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Virginia ou les fantômes de Doyle

Par Hectorvadair @hectorvadair
Virginia ou les fantômes de DoyleVirginia
T2/3 Delirium tremens

Séverine Gauthier, Benoit Blary
Casterman
Juin 2014
On est d'abord interpellé par les grands formats aux couvertures couleurs pastel et aux dessins étranges de ces albums.
Un soldat sudiste dépravé, avançant aux côté d'une petite fille mortellement touchée au coeur, et d'une armée de soldats fantômes pour le tome 1;  un décor délavé de bayou, portant une pirogue menée par une enfant fantôme sur ce tome 2.
Puis la maquette, sobre, mais belle, utilisant en 1er de couv une police de titre typée XIXeme.
Une fois l'album ouvert, le charme opère encore, grâce au dessin très agréable et original (une aquarelle sous un encrage très fin), et ce scénario de repentance, au sortir de la guerre de sécession :
Virginia ou les fantômes de Doyle
Janvier 1863, lake Providence : un inconnu débarque de la diligence. Barbu, peu loquace, celui-ci se rend chez le médecin du coin, et demande, ordonnance à l'appui, un produit pour sa blessure à la jambe. Le médecin, sceptique ?; lui prescrit du laudanum.
Plus tard dans la nuit, l'inconnu revient et par effraction dévalise le stock de morphine de la boutique.
Flash back : Sur le champ de bataille, Doyle, car c'est son nom, est un jeune caporal tireur d'élite, qui doit abattre, en embuscade, un général nordiste. Mais ce dernier porte sa fille dans ses  bras.
C'est cette situation critique qui va être le départ d'un drame pour Doyle, et le plonger dans une fuite en avant peuplé de fantômes.

Virginia ou les fantômes de Doyle

©Casterman/Blary,Gauthier

Le premier tome installait l'intrigue et l'ambiance, sur le dessin bien particulier, et très agréable pour les amateurs de bande dessinée exigeante, de Benoit Blary, qu'on avait déjà eu l'occasion de féliciter lors de la chronique de Sigur et Vigdis, chez  le Lombard.
Ce second tome (sur trois), nous emmène un peu plus loin dans le développement de l'histoire, avec l'apparition des esclaves fugitifs au milieu des bayous, qui recueillent Doyle, vrai déchet humain, poursuivi par ses démons, afin de lui demander son aide de tacticien militaire.
Le lien avec cette équipe se fait par le biais de Virginia, une enfant noire, la fille du chef de cette troupe, celle-là même que Doyle avait sauvée d'une pendaison à la fin du premier tome.
Deux Virginia ? et un lien entre elle peu commun...
Ce qui va arriver à chacun des protagoniste nous sera révélé on l'espère dans le dernier album.
On est toujours aussi admiratif du style graphique de Blary, qui nous offre à l'occasion de ce second tome deux pleine pages d'aquarelles décrivant les rêves hallucinés de Doyle, en manque de Morphine, et du découpage au cordeau de Séverine Gauthier, qui, bien que peu connue du petit monde de la bande dessinée "adulte"*, excelle dans cet exercice du "eastern" fantastique.
Tout deux confirment donc leur talent sur cette série, avec un triptyque à venir, assez étonnant et courageux, qui fleure bon l'esprit alternatif que l'on aime aussi au cinéma dans les films d'un Eastwood ou d'un Tommy Lee Jones.
> Recommandé.
….
*Elle vient plutôt de l'édition jeunesse : Delcourt, Soleil Prod, et a beaucoup travaillé avec Thomas labourot. Un de leurs faits d'arme résidant certainement, pour la bande dessinée, dans la série indienne "Washita" : cinq tomes chez Dargaud, de 2009 à 2011.
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