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Jean-Pierre Schlunegger – Reflets (1955)

Par Stéphane Chabrières @schabrieres

Jean-Pierre SchluneggerToujours ce malheureux divorce avec la vie
Certains matins de pluie quand il fait encor gris
La neige n’est plus rien qu’une amère bouillie
Et les gens sont encore à moitié endormis.

Il y a ce ciel doux d’une douceur malsaine
(Les lumières plus pâles des fermes de là-haut).
Je pense à ces chiens noirs qui dorment sur leur chaîne
Pendant que tous ces gens se rendent au bureau.

Il y a la petite au manteau d’émeraude
Pâle comme une enfant que tourmente l’amour
Jeunes filles dont le regard part en maraude
Tout ce troupeau docile errant au petit jour.

On dirait de fuyants reflets sur ces visages
Comme sur une eau calme un frisson imprévu
Qui viendrait de si loin de profondeurs si nues
Qu’on détourne les yeux pour reprendre courage.

***

Jean-Pierre Schlunegger (1925-1964)Pour songer à demain (1955)



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