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Les douze tribus d'Hattie d'Ayana Mathis

Par Sylvie

ETATS-UNIS -PREMIER ROMAN

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Editions Gallmeister, 2014

Ce premier roman afroaméricain est un chef d'oeuvre ! Considérée comme l'héritière de Toni Morrison, Ayana Mathis signe une saga très émouvante sur une famille afroaméricaine de 1925 aux années 80. Gros succès aux Etats-Unis et traduction en seize langues...

En 1925, Hattie est une toute jeune femme de 17 ans lorsqu'elle quitte sa Géorgie natale et le régime ségrégationniste pour une vie meilleure dans le Nord des Etats-Unis. A Philadelphie, elle rencontre August avec qui elle se marie. Le roman s'ouvre sur un espoir, une promesse : la naissance de jumeaux, Philadelphia et Jubilee. Mais les espoirs ne seront bientôt qu'un lointain souvenir...Suivront 10 autres enfants et petits enfants....12 tribus, 12 destins chamboulés qui incarneront les déceptions de toute une génération.

Ce roman est l'histoire d'une mère qui se "cadenasse" de l'intérieur, qu'on dit revèche et mal aimante, mais qui s'est sacrifiée toute sa vie pour élever ses enfants malgré le manque de moyens, malgré la pauvreté; des enfants qu'il fallait sauver de la maladie, des influences extérieures néfastes. Alors pourquoi être tendre, dit-elle puisque le monde n'est pas tendre avec vous.

10 chapitres, 12 enfants. 1948, 1950, 1951,1954, 1968, 1969, 1975, 1980. A chaque période, un enfant, homme ou femme. Retour aux sources avec le jazz ou les missions évangélistes, guerre du Vietnam.....Femmes s'élevant dans la société mais ne gagnant pas le bonheur pour autant, ou sombrant dans la déchéance la plus totale.

Tels sont ces itinéraires poignants de cette descendance maudite. Hattie apparaît souvent en second plan, comme un personnage haï, jalousé. Mal aimante parce qu' âme forte. Roc indestructible, cachant ses sentiments pour ne pas montrer sa détresse. Un grand personnage romanesque, l'un des plus marquants qu'il m'ait été donné de découvrir ces dernières années.

Le tout raconté avec une belle dignité, sans misérabilisme. Refusant le lyrisme d'un gospel larmoyant,  l'auteur conte traditionnelement à la troisième personne, simplement, alternant avec les dialogues des différents personnages. La souffrance est là, bien réelle, mais comme apprivoisée par une langue sans fioriture. Cette simplicité n'en fait que ressortir des scènes poignantes magistrales. Un roman universel sur le destin d'une vie exemplaire. Magique !


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