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Interview Solidays I Mathilde Forget, une artiste que vous n’oublierez pas !

Publié le 22 juin 2014 par Generationnelles @generationnelle

A sa façon de battre la mesure sur le la table du café ou sa démarche rythmée, le casque vissé aux oreilles, dans les rues de Paris, il n’y a pas de doute : Mathilde Forget fait de la musique. Celle qui chante si bien en français les sentiments suggérés nous a rencontrées à une semaine de sa performance, vendredi 27, au festival Solidays pour nous faire découvrir son univers. Un univers où cohabitent électro et classique. 

Qu’est-ce qui pousse une jeune fille de Grenoble à faire de la musique?
Il y a des moments qui définissent un peu le parcours. Le premier c’est que ma mère faisait de la musique, elle était pianiste  et prof de solfège. Dès l’âge de 6 ans avec mes deux soeurs, nous étions au conservatoire! Mais pour moi, le déclic est lié à la musique d’Emilie Simon. Avant, j’écrivais de petites chansons sans trouver mon style. En découvrant sa façon de marier si bien l’électro et le classique, je me suis dit: voilà, c’est ce style de chanson que je veux faire ! Je me suis inscrite en musicologie et c’est parti!

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Et dès le départ, quand on s’inscrit en musicologie après le conservatoire, rêve -t-on de devenir musicienne?
J’ai arrêté le conservatoire trop tôt pour pouvoir envisager une carrière d’instrumentiste. J’ai alors commencé à faire de la musique avec des copains et à écrire des chansons , je me suis plus dirigée vers la musique pop que vers la musique traditionnelle en tant qu’interprète. Je n’affirme pas : je suis -une artiste -mais ce que j’arrive à dire depuis peu c’est « je fais de la musique », j’y consacre tellement de temps, d’énergie, tout est tourné vers ça !

Pendant cet apprentissage, vous avez appris le violon, le piano, la guitare. Quand on a trois instruments à son arc, comment compose-t-on?
Il faut tout de même être honnête, le violon, je n’y joue plus depuis tellement longtemps ! Pour le piano et la guitare, c’est très simple, ce sont deux instruments qui se ressemblent beaucoup car ils permettent des compositions déjà très construites : on appelle d’ailleurs ça des guitare-voix, des piano-voix. Après j’adore les cordes, mon instrument préféré c’est le violoncelle qui m’obsède totalement, dès que je peux en placer je le fais. (rires) C’est vraiment de la sculpture, de l’artisanat, tu fouilles, tu changes les sons, tu déplaces. J’ai appris cela quand je me suis spécialisée en musique assistée par ordinateur en musicologie, le plaisir de travailler un son, l’inverser, l’étirer, le pitcher…

Justement en parlant de musique, quels sont vos goûts?
Une de mes dernières découvertes  c’est l’un des finalistes du Prix Paris Jeunes Talents : Radio Elvis. Il est déjà un peu connu, il m’a scotchée, il y a du Dominique A là-dedans, même s’il est hyper jeune. J’ai découvert tard la chanson française comme Dominique A et son côté romanesque donnant l’impression aller braver les tempêtes, la guitare à la main, Etienne Daho, qui a été un tournant énorme dans la chanson française et grâce auquel, de belles chanteuses comme Christine and the Queens arrivent dans le paysage musical hexagonal . Avant, j’écoutais Brel et Barbara, j’adore, et pas mal de musique classique comme Bach dont je suis fan, sa construction musicale est si touchante, et du rock comme Nirvana, Patrick Watson, Björk.

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Après la musique, il faut parler du texte aussi et de ses paroles tortueuses qui sont toutes en français. Le choix de la langue a-t-il été évident ?
Oui parce que je pense que je n’ai aucun talent en anglais ! Quand j’ai commencé j’écrivais en anglais et français mais l’anglais je l’avais choisi par pudeur. Après, j’ai rencontré des artistes qui écrivaient tellement bien en français! Benjamin Biolay, quelle révélation! . (Elle mime une apparition) (Rires) Sa musique est parfaite, telle que je la conçois . Aujourd’hui les paroles sont devenues hyper importantes. Je dois être très très fière de mon texte parce que sinon… je le chante mal, il faut vraiment l’assumer, c’est un travail compliqué. Pour moi, c’est beaucoup plus facile d’arranger 40 instruments !

