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Otage

Publié le 10 juin 2014 par Olivier Walmacq

Un ancien négociateur doit reprendre du service suite à l'enlèvement de sa famille...

Otage : affiche

La critique négociatrice de Borat

Florent Emilio Siri a tenté l'expérience américaine, il en est vite revenu probablement plus rapidement que ses camarades (il faut dire qu'avec les Weinstein aux fesses, ça sent souvent mauvais demandez à Alexandre Aja) et au tout début de cette vague de réalisateurs français de film de genre débarquant aux States. Comme Jean-François Richet avec le remake d'Assaut. Avec Otage, c'est pourtant Bruce Willis qui est venu à lui. Le réalisateur racontait cela l'an dernier à Screenmania mag: "La première fois que Bruce Willis m'appelle pour faire Otage, on me laisse un message sur mon répondeur où il y a un mec en anglais qui me dit 'Nid de guêpes c'est Die Hard 4, il faut absolument qu'on se voit, faut qu'on trouve un film à faire, salut c'est Bruce Willis'! J'ai appelé mon agent 'Vous arrêtez vos conneries de me laisser des message'. Et il s'est avéré que c'était Bruce Willis!" * En sachant que Siri était en effet en négociation pour la quatrième aventure de John McClane. On n'en voudra pas au réalisateur d'avoir refusé. Otage n'est pas le remake d'un film comparé à beaucoup de films de frenchy à Hollywood, mais une adaptation de roman. Malgré Bruce Willis devant la caméra, le film est un échec commercial cuisant (10 millions de $ de recettes pour 55 millions de $ de budget) et Siri de voir l'horizon hollywoodien de très loin. 

Otage : Photo Bruce Willis, Florent Emilio Siri

Otage n'est peut être pas un film raté (ce serait assez injuste) mais disons qu'il est vraiment anecdotique, faisant de lui un petit navet. Déjà, le pitch pèche sérieusement par son intrigue pour le moins minime. En gros, Bruce Willis en mode dépressif depuis une mauvaise négociation qui voit sa famille se faire kidnapper (dont la fille de Brucie, Rumer, qui semble avoir été traumatisé par le tournage de Striptease où elle était avec maman Demi au vue de ses récents goûts vestimentaires) pour qu'il aille s'occuper d'une maison où se tient une prise d'otage. Evidemment, cela a un sous-entendu puisque le paternel a des CD avec quelques informations compromettantes. Et évidemment, il y a un truc en plus, à savoir que des jeunes braqueurs décident de s'attaquer à la maison et parmi eux, il y a un type un peu fada incarné par Ben Foster. Qui plus est quand le cinglé veut se taper la fille du père de famille. Il n'y a pas à dire, la trame est plus que classique avec le flic ayant un couteau dans le dos et devant aider ses assaillants. Ce qui fait rapidement d'Otage une sorte de film du samedi soir quand vous ne trouvez rien à voir. D'autant que Siri doit composer avec deux lieux au détriment de son Nid de guêpes qui jouait merveilleusement sur le huis-clos. Là il doit se dépatouiller avec les négociations forts molles de Willis à l'extérieur et avec nos braqueurs fort mal préparés et risquant de péter une durite à tout moment.

Otage : Photo Bruce Willis, Florent Emilio Siri

D'autant que le gosse (parce qu'il en faut toujours un qui la ramène) attise les nerfs de nos joyeux larrons et le taré n'hésitera pas à liquider le frère un peu trop casse-pied du meneur. Donc le film joue sans cesse sur des sous-intrigues, ce qui s'avère assez vite pénible surtout que le film n'a pas le monopole d'être extrêmement bien écrit. Comme je l'ai déjà dit, le film est vraiment de facture classique et n'a rien de réellement folichon à nous raconter. Ce n'est qu'un énième film policier qui sera rapidement diffusé en deuxième partie de soirée ou sur la TNT. Un peu dommage car le film a des arguments pour lui. Déjà, Bruce Willis se révèle assez convaincant dans son rôle de flic traumatisé par une mauvaise opération de négociation. L'acteur s'en tire vraiment pas mal plus d'une fois, en tous cas plus que sur les deux derniers Die Hard où il avait non seulement l'air hagard mais surtout cabotinner comme un porc (ah ses monologues en roue libre dans A good day to Die Hard)! Le reste du casting est en revanche moins convaincant, notamment Ben Foster dont on remarque tout de suite qu'il va tirer dans les pattes de ses camarades. De plus, Florent Emilio Siri s'en sort plutôt bien au niveau de la réalisation, donnant quelques coups de tension de temps en temps, notamment dans son climax de la maison assez spectaculaire et évitant les ralentis sur les hommes en flamme comme c'est souvent le cas à Hollywood.

Otage : Photo Bruce Willis, Florent Emilio Siri

Pas mauvais, mais rien d'exceptionnel et réellement anecdotique.

Note: 7/20

Note naveteuse: 11/20


OTAGE - Bande-annonce VF par CoteCine

* Propos recueillis dans http://www.youtube.com/watch?v=a-V6LI4Q6ls


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