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Les Prédateurs

Publié le 26 juin 2014 par Olivier Walmacq

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Genre: fantastique (interdit aux -12 ans)
Année: 1983
Durée: 1h33

L'histoire: Miriam et John Blaylock, un couple de grands bourgeois new yorkais, sont en réalité des vampires millénaires possédant le pouvoir de la jeunesse éternelle grâce à l'amour qui les unit. De leurs sorties nocturnes, ils ramènent fréquemment chez eux des inconnus afin de les agresser. Mais un jour, John commence à montrer des signes de vieillissement précoce et accéléré. Miriam contacte alors Sarah, une scientifique renommée pour qu'elle puisse trouver un moyen de stopper ce processus qui va pourtant s'avérer irréversible. 

La critique d'Inthemoodforgore:

Dans la filmographie pour le moins inégale de feu Tony Scott, on trouve quelques bons films (Top gun, True romance, Man on fire) et pas mal de mauvais (Le fan, L'attaque du métro 123 notamment). Et parmi ce barnum de films d'action, il y a eu The Hunger, de son titre français Les Prédateurs, la première oeuvre du cinéaste américain. Réalisé en 1983 et tiré d'un roman de Whitley Strieber, ce film est profondément ancré dans son époque à un point qu'on peut qualifier d'excessif, mais j'y reviendrai. 
Tony Scott fit ses premiers pas artistiques dans la réalisation publicitaire et cette influence est flagrante lorsque l'on visionne Les Prédateurs pour la première fois.

Première incursion du réalisateur dans le domaine du fantastique, Les Prédateurs a été assassiné par la critique et boudé par le public. Pourtant, au fil des années, ce film est devenu totalement culte pour certains cinéphiles, notamment dans les milieux gay et gothique. Pourquoi ? Peut être, justement, de cette atmosphère terriblement stylisée 80', peut-être de par la présence de David Bowie, acteur-chanteur au look androgyne qui était alors à l'apogée de sa carrière ou peut être encore par la célèbre scène de lesbiannisme en Catherine Deneuve et Susan Sarandon. C'est un fait, on peut dire que côté casting, Tony Scott a su s'entourer. Aux trois stars internationales déjà citées, viennent s'ajouter Cliff De Young, Dan Hedaya et Rufus Collins.
Attention spoilers: Dans son superbe appartement de New York, la très belle Miriam Blaylock (C.Deneuve) cache un terrible secret. Sous des dehors de bourgeoise oisive et désoeuvrée, elle se révèle être en fait une vampire née en Égypte il y a plus de 3000 ans. Pour se préserver des atteintes du temps et conserver une jeunesse éternelle, elle est dans l'obligation de boire, une fois par semaine, du sang humain.

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Pour cela, elle ne se sépare jamais d'un petit pendentif en forme de clé d'Ânk où est dissimulé une lame acérée dont elle use pour égorger ses victimes. Il y a de cela trois cent ans, Miriam offrit l'immortalité à son mari John (D.Bowie), mais une immortalité sous condition d'amour absolu. L'usure du temps faisant son oeuvre, le couple s'éloigne insensiblement et très vite, John donne des signes de vieillissement prématuré. Ses cheveux tombent, des tâches apparaissent sur ses mains, sa peau se flétrie...Inquiète, Miriam prend alors contact avec Sarah Roberts (S.Sarandon), une scientifique réputée, spécialiste des maladies dégénératives de la peau.
Alors que l'état de John s'aggrave de jour en jour au point de ressembler à un vieillard, les deux femmes, elles, se rapprochent peu à peu, irrésistiblement attirées l'une par l'autre. Au cours d'un après midi d'ébats amoureux, Miriam finira par mordre Sarah qui deviendra vampire à son tour. John étant mourrant, les deux femmes pourront consommer leur passion tandis que l'appartement sera la proie des flammes.

Ce fut tout d'abord Alan Parker qui a été contacté pour passer derrière la caméra. Il déclina l'offre et proposa le nom de Tony Scott. Celui ci venait de la publicité et n'avait comme expérience cinématographique que la réalisation de quelques courts métrages. On ne saura jamais à quoi aurait pu ressembler Les Prédateurs si Parker avait été aux commandes mais il faut bien avouer que l'on a de quoi rester perplexe devant le résultat final. Comme je l'ai précisé en introduction, le film est un catalogue a lui tout seul des clichés estampillés années quatre vingt.
Scott use et abuse de ralentis, de clairs obscurs, de volutes s'évaporant sur fond bleuté, sans compter une musique électro au diapason. Incroyable à quel point ce film peut paraître froid comme du papier glacé, atteignant un tel paroxysme de sophistication purement eighties qu'il en devient caricatural. L'ambiance new wave et hyper stylisée du film le fait plus ressembler à un gigantesque clip qu'à un long métrage. Il ne manquait plus que Depeche Mode sur la bande originale et le tableau eut été complet.

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Bien évidemment, tout n'est pas non plus à jeter dans ce premier essai du petit frère Scott. Parmi les points positifs, soulignons la présence judicieuse de Catherine Deneuve dont la beauté froide colle parfaitement à l'ambiance instaurée par le réalisateur. Bien que son interprétation n'atteigne pas non plus des sommets, chacune des apparitions de l'actrice française est remarquablement troublante, apportant au film un plus indéniable. David Bowie, lui, disparaît au milieu du film (impératif scénaristique oblige), laissant le champ libre aux deux interprètes féminines.
Notons que malgré leur scène sulfureuse de lesbiannisme, celles ci ne font pas preuve d'une complicité très visible à l'écran. Le personnage qu'incarne Susan Sarandon est d'ailleurs le grand sacrifié de l'histoire, apparaissant comme timoré, parfois mièvre et totalement sous le joug de l'énigmatique Deneuve. Que ceux qui attendent de l'action passent leur chemin, il n'y en a pas du tout. Le film est lent, plat et il faut attendre les dix dernières minutes pour que le fantastique fasse enfin son apparition; et encore de manière tellement aseptisée que l'on ne ressent, à aucun moment, le moindre frisson. 

Au final, Les Prédateurs laisse une impression franchement mitigée. Tony Scott en était encore à ses balbutiements et clairement, on a l'impression qu'il se livre plus à un exercice de style qu'à la réalisation d'une oeuvre de cinéma. Sûr que ce film ne plaira pas à tout le monde et son échec commercial est fort compréhensible car Les Prédateurs possède un côté too much qui, lors de sa sortie, a dû déstabiliser les spectateurs. Le culte dont il jouit dans certaines communautés ne fait d'ailleurs que renforcer son statut d'oeuvre "à part". Etrange, parfois fascinant mais dans l'ensemble, vraiment trop artificiel.

Note: 10/20


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