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"Cutter's way" : faux thriller existentiel et paranoïaque / reprise en salles

Par Vierasouto


01 - 07
2014
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PITCH.
Une nuit à LA, un vendeur de bâteaux manque de se faire écraser par une voiture qui s'échappe. Le cadavre d'un jeune fille retrouvé dans une poubelle, on l'accuse du meurtre...



NOTES.
Une nuit à LA. Richard Bone, qu'on présente gigolo d'abord sortant du lit d'une femme mature, après une soirée arrosé au "El Elcanto" avec son ami Alex Cutter, tombe en panne dans une ruelle sombre de LA : figure du film noir, la rue sombre, la pluie, l'image brumeuse. Cette nuit-là, une luxueuse voiture manque de l'écraser, Rich sort de sa propre voiture et découvre des talons hauts sortant d'une poubelle. Il s'agit du cadavre d'une Pom Pom girl de 17 ans. Accusé du meutre, dans un premier temps, Bone est rapidement innocenté. Mais il croit avoir reconnu le magnat JJ Cord.
Richard Bone, play-boy désabusé, vit partiellement chez Alex Cutter et son épouse. Alex, le vétéran, infirme, caractériel, violent. Mais Mo, la femme d'Alex, femme brisée qu'on découvre en robe de chambre, buvant au goulot une bouteille de vodka, a un charme indéfinissable. Aimée des deux hommes, Alex et Richard, elle subit avec un certain cran la dégradation physique et mentale de son mari depuis son retour de la guerre. Pourtant, jusqu'au drame qui coupe le film en deux, Mo va rester fidèle à Alex. S'est-elle suicidée après avoir accepté de coucher avec Rich dans une sorte d'acte désespéré? Ou le puissant JJ Cord, qu'on soupçonne des meurtres de jeunes femmes, a-t-il mis le feu à sa maison?
TWITTER.
 @Cine_maniac  (8 juin)

"Cutter's way" (reprise 25 juin) #CEFF2014 (13 juin) : +1 film existentiel parano qu'1 thriller (Jeff Brigdes 1981 ts sexy), on reste perplexe"


photos Carlotta

ET AUSSI...
Contrairement aux apparences, ce n'est pas un thriller ni même un film noir mais un film existentiel paranoïaque sur l'impossible réinsertion d'un vétéran du Vietnam, revenu infirme et névrosé. C'est aussi une histoire d'amitié et d'amour de deux hommes pour la même femme. Le fil de l'enquête sur la mort de la Pom Pom girl, visiblement assassinée par l'homme puissant de la ville, JJ Cord, dont le directeur est à la fois le protégé et la victime (il aurait tué autrefois son père pour mettre la main sur la Marina), est un prétexte : ce meurtre ignoble n'intéresse pas beaucoup le réalisateur, focalisé ici sur les relations du vétéran avec une société qui l'a démoli et qu'il vomit. Alex veut régler ses comptes avec le symbole du pouvoir, JJ Cord, mais lesquels?
Les images typiques du film noir sont insérées par ci par là dans le film, la rue noire, l'ambiance enfumée du commissariat, quelques scènes isolées servant un peu de caution mais tout cela ne fait pas un film homogène, première déception.
L'acteur (John Heard) qui joue Alex en fait des tonnes, seconde déception, surjouant, vitupérant, hurlant, il perd en crédibilité, dommage... Mieux, Rich, interprété par l'indolence sexy d'un Jeff Bridges période 1981 (il venait de tourner "La Porte du paradis"), à la fois lâche et compassionnel, son brushing doré, son hâle Californien, son addiction triste au sexe et, surtout, son absence de centre d'intérêts dans la vie, un homme moralement vide que va remplir, in extremis, l'amitié et l'amour qu'il porte à Alex et Mo afin de participer à une expédition punitive qui a perdu son sens. Pourtant, le ton existentiel et mélancolique, le témoignage des traumatismes des vétérans de la guerre du Vietnam, le portrait de tous ces marginaux qui dérangent la société, salissant l'image idéalisée de la partie US, est intéressant. Troisième bémol, malgré la qualité des dialogues, le film est trop bavard, le verbe prend trop de place.
Le réalisateur, un peu oublié, Ivan Passer est un contemporain de Milos Forman, réfugié, comme lui aux USA. En 1971, début de sa période américaine, il tourne "Né pour vaincre" sur le quotidien d'un junkie, encore un personnage fracassé...

 
DIFFUSION.


Reprise en version restaurée le 25 juin 2014 (Carlotta)
En avant-première au CEFF le vendredi 13 Juin (à 18h au cinéma UGC Georges V). lire le programme du Champs-Elysées Film Festival (11/17 juin)
ici...
Post du 9 juin 2014

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Mots-clés : avant-Premières, Cinéculte, CinéFestival, CEFF 2014, cinéma américain, , Ivan Passer

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