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« Je dédicace mes voyages à l’ASSE partout dans le monde »

Publié le 02 juillet 2014 par Caraporters @Caraporters

Trocadero

Riwan, supporter de l’AS Saint-Étienne, déploie sa bâche d’ultra dans tous les lieux emblématiques de ses voyages pour déclarer sa flamme à son club et à sa ville natale. Il est le nouvel « invité de Caraporters ».

Nous avons fait la connaissance de Riwan lorsqu’il avait participé à notre jeu « Les Voyages en ballon/So Foot/ ASSE » en avril dernier. L’ultra stéphanois avait terminé à la deuxième place derrière un supporter lensois avec une photo surprenante : il s’était fait photographier avec une bâche dans le Grand canyon (USA). Nous avons voulu en savoir plus…

Riwan, qui es-tu ?
Je suis né à Saint-Étienne il y a 23 ans et ma famille vit à Roche-la-Molière, dans la Loire. L’année dernière, j’ai obtenu une maîtrise à Sciences Po à Lyon 2. Ça m’a permis de partir un an à la fac de Chicoutimi, au Québec, dans le cadre d’un échange international avec mon école. J’ai réussi ma maîtrise là-bas avec mon séminaire de fin d’études qui portait sur la « typologie des violences autour du football ». Je suis revenu du Québec début juin, et je vis à Lyon où je reprendrais mes études puisque j’ai été accepté en Master 2 gestion management des organisations sportives à Lyon 1. En attendant, je vends des chaussures…

Quand as-tu commencé quand à supporter l’AS Saint-Étienne (ASSE)?
Lors de la saison 1998-1999. Mon père m’avait emmené voir ASSE-Guingamp, un match de championnat de Ligue 2, au stade Geoffroy-Guichard. Il y avait eu 0-0. Mon père était fou de l’ASSE, même si ma famille est originaire de Marseille donc très fan de l’OM. En fait, c’est mon grand-père algérien qui était venu à Saint-Étienne pour travailler dans les mines. Je suis fier de mes racines algériennes même si je suis français.

Saint Etienne

Que penses-tu du parcours de l’Algérie en Coupe du monde justement ?
La Coupe du monde représente tellement de choses pour les Algériens ! C’est une fierté et en même temps une grosse déception par rapport à tous les événements qui ont entouré les matches de l’Algérie en France. Je me suis réveillé avec la gueule de bois. Ces violences étaient une honte. Tout ça à cause d’une poignée d’imbéciles, alors que l’immense majorité des Algériens avait eu une attitude irréprochable.

 Et si la France avait rencontré l’Algérie, qui aurais tu soutenu ?
Je suis avant tout un supporter de l’Équipe de France, mais, paradoxalement, j’aurais peut être eu un penchant pour l’Algérie parce que battre la France aurait été une victoire immense sportivement. Mais sincèrement, l’Allemagne était bien au-dessus de l’Algérie. Je vois bien une finale Pays-Bas/Allemagne ou Pays-Bas/France.

Qui aurais-tu préféré voir champion du monde: le gardien stéphanois d’origine basque Stéphane Ruffier ou bien le défenseur napolitain d’origine stéphanoise Faouzi Goulham ?
Franchement, ça aurait une fierté de voir un gars de Montreynaud (un quartier de Saint-Étienne, NDLR) soulever la Coupe du monde. D’ailleurs, c’est génial de voir Goulham réussir dans un grand club européen. Jeune, il était bien meilleur que Loïc Perrin (le capitaine de l’ASSE, NDLR). Stéphane Ruffier, c’est pas un vrai stéphanois. En tous cas, pas encore.

Où as-tu vécu les débuts de la Coupe du monde ?
En Amérique centrale. À la fin de mes études au Québec, je suis parti au Costa Rica. Le foot là-bas, c’est un truc de fou ! Ils sont tous convaincus qu’ils vont aller très loin.

Pour revenir à l’ASSE, jusqu’où étais-tu capable de suivre ton équipe ?
J’ai été abonné pendant deux ans, mais en fait, même non abonné je suis allé voir tous les matches à Geoffroy-Guichard pendant huit ans, dans le kop nord, puis le kop sud. Avant de partir au Québec, je faisais aussi en général 4-5 déplacements par an. Je me considère comme un supporter « à l’anglaise », c’est à dire proche du noyau ultra et proche du folklore qui entoure le football. Je n’aime regarder les matches que dans une tribune populaire. J’aime les fumigènes, les drapeaux…

« Je dédicace mes voyages à l’ASSE partout dans le monde »
« Je dédicace mes voyages à l’ASSE partout dans le monde »
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« Je dédicace mes voyages à l’ASSE partout dans le monde »
« Je dédicace mes voyages à l’ASSE partout dans le monde »

Ton meilleur souvenir avec l’ASSE ?
Le 4-0 à Geoffroy-Guichard contre Monaco qui nous qualifie pour l’Europa League en 2008 et la victoire 1-0 au Stade de France contre Rennes en finale de la Coupe de la ligue l’année dernière. Tout ce qu’il s’est passé à Paris le jour même et le lendemain à Sainté était énorme. Sur les Champs-Élysées, il y avait des Japonais qui nous prenaient en photo. Et enfin, après plus de trois décennies d’attente, on pouvait dire : « on a gagné ». L’ASSE, c’est la vitrine de la ville. On avait un complexe d’infériorité par rapport à Lyon depuis quelques années.

