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La fontaine des contes, par Danièle Berry…

Publié le 09 juin 2014 par Chatquilouche @chatquilouche

 L’ombre était toute petite, recroquevillée dans un coin.dreamstime_4613550 yin yang blue light

Elle n’osait pas sortir et se terrait, protégée par son amie la lumière.

Elle fermait souvent les yeux puisque voir ne lui servait à rien dans tout ce noir qui l’entourait et elle avait peur d’être éblouie par la clarté.

Elle était si timide qu’elle préférait rester incognito dans son petit coin.

Elle accompagnait la lumière quand il le fallait et que le soleil inondait son amie d’un halo éblouissant.

Parfois, suivant les éclairages, elle s’allongeait ou se diminuait et cela la fatiguait beaucoup, mais elle savait qu’elle n’avait pas le choix, que c’était sa destinée.

Pendant qu’elle se cachait, la lumière se pavanait et se montrait de plus en plus.

Elle allait sur le devant de la scène, sous les projecteurs, avec sous son manteau de lumière, la petite ombre magique qui changeait de forme et d’intensité.

Ce qui était drôle était qu’elles ne pouvaient vivre l’une sans l’autre.

L’ombre vivait tranquillement à l’abri des regards indiscrets et la lumière explosait avec l’intensité du soleil.

Oui, mais voilà qu’à force d’éclairer, la lumière commença à s’épuiser et finit par tomber malade. Elle avait senti la faiblesse la gagner et s’était recroquevillée auprès de sa chère ombre. Toutes les deux étaient devenues semblables et la lumière finit par s’éteindre.

Ce fut la consternation ! Le soleil ne comprenait plus rien du tout et la nuit commençait à envahir le monde.

Alors l’ombre, pour sauver son amie qu’elle aimait par-dessus tout, osa risquer de sortir du manteau éteint qui l’entourait maintenant. Elle se retrouva projetée sous les rayons du soleil et devint à son tour lumière protégeant son amie qui était devenue son ombre.

Et au fil du temps qui passait, dans l’espace qui les entourait, l’ombre et la lumière changeaient de rôle, car elles avaient compris qu’elles ne pouvaient se passer l’une de l’autre.

C’était un ballet incessant, dans un mouvement alliant le temps, l’espace et le mouvement.

Le marionnettiste

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La scène était déserte, mais la salle était comble.

Silence total sur la scène, mais brouhaha dans la salle.

Immobilité pesante devant les rideaux, mais mouvements incessants dans les rangs de spectateurs.

Obscurité sur scène, mais lumières dans la salle.

Tout à coup les lampes de la salle s’éteignirent, les spectateurs s’immobilisèrent et se turent.

Un halo de lumière fut projeté sur les rideaux noirs. Lentement, ils s’ouvrirent, laissant apparaître un étrange personnage venu d’une autre planète. Il ne parlait pas, se déplaçait étrangement au rythme des fils qui l’animaient. Celui qui le tenait restait dans l’ombre. Sa marionnette passait dans la lumière. L’une existait, et l’autre pas. Le marionnettiste n’était là que pour animer le personnage qui l’accompagnait.

Tous les regards se portaient sur le pantin de bois qui prenait vie au son des paroles de son propriétaire.  L’acteur était marionnette et celui qui la tenait était en arrière plan.

Qui parlait ? Était-ce la marionnette ou était-ce le marionnettiste ?

Qui des deux agissait ?

Quel étrange duo avançait sur la scène ? L’un était de chair et de sang, mais restait dans l’ombre, les coulisses, l’autre était de bois et de tissu et se trouvait dans le feu des projecteurs !

Le pantin s’avançait et monologuait, puis de temps en temps s’adressait au public.

Il se mit à danser au son de la guitare qu’il tenait et accompagna ses évolutions de chansons.

Qui chantait ? Était-ce la marionnette ou était-ce le marionnettiste ?

Dans la salle les enfants n’avaient d’yeux que pour le pantin rigolo qui dansait comme un clown et chantait bizarrement. Leurs parents analysaient les gestes du marionnettiste qu’ils devinaient. Les fils imperceptibles qui dirigeaient le pantin n’existaient que pour les adultes.

Les enfants vibraient au rythme de ce personnage fantastique et magique.

La marionnette exécuta une dernière danse et, d’un geste de la main droite, salua le public.

Les rideaux se fermèrent. Le halo de lumière disparut, laissant la place à une inondation de spots dans la salle.

Les applaudissements redoublèrent redemandant l’apparition de la marionnette.

Elle arriva dans les bras du marionnettiste qui fut acclamé par les adultes.

Les enfants n’en croyaient pas leurs yeux : la magie avait disparu et ils se sentaient trompés dans leur rêve.

Notice biographique

Originaire de la région parisienne, Danièle Berry a exercé en tant qu’institutrice de 1976 à 1988 dans

Danièle Berry
l’enseignement primaire. Puis elle a déménagé pour s’installer dans le Gers. Elle a enseigné dans un IME de 1988 à 2009 et parallèlement a exercé en tant que formatrice en Gestion Mentale dans le centre qu’elle a créé.  En 2009, elle a cessé ses activités professionnelles et s’est tournée vers l’écriture.

Peu à peu, elle s’est spécialisée dans les contes dont la visée est pédagogique et philosophique, puisque ses sources essentielles proviennent de la Gestion Mentale. Son imagination créatrice a pris progressivement le dessus et elle écrit désormais comme en « lévitation », absorbée par un monde de sons, d’images et de couleurs qui la submerge et qu’elle confie à son ordinateur.


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