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Black Mirror, Saison 2

Publié le 09 juin 2014 par Onrembobine @OnRembobinefr

[Critique série] BLACK MIRROR – Saison 2

Titre original : Black Mirror

Note:

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Créateur : Charlie Brooker
Réalisateurs : Owen Harris, Carl Tibbetts, Bryn Higgins
Distribution : Hayley Atwell, Domhnall Gleeson, Claire Keelan, Sinead Matthews, Lenora Crichlow, Michael Smiley, Tuppence Middleton, Ian Bonar, Daniel Rigby, Chloe Pirrie, Jason Flemyng, Tobias Menzies, Christina Chong, James Lance…
Genre : Science-Fiction/Anticipation/Drame
Diffusion en France : France 4
Nombre d’épisodes : 3

Le Pitch :
Quels rapport les êtres humains entretiennent-ils avec la technologie, et plus précisément avec les écrans ? Tel est globalement le sujet de cette anthologie…

La Critique :
Alors que la saison 1 est sortie il y a déjà 3 ans en Angleterre et que la deuxième date d’il y a un an, nous avons pu profiter de l’intégralité de la série sans interruption de l’autre côté de la Manche. Une petite différence appréciable après toute cette attente, qui nous démontre si besoin est que les productions télévisuelles britanniques ont du mal à s’exporter chez leurs voisins…ce qui est fort dommage quand on voit l’inventivité de ces derniers en matière de séries et d’émissions !
La première saison nous avait balancé dans le bain de manière catchy, cette fois-ci, Charlie Brooker nous prend par les sentiments en guise d’introduction. Le premier épisode de cette nouvelle cuvée, intitulé Be Right Back, est en effet centré sur le deuil. Après la perte de Ash (Domhnall Gleeson, Bill Weasley dans la saga Harry Potter et au générique du prochain Star Wars) son compagnon, Martha (Hayley Atwell, que l’on a pu voir dans Captain America) est parrainé pour adhérer à une étrange application mobile par une de ses amies compatissantes. Il s’agit, en gros, de recréer la personnalité du défunt au travers des traces et autres document numériques qu’il a laissés tout au long de sa vie et d’en faire une IA qui utilise la voix au travers du smartphone de Martha pour créer un semblant de présence. Martha, réticente au début, se prend finalement au jeu, au risque de s’isoler et de devenir dépendante de cet avatar virtuel, le danger étant d’autant plus grand qu’elle est enceinte… Particulièrement bien ficelé, cette épisode crée un fort sentiment d’empathie avec l’héroïne qui est merveilleusement bien campée. Le côté futuriste est présent de manière très crédible au travers de nombreux détails du décor qui nous font comprendre que nous sommes dans un futur proche, voire très proche. On note l’abandon des cartons divisant les épisodes en différentes parties, néanmoins, le rythme et la structure sont palpables. La montée crescendo et le caractère dérangeant de la présence virtuelle est très fort tout en amenant à une fin étrange et inattendue.

The White Bear, le deuxième épisode, se focalise sur de tout autres sujets. Il commence de manière mystérieuse, une jeune femme amnésique (Lenora Crichlow) se réveille dans un appartement vide. Dès qu’elle sort, elle est prise en chasse par un homme masqué et étrangement vêtu, sous les yeux d’un attroupement de badeaux qui filment la scène avec leurs smartphones. Cette fois, il s’agit de s’attaquer au voyeurisme et au côté spectaculaire de la justice, l’opinion publique étant souvent prise à parti comme étant juge et bourreau dans le cadre de certaines affaires. L’épisode crée un sentiment de malaise devant la mise en scène qui est offerte et acceptée par la foule. Ici, on n’a pas affaire à une problématique marginale, mais à tout un système qui est parfaitement accepté par tous. Particulièrement efficace et tendu, cet épisode est assez choquant du fait de la violence larvaire qu’il renferme.

The Waldo Moment clôt le triptyque en abordant la politique et la communication. Jamie Salter (Daniel Rigby) est l’homme qui anime Waldo, un personnage en images de synthèse, coqueluche d’un talk show. �À la faveur d’une élection restreinte du Parlement, il va prendre de l’importance, tandis qu’une candidate, Gwendolyne Harris (Chloe Pirrie) commence son ascension au sein du parti Travailliste. Les deux vont se croiser et leurs visions contradictoires de la politique vont avoir de lourdes conséquences. La force de cet épisode est de montrer à quel point le monde politique est totalement détaché de la réalité et doit être observé avec défiance. Tout est manipulation, contrôle et communication subtile dans cette histoire assez complexe et qui prend de plus en plus d’ampleur au fil de l’épisode. Il s’agit clairement de l’épisode le plus riche narrativement de la série, avec ses points de vue multiples et sa volonté de prendre de la hauteur sur un sujet très dense. On retrouve l’idée d’un système qui broie et fait siennes les anomalies qui devraient le détruire ou à tout le moins le mettre en péril.
On retrouve toujours une mise en scène au cordeau, un casting talentueux et impliqué même si ses membres sont peu connus. La musique est rare mais très à propos et la facilité avec laquelle on passe d’une atmosphère à une autre est déconcertante. La pertinence de la série est toujours là et il n’y a pas le moindre sentiment de redite, ce qui est une bonne chose sûrement due au format particulier de la série. Espérons que Charlie Brooker a des intrigues en stock pour les prochaines saisons. Il faudra attendre deux ans pour vérifier…

@ Sacha Lopez

Black Mirror Be Right Back [Critique série] BLACK MIRROR   Saison 2


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