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Le diable par la queue - 6/10

Par Aelezig

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Un film de Philippe de Brocca (1969 - France) avec Yves Montand, Madeleine Renaud, Jean Rochefort, Maria Schell, Marthe Keller, Xavier Gélin, Clotilde Joano, Jean-Pierre Marielle, Claude Piéplu

Gentillet.

L'histoire : Une famille d'aristocrates désargentés dans leur château qui tombe en ruines. Il y a la grand-mère, la chef ; le fils, son épouse et sa fille ; et puis la cousine orpheline. Ils louent des chambres pour joindre les deux bouts, mais les clients sont rares. Mamie invente un nouveau stratagème, l'amoureux de sa petite-fille, garagiste, va trafiquer les voitures de ceux qui viennent faire le plein le soir... et hop, ni vu ni connu, leur proposera les services du château pendant qu'il répare le véhicule. La combine fonctionne à merveille, le château fait le plein... Mais parmi les hôtes, arrive un gangster en cavale, au charme insolent, et surtout doté d'une mallette pleine de billets... qui ferait bien l'affaire de la famille.

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Mon avis : Une plaisante comédie comme on en faisait dans les années 60/70. C'est mignon, c'est léger, c'est enlevé, c'est un tout petit peu coquin (les filles ne sont guère farouches... l'émancipation de la femme a commencé !). Les nombreux personnages, tous plus farfelus les uns que les autres, et fort bien dessinés, donnent le ton et les comédiens se régalent. Nous un peu moins. Y a tout de même pas de quoi s'esclaffer toutes les cinq minutes et au bout d'une heure on trouve le temps long. Yves Montand a beau faire son grand numéro, avec son accent du midi, on a l'impression d'avoir vu ça cent fois. Et... on a vu ça cent fois.

Ce que je retiens, c'est surtout la prestation de Madeleine Renaud. Quelle merveilleuse vieille dame (elle avait 66 ans sur ce tournage), quelle merveilleuse actrice ! Pétulante, vive, drôle, expressive, elle est largement au-dessus de la mêlée et mène tout ce petit monde à la baguette, pour notre plus grand plaisir. Ce qui est curieux... c'est que pendant tout le film, elle m'a fait penser à Audrey Lamy ! Même visage pointu et silhouette menue de petite souris, mêmes mimiques, même gestuelle. A croire qu'Audrey l'a eue comme prof de théâtre (impossible, quand Madeleine est morte, Audrey avait treize ans) ! Dingue. Mais je préfère Madeleine, parce qu'en plus de la drôlerie, elle a une sacrée classe.

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J'ai aussi aimé... le château. Il faut dire que je suis passionnée d'architecture (je me répète, non ?) et les différentes vues, extérieur et intérieur, m'ont bien divertie ; je cherchais le style car, contrairement à beaucoup, il affiche une assez belle unité ; je dirais fin de la Renaissance, début du baroque "français", c'est-à-dire mâtiné de néo-classique ; très intéressant. Ah, je rêve d'un château comme ça, à moitié délabré, et de le faire revivre comme du temps de sa splendeur passée... Tiens, pendant que j'y pense, pour ceux que ça intéresse, je vous mets un lien vers mon blog d'archi : un billet que j'ai récemment écrit sur une famille merveilleuse qui restaure des châteaux. Faut bien que je leur fasse un peu de pub. C'est trop bien, ce qu'ils font.

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Revenons au film. Un point aussi pour le costumier, Jacques Fonteray, et son festival de tenues pop acidulées de la fin des 60's et style "châtelain", alternant Moyen-Age et XIXe !

Donc... le film, bof. Mais Madeleine et le château*, ça le fait.

* Château de Fléchères (Ain) : Construit de 1610 à 1616, en une seule fois. J'ai tout bon !


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