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Sleep Party People – Floating

Publié le 18 juillet 2014 par Sywebzine @Saturdays_Youth

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On décrit souvent certains nouveaux albums qu’on essaye de nous vendre comme « rêveur », « onirique ». Il est assez surprenant de voir que des personnes s’y tiennent véritablement lorsqu’il s’agit de parler de « dreamy music« , dégageant toute farce, ou piège mielleux, laissant place aux rêves hantés. Sleep Party People ont des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’ils les poursuivent.

Les danois de Sleep Party People ne font rien comme tout le monde. Après deux albums d’une tristesse brillante (Sleep Party People et We Were Drifting On A Sad Song) le projet échappé de l’imagination de Brian Batz, repart sur les flots avec « Floating ». Après s’être acoquiner à San Francisco avec Jeff Saltzman (The Killers, Morrisey & Blondie) et Mikael Johnston (The Sounds, Jane’s Addiction) à la production, et quatre semaines de travail incessant, il revint finaliser son album à Copenhague l’hiver dernier. Batz déclarait quelques mois plus tard : « L’impression et le son sur cet album est différent des deux autres que vous avez pu écouter, mais je pense que vous pourrez toujours entendre ma façon d’écrire. Il est entièrement organique, tout à été composé analogiquement, je voulais que ça sonne bien plus comme un groupe qu’un one-man project cette fois» à l’annonce de l’album. Fini le all-by-myself donc mais le projet reste toujours bien raccord avec sa marque de fabrique sonore. La musique du groupe évolue vers des coins bien sombres (« Death Is The Future ») dissimulant à peine la luminosité de leurs morceaux. Le plus surprenant est d’entendre pour la première fois la voix naturelle de Batz (ressemblant par moment étrangement à celle d’Andrew Wyatt, leader de Miike Snow), qui n’aurait pu rendre les morceaux plus touchant. Un challenge « organique » éprouvé et approuvé (même si au fond avec le très classique « Only a Shadow », la voix vocodée fait toujours son effet).

On garde en nous cette impression de tomber loin dans les abysses qui se distille dans des vapeurs de clairs-obscurs dont seul Baltz semble détenir la formule savante. Le monde « Floating » est bien plus morne que les décors qui ont pu flotter dans nos têtes à l’écoute des disques précédents, en partie du au côté très lynchien de certaines mélodies (« In Another World »). Même si Sleep Party People renchérissent leur poursuite éternelle de chimères, ils le font en grand. « Quand on tue de grands rêves, il coule beaucoup de sang » disait Kundera. 


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