Magazine Cinéma

[Critique] BIG BAD WOLVES

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] BIG BAD WOLVES

Titre original : Big Bad Wolves

Note:

star [Critique] BIG BAD WOLVES
star [Critique] BIG BAD WOLVES
halfstar [Critique] BIG BAD WOLVES
blankstar [Critique] BIG BAD WOLVES
blankstar [Critique] BIG BAD WOLVES

Origine : Israël
Réalisateurs : Aharon Keshales, Navot Papushado
Distribution : Lior Ashkenazi, Rotem Keinan, Tzahi Grad, Guy Adler, Doval’e Glickman…
Genre : Thriller/Drame/Comédie
Date de sortie : 2 juillet 2014

Le Pitch :
Une série de meurtres effroyables secoue la population d’une ville israélienne. Plusieurs fillettes ont en effet été kidnappées et tuées par un mystérieux individu. Alors que tout désigne un homme en particulier, mais qu’aucune preuve concrète ne vient confirmer sa culpabilité, un flic décide de franchir la ligne jaune au nom de la justice. De son côté, le père de l’une des victimes opte pour la justice expéditive en séquestrant le présumé coupable afin de lui faire avouer ses meurtres…

La Critique :
La promo de Big Bad Wolves ne tient qu’en quelques mots : « Sensationnel. Le meilleur film de l’année. » Une critique ultra élogieuse qui a permis à un film à priori condamné à atterrir directement dans les bacs dvd, de s’imposer sur grand écran. Et ce n’est pas d’un journal dont est issue cette critique. Cette critique, on la doit à Quentin Tarantino. Normal donc de mettre les mots de Tarantino en avant et finalement, peu importe si son avis ne cristallise pas l’ensemble des retours concernant Big Bad Wolves. Tarantino, le mec de Pulp Fiction et de Reservoir Dogs, le cinéphile hardcore, a adoré le film. Une pub on or massif donc, qui permet aux réalisateurs Aharon Keshales et Navot Papushado de se voir propulsés, à l’occasion de leur deuxième livraison, à une place privilégiée. Une bonne nouvelle pour le cinéma israélien (après tout, ce n’est pas si souvent qu’un long-métrage israélien se retrouve à l’affiche des multiplexes) que ce parrainage aussi soudain que prestigieux. Une bonne nouvelle mais aussi la possibilité d’une potentielle déception. Ce qui est malheureusement le cas ici.
Il est probable que les fans les plus fidèles de Tarantino se jettent sur Big Bad Wolves, ne serait-ce que par curiosité. Tous vont-ils trouver ça sensationnel ? Peu probable. Non pas que ce thriller mi-figue mi-raisin soit mauvais. À vrai dire, il est plutôt pas mal. Mais c’est tout.

Les influences de Keshales et Papushado (réalisateurs de Rabies en 2010) sont claires. Old Boy, Memories of Murder, J’ai rencontré le diable et bien sûr Tarantino. Celui des débuts. De Reservoir Dogs tout particulièrement. Des influences claires, lisibles et louables, pour une œuvre largement basée sur un mix de tonalités antinomiques. En clair, on passe du rire à l’effroi en un clin d’œil et jamais Big Bad Wolves ne verse dans le drame pur et dur.
Un parti-pris certes burné, mais difficile à assumer jusqu’au bout quand on parle d’un pédophile torturé par le père de l’une de ses victimes. Et si les films cités par les réalisateurs arrivent à assumer pleinement leur tonalité particulière, ce n’est pas vraiment le cas de Big Bad Wolves.
Prenons par exemple le père de cette petite-fille kidnappée puis assassinée. Le père voit le corps de sa fille dans les bois puis cherche à se venger. Interprété par le pince sans rire Tzahi Grad, ce personnage ne se laisse jamais aller au désespoir. Le plaisir qu’il semble éprouver en fracassant la main du coupable présumé avec un marteau est évident, mais la tristesse qu’il est censé ressentir après la disparition de sa fille, beaucoup moins. Y compris quand il évoque, au détour d’une scène plus posée, le caractère vain de son existence après ce drame.
Idem pour le personnage du flic. Lui, c’est carrément le plus comique du lot. Certes drôle, Lior Ashkenazi peine à traduire l’urgence de ce père soucieux de rayer de la carte un agresseur qui pourrait s’en prendre à son propre enfant. Trop désinvolte, il est à l’image du film dans son intégralité. Le sujet est grave, le ton ne l’est pas, et si on voit où les réalisateurs veulent en venir, on voit aussi très bien qu’ils n’y arrivent pas.
Alors qu’est ce qui a pu plaire à Tarantino pour qu’il aille déclarer qu’il s’agit là du meilleur film de l’année ? Parce qu’en fait, il ne s’agit même pas du meilleur film du mois.
On peut imaginer que cette insolence, et le côté furieusement décalé de certaines situations ont tapé dans l’œil du papa de Jackie Brown, et que ce dernier a du être surpris par un film qui dénote franchement.
Oui, tout cela est vrai. Cette déclinaison maligne, mais moins qu’elle prétend l’être, des 3 Petits Cochons et du Grand Méchant Loup, n’est pas dénuée de qualités. Sur le papier surtout. C’est ici la mise en œuvre qui pêche. La rythmique aussi, qui n’arrive pas à garder l’ennui à distance. Au point de faire de Big Bad Wolves un film parfois trop anecdotique. Trop bancal. Une œuvre qui déboule trop tard, en ne parvenant jamais réellement à transcender ses influences. Ce cocktail voulu détonnant, de violence frontale et d’humour ironique, est trop tiède. La caractérisation des personnages ne s’avère pas convaincante et la scénographie reste pauvre. De plus, tout est assez prévisible. Dommage…

@ Gilles Rolland

Big Bad Wolves photo [Critique] BIG BAD WOLVES
Crédits photos : Metropolitan FilmExport

Comédie critique Doval'e Glickman drame Guy Adler Lior Ashkenazi Navot Papushado Rotem Keinan thriller Tzahi Grad

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Onrembobine 57561 partages Voir son profil
Voir son blog

Magazines