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Six degrés de séparation

Publié le 19 mai 2008 par Epicure

Six degrés de séparation, c’est la théorie qui prétend que chaque personne sur terre est reliée à toutes les autres en ayant, au plus, 5 personnes entre elles. Vous saisissez le principe? Je connais quelqu’un, qui connaît quelqu’un, qui lui en connaît un autre, qui connaît une personne, qui elle connaît le Pape mettons… Au Québec, on peut encore réduire ce concept-là d’une couple de degrés, peut-être 3-4 max.

Depuis vendredi après-midi, cette satanée théorie m’a sautée dans la face comme une tonne de briques. Nancy Michaud, qui s’est malheureusement retrouvée dans l’actualité à cause d’un pauvre type dont on ne sait pas grand chose au moment d’écrire ce billet, c’est l’amie de mon amie. Amie qu’elle a connue à l’université il y a une quinzaine d’années. Amie avec qui elle est restée assez en contact pour assister à son mariage à Rivière-Ouelle. Amie qui lui racontait, il y a à peine un mois, son bonheur de commencer ce nouveau travail qui la passionnait.

Je l’ai rencontrée une seule fois il y a plusieurs années, je m’en souviens assez bien. C’était dans ces premiers temps qui suivent la fin des études. Le temps des jobines surtout alimentaires plus ou moins reliées à notre domaine d’études mais elle, qui avait également un bacc. en communication, travaillait déjà dans les médias. Je m’en souviens parce que je la trouvais tellement chanceuse! Je me rappelle de ce sourire éclatant qu’elle avait et c’est l’image de cette rencontre-là que j’ai toujours eu en tête à chaque fois qu’on m’a parlé de Nancy.

Depuis vendredi toutefois, ce n’est plus cette image que j’ai en tête. Au fil des heures et des informations transmises par les médias, on nous a imposé d’autres images. Toute la fin de semaine, nous avons été hanté par tous les scénarios possibles et impossibles. Cette histoire surréaliste d’une femme pratiquement de mon âge qui se fait enlever et assassiner dans un village paisible donne la nausée. On n’ose s’imaginer dans la peau de son mari, ses parents, ses enfants qui doivent vivre l’enfer. On ne ressent qu’incompréhension, tristesse et colère. Ce drame nous a suivi toute la fin de semaine, chaque bulletin d’informations pouvant être porteur d’une bonne ou d’une mauvaise nouvelle.

Entre six et zéro degré, toute la différence est là. Chaque jour apporte son lot de catastrophes et de tragédies humaines qui nous bouleversent ou nous laissent indifférents. Quand ça se passe presque dans notre cour cependant, notre analyse de la situation devient tout autre, l’ampleur du drame s’en trouve décuplée. Même si nous n’avions pas de liens directs avec Nancy, la minceur du degré qui nous sépare d’elle est inversement proportionnelle à notre réaction. On tente de ne pas penser à ce que ça serait si un tel événement arrivait à quelqu’un de plus près de nous. Difficile de mettre des mots là-dessus…

Nos meilleures pensées accompagnent ses proches.


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