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[Critique] UNDER THE SKIN

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] UNDER THE SKIN

Titre original : Under the Skin

Note:

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(moyenne)
Origine : Royaume-Uni
Réalisateur : Jonathan Glazer
Distribution : Scarlett Johansson, Jeremy McWilliams, Lynsey Taylor Mackay, Dougie McConnell…
Genre : Science-Fiction
Date de sortie : 25 juin 2014

Le Pitch :
Une extraterrestre arrive sur Terre, sous l’apparence d’une belle jeune femme. Errant dans les rues de Glasgow en Écosse, elle séduit les hommes qu’elle trouve sur son chemin, avant de les faire disparaître…

La Critique (Nicolas) Note:

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: ICI

La Critique (Gilles) Note:

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:
Une sublime jeune femme manipule les hommes en jouant de ses charmes. Cette femme qui en réalité, n’en est pas vraiment une. Originaire d’un autre monde, elle décime ceux qui ont le tort de tomber dans ses filets, avant de repartir en chasse.
En 1995, c’est la sculpturale Natasha Henstridge qui, sous la direction de Roger Donaldson, dévorait ses aspirants, afin d’assouvir l’appétit vorace de la créature venue d’ailleurs qu’elle incarnait. Autant le dire tout de suite : La Mutante n’a absolument rien à voir avec Under the Skin, si ce n’est la vague ressemblance que les postulats de départ des deux films partagent. La démarche est totalement différente. Nous avons d’un côté une série B de science-fiction lorgnant vers l’horreur gore, et de l’autre une pure expérimentation cinématographique. La Mutante respecte tous les codes du genre et enfile les clichés, tandis qu’Under the Skin ne ressemble à rien de connu…

Autant savoir où on met les pieds avant de se lancer dans cet étrange voyage qu’est le dernier film de Jonathan Glazer. Un cinéaste rare, puisqu’Under the Skin n’est que son troisième long-métrage en 13 ans (le premier étant Sexy Beast et le second Birth).
Issu d’une longue gestation, adapté du roman de Michel Faber, ce troisième film brille par son refus des conventions. Et c’est le moins que l’on puisse dire, tant ce trip hallucinatoire parvient par la force d’un mépris salvateur des codes en vigueur, à acquérir une identité propre.
Under the Skin est tout à fait le genre de film que l’on adore ou que l’on déteste. Pour schématiser. Il ne peut pas laisser indifférent. Conscient de son statut résolument à part, il ne se joue jamais du spectateur en lui faisant miroiter de la science-fiction hollywoodienne tape à l’œil, et annonce la couleur dès le début et ce long et étrange prologue, enveloppé d’un silence assourdissant à peine perturbé par des bribes de mots prononcés par la voix profonde de Scarlett Johansson.
La voix précède l’image. L’image d’une Scarlett métamorphosée, à des lieues de son statut d’icône glamour. Si besoin était de démontrer l’extraordinaire faculté de la jeune comédienne à embrasser une grande variété de rôles et surtout à ne pas hésiter à se mettre en danger, Under the Skin est la preuve ultime. Le film qui illustre la formidable capacité de Scarlett Johansson à surprendre son public. Ce goût du danger qui la pousse, elle la star planétaire, à virer de bord entre deux poids lourds du box-office estampillés Marvel, pour s’aventurer dans la vision d’un réalisateur habité, permet d’emblée de donner du corps à son mystérieux personnage. Un rôle de prédatrice qui appelle un dévouement de tous les instants, en forme de transe teintée d’une sexualité clinique aussi fascinante qu’effrayante.
Nous voici donc pour ainsi dire dans la position de ces acteurs malgré eux. Comme ces hommes que « ramasse » Scarlett dans les rues de Glasgow, alors inconscients, au moment du tournage, qu’ils étaient justement en train de participer à un film. Devant une Scarlett métamorphosée, non seulement grâce ses cheveux noirs et à une tenue passe-partout, mais aussi grâce à une attitude aux antipodes de celle qu’on lui prête, ces hommes ne retiennent que le sex-appeal carnassier de cette superbe femme. Là est une partie du génie de Jonathan Glazer : filmer les gens à leur insu, en caméra cachée. Dans la rue ou dans une boite de nuit, Scarlett est livrée en pâture, bien qu’en fait, ce soit elle qui chasse.
À l’écran, cette technique pour le moins anti-conventionelle, paye. Elle confère à Under the Skin une atmosphère prégnante, palpable et dérangeante. Seule, Scarlett, cette femme sans nom, déambule au volant d’un utilitaire. Les codes sont chamboulés et les repères s’envolent. À l’instar des délires les plus poussés vus sur un écran de cinéma (on pense à Eraserhead de David Lynch), Under the Skin instaure une rythmique pernicieuse. Parfois douloureuse, parfois dérangeante, toujours hypnotique.

Paré d’intentions louables car tellement éloignées de ce qui se fait actuellement, Jonathan Glazer ne franchit pour autant jamais la ligne jaune. Cette limite entre l’œuvre d’art et le grand n’importe quoi prétentieux et fumeux. Si tant est qu’on lui laisse sa chance, il prouve au fil des minutes qu’il sait où il va. Que ce conte fantastique sur la solitude, la séduction et la détresse inhérente à la différence, n’est pas le délire mégalomaniaque d’un énième clone de David Lynch.

Présenté dans plusieurs festivals, Under the Skin a essuyé autant de louanges que de quolibets. On parie que plusieurs personnes ont quitté la salle dans laquelle vous l’avez vu ? Peut-être avez-vous quitté la salle ? Aujourd’hui, à l’heure du formatage de masse, des films comme celui-là ne courent pas les rues. Under the Skin est en cela une authentique œuvre d’art. Un long-métrage qui peut se montrer excluant ou totalement magnétique. C’est selon. Pas grand monde n’aurait pu voir venir un truc pareil. Monter un tel film n’a pas été facile et c’est normal. Aujourd’hui, quoi qu’on en pense, Under the Skin existe, et il reste recommandable à toute personne qui aime le cinéma. À ceux qui cherchent à être bousculés dans leurs convictions. Under the Skin est effrayant et troublant. Il choque et reste en mémoire. Ses images demeurent d’une beauté pénétrante, comme autant de tableaux habités par une noirceur abyssale et par une détresse insondable, magnifiés par les partitions discrètes mais bel et bien enveloppantes de Mica Levi. Lumineux, sombre, impitoyable mais néanmoins habité d’un espoir complexe, Under The Skin est appelé à faire date. Pour son message, mais surtout pour la façon dont il le délivre. Pour nous démontrer que le cinéma peut encore s’aventurer dans des contrées inexplorées. Qu’il peut perturber sans tomber dans l’excès crasseux et opportuniste. Pour Scarlett Johansson, magnifique, courageuse et perturbante, dont ce rôle on ne peut plus marquant, amène à se demander si comme son personnage, elle ne vient pas d’ailleurs…

@ Gilles Rolland

Under the Skin Scarlett Johansson [Critique] UNDER THE SKIN
Crédits photos : MK2/Diaphana Distribution

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