Et ces paroles, on dirait que c’est très personnel, comme si vous les livriez en guise d’autobiographie chantée…
Je n’arrive pas à raconter l’histoire des autres. Pas comme Barbara qui pouvait narrer l’histoire d’une femme qu’elle avait croisée dans la rue. Je me suis déjà essayée à l’exercice et c’est assez mauvais! Je ne parle que de sentiments que je connais. Donc ça peut donner l’impression de se livrer vraiment intimement en parlant de choses qui me touchent mais en espérant qu’elles toucheront d’autres personnes! J’aime beaucoup l’idée de raconter ce qui est inexplicable : une émotion, un sentiment.

Cette idée de sentiments est présente dans le premier single, « les détours », mais concrètement, ça parle de quoi?
ça parle de ce qui m’obsède : ce qui est incompréhensible dans la naissance d’un sentiment et aussi dans sa disparition,  ce qui fait qu’on tombe amoureux de quelqu’un et qu’on n’est plus amoureux à un moment donné sans trop savoir pourquoi. Dans le clip, il y a cette idée de duel avec un loup mais c’est plutôt l’histoire d’une personne, de ses démons et ses doutes. La chanson et 3 autres titres seront sur l’EP, « le sentiment et les forêts » qui sortira en octobre ou novembre. ça parlera de ce qui m’inspire le plus et m’émeut : la nature et l’amour.

Il est difficile d’aborder votre parcours sans parler de celui de la scène…
Le projet a finalement commencé à ce moment- là : en montant sur scène et en faisant le chantier des Francos grâce à sa programmatrice qui nous a repérés à notre 3° concert au Nouveau Casino.  La scène, c’est là où la musique existe vraiment. De plus, je m’y sens mieux qu’avant (rires). Avant c’était assez douloureux! Grâce à Philippe Prohom, intervenant sur le chantier des Francos, je prends désormais un plaisir fou. Il m’a fait comprendre que si j’avais envie de chanter mes chansons aux gens, je ne devais pas fermer mes yeux tout le temps. Maintenant je désire vraiment regarder le public et d’être dans ce partage. Il m’a aussi appris, avec des exercices assez drôles, à désacraliser la musique que j’avais tendance à voir comme solennelle. C’était une école à la scène qui devait débloquer ma perception de la scène !

2013, une belle année puisqu’il s’est passé aussi le Prix Paris Jeunes Talents…
Oui! Belle année! J’avais rempli le dossier avant même les Francos ! Et dans l’année j’ai appris que j’étais dans les finalistes, et après audition, dans les trois lauréats. Ce genre d’événement te recharge les batteries! Et puis il y avait une bourse de 6 000 euros qui n’était pas négligeable et qui a servi pour le clip, l’EP… C’est aussi grâce à ce prix que j’ai fait pas mal de scènes sans tourneur. Cette année, j’étais dans le jury, c’était fou! J’ai répondu présente mais je ne le referai pas car c’est très dur de choisir. Mais c’était très intéressant de voir quels impacts les choses ont sur scène comme la tenue par exemple. Découvrir 10 groupes c’était tout de même très cool! Je ne peux pas parler des gagnants avant le 26 juin!!! Donc motus ! (rires)


Solidays 2014 – Spot TV par solidays

Et en 2014 c’est l’heure de Solidays?
Oui c’est encore grâce au prix Paris Jeunes Talents! Je suis tellement contente! C’est la semaine prochaine! Je n’avais fait qu’un festival dans ma vie c’était les Francofolies! Il y a une ambiance folle et revivre ça à Paris avec Raphaël, mon violoncelliste, je suis contente! On va partager le chapiteau avec les autres lauréats, Belle Plaine et Garçon d’argent ainsi que toute l’équipe du prix! Et puis ma petite soeur sera bénévole sur le festival et le jour de formation, on ne leur apprend pas où jeter les gobelets et nettoyer les toilettes mais c’est une vraie formation sur le Sida ! Ils ne font pas semblant d’être un festival engagé! C’est génial aussi de jouer dans le même festival que Woodkid, Christine and the Queens- mon gros coup de coeur- un peu comme pour tout le monde (sourires). Sur scène elle est juste fascinante, Fauve et … Vanessa Paradis !! Il y aura peut-être Benjamin Biolay ! (rires)

Sur scène, c’est très sobre?
C’est très sobre et très sombre, souvent noir. (rires) Je n’ai pas de costume pourtant j’adore les artistes avec une tenue de scène incroyable comme Bat For Lashes ou même Emilie Simon. J’aime ça, après, vu ma personnalité et mes chansons, je pense que je ne serais pas à l’aise. Plus tard,  pourquoi ne pas travailler avec un styliste et aller plus loin dans l’esthétique et rechercher de plus belles matières et plus belles coupes? Mais, je n’aurai jamais un costume de fou comme Björk!

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Crédits photo : Laura Bonnefous


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