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Extorsion de James Ellroy

Publié le 24 juin 2014 par Picotcamille @PicotCamille

L'année scolaire se termine, je souffle un peu et je redécouvre le principe du temps libre. Je reprend le blog après une longue absence avec Extorsion de James Ellroy (en prêt à la bibliothèque).

extorsion-couverture

Prologue:

" Vingt ans que je croupis dans ce trou à rats. Aujourd'hui, on me dit que j'ai droit de me remémorer mes mésaventures et que je gagnerai mon lot de sortie si j'en tire un récit.

 Tout ce fatras religieux que je méprisais quand j'étais même, c'est vrai. Il y a le paradis pour les braves gens, et l'enfer pour les méchamment malfaisants. Il y a le purgatoire pour les types comme moi - les salopards sournois qui ont saigné un système cynique et causé des catastrophes. Pendant deux décennies, je me suis interrogé sur mon inconduite. J'ai revécu mon passage sur la planète avec une pernicieuse précision. Mes subtils cerbères me font i un marché: Raconte ton parcours pervers et tu iras au peut-être au paradis en grande pompe. Mon petit gars, c'est le moment de VIDER ON SAC.

 Le purgatoire, c'est la zone. On s'y retrouve coincé dans le corps qu'on avait sur terre quand on est mort. On n'avale rien d'autre que de la bouffe de lignes aérienne, classe loquedu. Il n'y a pas de picole, pas de liaisons lascives, pas de femmes. Mes victimes terrestres visitent ma cellule sans prévenir. Elles me remémorent mes méfaits et me transpercent le trafanard avec un tisonnier incandescent."

James Ellroy se met dans la peau de Fred Otash, un ex-flic devenu détective, reporter de ragots pour un torchon people et trempant dans quelques business peu recommandables. Enfin c'est plutôt Otash qui prend possession du corps d'Ellroy. Dans une pirouette narrative, Otash dispose d'un temps limité dans le corps d'Ellroy pour "vider son sac", nous livrer ses débuts et comment il est devenu une personnalité si influente. Sex, drugs and cadavre planqué à la chaux.

James Ellroy a un style bien a lui. Un style qui sent bon celui des années 40-50. Vocabulaire choisi, tournure à la testostérone et injures catégoriques. Il faut aimer. J'aime bien cette "patte". C'est un livre que j'ai lu pour ce style d'écriture et l'atmosphère qui s'en dégage. Un peu comme pour Nan Aurousseau. D'Ellroy j'ai seulement du lire le Dahlia noir. J'ai un doute, mais je crois que c'est ça. Et c'était il y a longtemps.

C'est assez "cru", mais je ne dirai pas violent. Ça parle d'un monde violent, de Hollywood. Si vous en doutez encore, je vous conseille de lire Hollywood Babylone (que pour le coup j'ai trouvé plus violent) ou Blonde de Joyce Carol Oates. Ce livre est pour vous si vous aimez le L.A. Noir, la crasse sous la paillette, le langage châtié de vieux bourru.

Voici quelques liens assez chouettes: L'envolée culturelleEncore et toujours du noir.


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