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Peenemünde, vestiges de la terreur du Blitz, centre de mémoire

Publié le 30 juin 2014 par Mpbernet

Au sujet de leur histoire, il faut reconnaître que les Allemands jouent la transparence et s’efforcent d’expliquer aux jeunes générations leur passé durant la seconde guerre mondiale. Avec force de documents, beaucoup de textes et d’images jamais vues dans nos manuels d’histoire. Et ces sites du souvenir sont largement visités par des groupes de lycéens comme de moins jeunes.

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Il en est ainsi du Centre d’essais militaire de Peenemünde, qui fut entre 1936 et 1945 l’un des centres technologiques les plus modernes au monde. C’est en 1942 que la première fusée a été lancée dans l’espace. Et l’ingénieur en chef de cet énorme complexe scientifique et technologique fut un jeune homme de 27 ans, Werhner von Braun (1912 – 1977), un passionné d’astronautique dès l’enfance, qui choisit lui-même cet emplacement sur la côte de la mer Baltique.

Pennemünde a ainsi donné naissance aux V1 et V2 qui terrorisèrent Londres, Anvers, Bruxelles et Paris - en tout, 22000 V1 et 3000 V2 furent tirés - mais aussi à l’astronautique civile, aux missiles nucléaires intercontinentaux et à la course aux armements de la Guerre Froide. 

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Un site ambivalent, donc. Par sa capacité de destruction, qui aurait été cataclysmique si les chercheurs avaient pu mettre au point à temps pour Hitler la bombe nucléaire, et aussi parce que Peenemünde puis le site souterrain de Dora en Thüringe qui le remplaça après son bombardement par l’aviation britannique en août 1943 ont causé beaucoup plus de morts parmi les ouvriers qui y ont travaillé – ingénieurs, travailleurs volontaires, travailleurs forcés, prisonniers et déportés – que de victimes civiles sous les bombes, relativement peu précises et peu chargées en explosifs. Car environ 20 000 travailleurs forcés étaient employés ici à la production des armes nouvelles Dont la fonction primordiale était la propagande pour faire tenir les Allemands.

L’exposition permanente sur les origines de la recherche spatiale, et son application militaire par les « armes de représailles » dont on voit un exemplaire V1 avec sa rampe de lancement et une fusée V2 – les peintures en damier reprises par Hergé servaient à repérer le comportement de l’engin filmé dans le ciel – est organisée dans les ruines de  l’immense centrale thermique qui servait à fournir l’énergie au centre d’essais. L’usine électrique fut après la guerre récupérée par la RDA, son équipement démonté vers l’URSS, puis remise en service.

Quelque part, je sais que mon père fut « débriefé » à son retour de Poméranie en mars 1942 et que les renseignements qu’il put transmettre aux Alliés, recoupés, étudiés, participèrent parmi des milliers d’autres, à la localisation puis à l’anéantissement de ce centre, même si la production des « armes secrètes » continua au nord de Berlin jusqu’à la fin du conflit.

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