Plus que l’ASSE, on te sent très fier de ta ville…
C’est sûr, même si, aujourd’hui, Sainté a perdu un peu de son âme en devenant une ville comme les autres. Le côté « prolo » a pas mal disparu.

Quelle est l’importance du « soccer » au Canada ?
Avec les ultras de Montréal, j’ai eu l’occasion de faire des déplacements, à Boston notamment. Montréal est très en avance par rapport aux autres en Amérique du nord. Bon, après, c’est pas l’Europe ou l’Amérique du sud et le football n’a pas d’impact sur les villes.

Ils connaissent l’ASSE là-bas ?
A partir du moment où le football est loin d’être le sport numéro 1, non. Sauf dans les milieux ultras. À Montréal, ils connaissent tous l’ambiance du « Chaudron » (le surnom du stade Geoffroy-Guichard, NDLR). Mais j’ai quand même vu des maillots de l’ASSE sur la côte ouest du Canada. J’ai aussi vu un drapeau de l’ASSE dans un bar à New York.

Raconte-nous maintenant pourquoi te faire photographier avec tes deux bâches de supporter ultra à travers le monde comme le nain dans « Amélie Poulain ». D’où vient l’idée des messages déjà ?
Sur ma première bâche, j’avais écrit « On est Sainté, et vous, vous êtes qui putain ? ». Cette phrase vient de Zlatan Ibrahimovic qui avait répondu un jour à un journaliste « Moi je suis Zlatan, et vous vous êtes qui putain ? ». Je trouvais cette phrase arrogante très drôle en fait, et j’ai voulu faire passer le même message pour montrer mon attachement à ma ville, comme un symbole.

J’ai commencé à voyager à travers l’Europe avec cette bâche et mes potes lors d’un voyage avec InterRail et j’ai fait ma première photo sur la place principale de Cracovie. D’ailleurs, pour une première, ça a failli mal tourner parce qu’il y avait des ultras du Wisla Cracovie, qui jouait ce jour-là en Europa League, qui croyaient que je venait les chambrer. J’ai ensuite fait des tas de photos dans les pays d’Europe que j’ai traversés avec cette bâche à partir de 2011, en Espagne, Suisse, Italie, Allemagne, Belgique, Angleterre, Écosse, Suède, Danemark, République tchèque, Hongrie, Croatie, Slovénie, Autriche… J’ai ensuite traversé l’Atlantique, j’ai dû faire une trentaine de pays en tout.

Suisse

Qu’est devenue cette première bâche ?
Je l’ai perdue à New York en octobre dernier, à Brooklyn, lors d’un match de basket entre les Nets et les Pistons de Détroit. Je l’avais laissé un moment sur mon siège et la sécurité avait dû me la mettre à la poubelle pendant que je m’étais absenté. J’étais dégoûté. Du coup, j’en ai fait une deuxième que j’ai toujours, où j’ai écrit « Sainté, souvent tu me saoules, mais quand je te quitte tu me manques ». Elle représente aussi beaucoup de choses pour moi, de nostalgie quand j’ai dû quitter ma ville de coeur pendant un an. Le message vient d’une parole d’un groupe de rap, L’Entourage. Je n’ai jamais lavé cette bâche et je l’ai même mise à la fenêtre de mon balcon à Lyon.

Hormis à Cracovie, tu n’as jamais eu de souci pour prendre des photos avec ta bâche ?
Rarement. Une fois à Londres dans le quartier du club d’Arsenal, un Anglais a voulu me la piquer, mais il n’y est pas arrivé. Il était bourré en fait. À Sainté, un de mes potes avait réussi à échapper à la vigilance de la police et mis la bâche sur les murs de la préfecture lors du défilé des joueurs le lendemain de la victoire en coupe de la Ligue. Sinon, au stade Vélodrome, on m’avait confisqué ma première bâche que les stadiers avaient trouvé « insultante ». On me l’a rendue à la fin du match. Mais à Geoffroy-Guichard, je n’ai jamais eu de problèmes avec les deux groupes ultras qui m’ont toujours laissé mettre ma bâche, notamment en déplacement. Ils me prêtaient même du scotch pour que je puisse la mettre. Les ultras stéphanois m’ont toujours respecté, et j’ai beaucoup de respect pour eux. Puis, mes potes ultras qui étaient à Sainté me rendaient des hommages drôles au stade pendant mon séjour aux USA, ils affichaient une bâche « Riw présent » (son surnom, NDLR).

Y’a t-il des endroits où tu n’as pas pu prendre de photos ?
Non, aucun. Il y a juste à Liverpool où je n’ai pas voulu en prendre parce que je respecte trop ce club. Je suis allé voir trois matches à Anfield (le stade du FC Liverpool, NDLR) et je ne voulais pas faire de l’arrogance par rapport à ce club, même si ma première bâche, c’était de la fausse arrogance. Liverpool, c’est comme Saint-Étienne. D’ailleurs, ils ont un slogan qui dit « Liverpool, tu ne seras jamais mon ex ». Moi, c’est pareil, Sainté ne sera jamais mon ex.

Quels sont tes prochains projets de voyages et de photos ?
J’aimerai retourner en Algérie. Sinon, j’ai pour projets d’aller à Moscou et Istanbul cette année. Et de suivre les déplacements européens de l’ASSE évidemment.

« Je dédicace mes voyages à l’ASSE partout dans le monde »
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