finesse de cet album et de sa production n’apparait qu’après plusieurs écoutes attentives, il s’en dégage pour autant une immédiateté qui touche en plein cœur. Il donne parfois envie de sauter (Burning, alors même qu’on croirait l’intro jouée par ces joyeux drilles de Cure avant que le boss ne prenne le manche, période  Born to run), envie de danser (le single Red Eyes), envie de rêver (les ballades Eyes to the wind et In reverse) ou encore de pleurer (Suffering -  slow planant en dépit d’un solo de guitare un peu too much). Ces chansons pourraient avoir une longue vie sur les radios nationales US fournissant la bande son des routards traversant le pays d’Est en Ouest à la recherche d’eux même, jusqu’à l’apaisement (Lost in the dream).

Cet album exacerbe les sentiments de l’auditeur ; on en sort bougé mais en meilleur état, prêt à repartir affronter l’extérieur. Il s’en dégage  une grande honnêteté ; on sent que le groupe fait ce qu’il aime sans chercher à plaire à tout prix…Cela donne un classique qui se bonifiera avec le temps, et ce en dépit de quelques titres peut être justement un peu trop classiques en milieu de disque  mais qui ne dénotent pas pour autant (An ocean in between the waves ou Disappearing).

Reste pour Adam Granduciel à transformer l’essai sur scène pour rejoindre ses (nos) héros au panthéon de la musique américaine…rendez vous cet été à Saint Malo !

Photoshoot by Hélène Peruzzaro

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