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Ave Regina Colerum de Guillaume Dufay

Publié le 19 mai 2008 par Philippe Delaide

Le troisième volume que l'ensemble Cantica Symphonia consacre à Guillaume Dufay, complète l'ensemble de motets déjà enregistrés dans le volumes précédents (cf. note du 18 juin 2007 sur le volume II). Giuseppe Maletto, avec son ensemble vocal et instrumental, résussit à nouveau à nous faire pénétrer de façon exemplaire l'univers fascinant du maître français de la polyphonie.

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Je reconnais volontiers le travail d'une précision exceptionnelle réalisé par cet ensemble. Mon tout petit reproche reste le fait que je m'attende sur ce type de répertoire à une approche plus intériorisée, presque plus spirituelle. Les qualités vocales du Cantica Symphonia sont indéniables. Comme le dite justement Gisueppe Maletto dans un intéressante interview du Diapason de mai réalisée par David Fiala (pages 16 et 17), cet ensemble a au moins le mérite d'apporter une expressivité toute méridionale qui vient bien contrebalancer l'austérité à laquelle les ensembles anglo-saxons nous ont habitués sur ce répertoire. J'attendrais toutefois plus de plasticité, moins de dureté dans les timbres, comme dans la ligne mélodique. Il y a comme quelque chose d'acidulé dans la couleur vocale et instrumentale de cet ensemble qui tent un peu à m'irriter sur la durée...

Ce dernier volume est surtout à retenir pour une restitution impressionnante de l'un des motets les plus puissants de Guillaume Dufay : Ave Regina Colerum, et, surtout, le dernier, Ave Regina Celorum / Miserere Tui Labentis complètement a cappella et sur lequel l'ensemble Cantica Symphonie imprime une tension extrême. Prodigieux.

Les autres motets passent par une multitude de climats sonores, avec quelques audaces harmoniques comme celles du motet O proles Yspanie.

L'Ave Virgo, Que De Celis est très révélateur des mystères de cette musique, à la frontière du Médiéval et de la Renaissance.

Comme toujours chez Glossa, la qualité d'enregistrement est impeccable. L'espace sonore est ample sans excès de réverbération.

"Supremum est mortabilus bonum" - Intégrale des motets de Guillaume Dufay - Cantica Symphonia - Direction Giuseppe Maletto - Label Glossa.


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