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Ne venez pas à Venise pour ça !

Publié le 31 juillet 2014 par Oliaiklod @Olia_i_Klod

Cela commence avec les ponts du mois de mai, et se prolonge tout l’été… circuler à Venise pour quelqu’un qui doit tenter d’y vivre normalement (d’y survivre serait un terme plus juste), relève d’une aventure surhumaine, et demande une quantité extraordinaire de patience et la nécessité de, constamment, prendre sur soi.

Venise l'été

Quand nous sommes dans la Venise estivale, nous trouvons que les moutons de nos montagnes des Alpes sont infiniment plus civilisés que les touristes des temps modernes.

Dès la fin du mois de juin, tout vénitien, de naissance ou de cœur, comprends que tenter d’utiliser les transports en commun est un défi qu’il est préférable d’oublier.

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Dès le milieu de la matinée, nous commençons à subir des groupes, affalés sur les banques des fondamente, vautrés sur le marches des ponti, et qui sortent leur repas du sac (pas question d’acheter quoi que ce soit à Venise) pour faire leur agapes en plein milieu de nos voies de circulations, sans se soucier des difficultés qu’ils causent.

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Et entre 11 et 14 heures, on pourrait croire que le monde entier est venu déballer son casse-croute dans cette belle ville.

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Certains, désormais sont encore mieux organisé et ont, visiblement prémédité leur crime : ils emportent même leur nappe vichy pour pique-niquer sur la plus belle place du monde, en dépit des pictogrammes d’interdiction affichés sur les poubelles près d’eux.

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Et, ne pensez pas que la rusticité des mœurs est l’apanage des classes défavorisées, les nouveaux riches et les parvenus ont conservé les manières de manants qu’ils avaient à leur naissance. L’éducation et le respect ne sont pas liées à la fortune.

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Donc, chaque jour nous assistons à ce spectacle désolant d’une société de con-sommation, en plein décomposition de ses mœurs. A Venise plus qu’ailleurs, nous comprenons à quel point notre civilisation de l’égoïsme et du capital est pervertie, comme toute société en déclin. La véritable crise est bien celle des valeurs humaines et humanistes.

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Nous ne sommes pas les seuls à voir et subir cela, et d’autres amis vénitiens, notent également un relâchement des moeurs, jusque dans la tenue et les attitudes inconvenantes, comme le montre ce reportage d’Enzo Pedrocco !

Et comme vous pouvez le constater, nous ne pouvons être taxés de raciste : toutes les nationalités de la terre se comportent de la même manière quand ils sont à Venise, y compris à la porte des lieux sacrés.

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Après avoir souffert le jour, nous espérions que, passé 18 heures, quand les hordes de touristes low-cost apportées par les magnats du tourisme de masse seraient reparties dans leurs cages à lapins des hôtels "touristiques" ; nous pensions donc que nous retrouverions notre Venise "à nous", et que nous pourrions enfin vaquer à notre vie, normale…

Et voilà que désormais, Venise la nuit se transforme en auberge aux étoiles avec des campeurs sans scrupules…

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… ou en véritable cour des miracles qui nous ramène, des siècles en arrière, à l’époque du Moyen-Âge quand le cœur des cités du Vieux Monde n’était que porcherie et insécurité :

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Une fois que ces "touristes" sont partis, eux qui n’ont rien acheté sinon de quoi s’enivrer, eux qui n’emportent aucun souvenirs de la sérénissime cité lagunaire, ne manquent pas de nous laisser les traces de leurs passage, et les souvenirs de leur incommensurable manque d’éducation :

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Cela s’ajoute de plus en plus, et désormais, presque chaque jour la presse locale se fait l’écho de ces "mauvais touristes" qui dégradent le patrimoine de l’humanité.

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De quoi donner des arguments à celles et ceux qui réclament, depuis des années, que l’accès à Venise soit limité par un numero chiuso (voir cet article écrit en 1987). Nos lecteurs ne s’étonneront donc pas si un jour, ce que nous avions écrit dans notre poisson du 1er avril dernier devient réalité !

Grazie a Pietro Bortoluzzi ; Antonella Ciappina ; Alessandro Dalla Cort ; Alvise Elvis Ferialdi ; Irene Galifi ; Davide Scalzotto ; Matteo Secchi ; Cecilia Tonon ; Anna Zemella et tutti i membri del gruppo di riflessione sur questo problemo, per loro collaborazzione.


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