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Johnny s'en va-t-en guerre - 8/10

Par Aelezig

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Un film de Dalton Trumbo (1973 - USA) avec Timothy Bottoms, Donald Sutherland, Kathy Fields, Jason Robards, Diane Varsi

Sidérant.

L'histoire : Première guerre mondiale. Le jeune Américain Johnny Bonham part guerroyer en France ; dans les tranchées, un obus explose auprès de lui. Nous le retrouvons dans un hôpital, caché par un drap. Le médecin dit qu'il est en état de mort cérébrale, mais il veut pouvoir l'observer encore et encore pour peut-être faire avancer la science, face à des cas comme lui. Car Johnny est totalement défiguré. Il n'a plus de bras, plus de jambes, il est aveugle, sourd et muet. Mais il n'est pas vraiment dans le coma, personne ne le sait... Il comprend, au toucher, aux vibrations, tout ce qui se passe autour de lui et il est terrifié de ne pouvoir communiquer... Dans son cerveau, les souvenirs affluent, rêves et cauchemars aussi. Quelle sera sa vie désormais ? Est-il réellement en vie d'ailleurs, puisque les autres le disent quasi mort ?

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Mon avis : Très original, très puissant et un message extrêmement fort. Le début est très dur, avec ces médecins qui parlent de Johnny comme si c'était un paquet de viande, brrr...

Plus on va vers la fin, plus le coeur se serre, et le dénouement est carrément bouleversant. Violent réquisitoire contre la guerre et ses horreurs, mais aussi contre certaines dérives de la médecine... le film reste parfaitement d'actualité en élargissant le débat à l'euthanasie et à la libre volonté pour chacun d'en finir. Tout en appuyant bien là où ça fait mal : oui, mais on ne peut pas tuer (scène où le médecin chasse l'infirmière...).

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La mise en scène est totalement onirique puisque c'est Johnny qui parle, dans son enfermement. Ses pensées se mélangent, ses souvenirs ressurgissent, le rêve s'en mêle ou s'emmêle... On y retrouve les parents, la fiancée, mais aussi le Christ (qui s'aperçoit qu'il n'a lui-même pas toutes les réponses aux questions de Johnny...), des palais grecs en ruines et des licornes, des "monstres" dans des cirques... La vie réelle (mais est-ce la vie ?) est en noir et blanc, la vie rêvée est en couleurs.

Extraordinaire, très dur (on assiste à une sorte d'agonie mentale) et très évocateur (on ne voit jamais les blessures). Le film vous hante longtemps...

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Il m'a fait penser à deux oeuvres magnifiques en particulier : la très académique (mais pas que) Chambre des officiers, ses gueules cassées, et la douce infirmière qui apporte chaleur et réconfort ; et le très baroque Diables, ses décors oniriques, et son symbolisme. Mais aussi, dans une certaine mesure, Elephant man, son visage déformé, caché, son désir de vivre au grand jour, l'ambiance freaks... Ou encore Le scaphandre et le papillon, bien sûr, au niveau du thème central. Que du lourd, en somme ! Johnny s'en va-t-en guerre est comme un mélange de tout ça.

Magnifique, très personnel, extrêmement sensible. 

C'est le seul film réalisé par Donald Trumbo et c'est une adaptation de son propre roman.

Cet article a été programmé car je suis absente jusqu'au 28 juillet. Je répondrai à vos commentaire dès mon retour.


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