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MATADOR, T1: Lune Gitane, de Jakupi et Labiano

Par 7bd @7BD
Matador T1 Lune Gitane couverture Titre : Matador T1 Lune Gitane Auteur : Gani Jakupi et Hugues Labiano Editeur : Glénat Année : 1992

Résumé : Une arène, un taureau, un matador quand tout d'un coup, un jeune homme, un « Espontaneo », se jette sans raison face à l'animal enragé. Défiant le taureau en toute impunité, le jeune Manuel veut montrer son talent et faire voir à la foule des gradins qu'il est digne, malgré ses origines pauvres, de devenir un grand toreador ! Mais rien ne se passe comme prévu et Manuel doit fuir, accompagné de son meilleur ami, Gonzo. Au travers de cette Espagne pauvre, de villages en villages, de conflits en problèmes, d'embuscades en rencontres sympathiques, les deux compagnons vont errer, avec un seul but en tête, l'arène ! Notre avis : Matador nous plonge dans une Espagne rude, celle de la misère et des pauvres gens, celles des gitans et des contrebandiers, celle des terres arides et des rêves de fortune. Pour Manuel, son salut réside dans l'arène. Et pour y parvenir, il doit faire ses preuves à tout prix. Et il est prêt à en découdre avec tous les taureaux de la terre. La BD se structure en un énorme flash-back. Manuel âgé raconte sa jeunesse, ses débuts. Je sais donc d'ores et déjà qu'il ne va pas décéder de mort violente. Mais les aller-retours sont très succincts et ne nuisent pas à la lecture, si bien qu'on finit même par les oublier. L'histoire nous entraîne dans le sillage de Manuel et Gonzo, deux débrouillards partageant le même rêve. A mes yeux, Gonzo est même le plus attachant des deux. Connaisseur des racines qu'on peut manger, d'une fidélité inébranlable, certes aussi gaffeur et illettré, il est l'ami rêvé pour cette aventure. Je me dis alors que Manuel a bien de la chance de l'avoir.

Le scénario met en place les différents éléments et personnages. De la jeune Elizabeth, américaine qui assiste à sa première corrida le jour où Manuel plonge dans l'arène, à Fuego, la brûlante voleuse gitane, en passant par Tcharlgo, le gitan contrebandier et frère de Fuego, une galerie de protagonistes défile et pose également les intrigues. Au fur et à mesure des pages, nombreux sont les obstacles qui se mettent en place pour empêcher Manuel d'atteindre son rêve. En parlant de rêve, ceux-ci ont également une place dans le récit. Sorcellerie, cauchemars, autant de marques d'une Espagne superstitieuse et peut-être à juste titre. Autant d'éléments qui seront amenés, je l'espère, à jouer un rôle de plus en plus fort dans la suite de cette série. Je dois avouer que j'ai été entraîné dans cette histoire mais pas complètement passionné. Il manque un petit quelque chose, peut-être le fait de ne rien savoir de Manuel et Gonzo, de leur histoire, de leur passé; peut-être le cliché un peu gros, à mes yeux, de la gitane Fuego qui croise nos héros et qui est la sœur du même contrebandier qu'ils vont aussi se mettre à dos... Ce sont de petites choses, mais qui ont leur importance et créent au fur et à mesure de l'histoire une impression de manque. Notons que cette BD fut suivie de deux autres tomes et qu'une intégrale est sortie chez Glénat en 1999. Côté dessin, Labiano a pris à bras le corps le récit de Jakupi et nous sert des personnages dans un style réaliste et expressif. Les scènes de tauromachie sont impressionnantes et m'ont complètement emmené, de même que l'étrangeté des rêves. Labiano sait aussi nous faire sentir cette Espagne qui meurt de chaud, ces grandes terres arides, ces petits villages blanc de chaux, ces arbres noueux et si rares. Les couleurs sont agréables et servent parfaitement cet univers entre âpre réalité et vaporeuse étrangeté. Le découpage des pages classique, de deux à quatre bandes de deux à quatre cases, alterne avec quelques cases se chevauchant, quelques dessins tout en longueur Je retiens surtout les cauchemars et la première séquence de tauromachie, où le cadrage sert vraiment l'émotion du passage. Les deux auteurs nous livrent donc, au final, un premier tome intéressant, curieux, auquel il manque néanmoins, à mon humble avis, un petit souffle d'originalité. Mais peut-être arrive-t-il dans la suite ?
Zéda aurait-il l'âme d'un matador ? Zéda, strip, le Mat t'adore David

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