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481° Trouilles et renoncements...

Publié le 31 juillet 2014 par Jacques De Brethmas

481°   Trouilles et renoncements...Chacun son histoire. Pendant que l'Humanité et la Dépêche font leur une sur le centenaire de l'assassinat de Jaurès et le carnage de Gaza, le Figaro, lui, fait la sienne sur Louis de Funès, qui aurait eu cent ans aujourd'hui, et la Russie qui « défie l'Amérique » par Ukraine interposée.
Sarkozy avait osé (ils osent tout) se réclamer de Jaurès, le Figaro n'a pas osé. (A moins qu'il n'en ait jamais entendu parler?)
La lecture du Canard Enchaîné nous apprend qu'au moment où le « Défenseur des droits » publie son rapport annuel, que j'ai trouvé in-extenso sur son site,  et où l'on trouve page 207 les réclamations dont le Conseil est le plus souvent saisi, et qui sont essentiellement d'ordre social, sécuritaire et discriminatoire, le nouveau patron Jacques Toubon déclare « la fracture numérique » cheval de bataille pour son prochain exercice. Nous n'irons pas jusqu'à dire que cela lui évitera de parler des sujets qui fâchent avant qu'il ne l'ai fait, mais le moins qu'on puisse dire est que le choix de ce cap augure mal de la compréhension qu'il a de sa mission.  On n'est tout de même pas victime de la fracture numérique comme on peut l'être de la fracture sociale, des discriminations ethniques, religieuses et sexistes, des vides administratifs de nos institutions et des débordements des autorités…
Tiens, par exemple, on a récemment entendu monsieur Paul Bismuth, et certaines personnalités autour de lui parler de l'acharnement de la justice à l'encontre d'un ancien président, mettre en avant les convictions personnelles des juges en omettant que d'autres magistrats avaient justement été pris la main dans le tiroir défendu, et autres fariboles plus ou moins inspirées des vociférations d'un monsieur Berlusconi.
Il suffit de chercher dans le code pénal, on y trouve ceci :
Article 434-25 (extraits):


Le fait de chercher à jeter le discrédit, publiquement par actes, paroles, écrits ou images de toute nature, sur un acte ou une décision juridictionnelle, dans des conditions de nature à porter atteinte à l'autorité de la justice ou à son indépendance est puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende.
(...)
Lorsque l'infraction est commise par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables.

Qu'est-ce qu'on attend pour appliquer la loi? Pourquoi aucun parquet, aucun magistrat n'a-t-il porté plainte ? Que fait le défenseur des droits ?
Quand on pense qu'un pauvre hère a écopé de quatre mois ferme pour avoir piqué 17€ dans le tronc d'une église,  et qu'on pense à Bygmalion, on se dit que le défenseur des droits est passé un peu trop vite sur la place de l'Eglise.
Notre gouvernement, lui, fait bourrée auvergnate. C'est vrai que le président est de là-bas. J'autorise une manif, j'interdis l'autre. Ce qui ne change absolument rien au niveau sécuritaire : autorisation ou pas, les casseurs, eux, sont toujours là.
Les excuses petit-bourgeoises du genre « Je ne veux pas qu'on défile dans Paris avec des pancartes « Mort aux Juifs » prêteraient à sourire si le sujet n'était pas si grave. Il y a des lois pour réprimer les appels à la haine, qui sont plus efficaces que de réprimer les appels à la paix. Et pendant les travaux, la boucherie de Gaza reste ouverte.
Bien sûr, les extrémistes de tout poil vont s'emparer de ce conflit pour tenter de faire mousser leurs fantasmes. Quand on n'a rien à dire, on instrumentalise les arguments des autres. Ce n'est pas l'autorisation ou l'interdiction d'une manif qui va les arrêter. Alors, il serait temps de ne pas se cacher derrière cette hypocrisie et de dénoncer un massacre qui, lui, est bien réel.
Et au risque de froisser nos bons bourgeois qui regardent les manifs « arabes » à la télévision derrière leurs rideaux tirés, ce ne sont sans doute pas les pro-palestiniens qui sont les plus agités : il existe en France une branche de la LDJ,  qui est bien plus redoutable que les footeux algériens qui ont agité leurs drapeaux verts un soir de match de coupe du monde, et qui ont tant fait jaser.
Considérée comme un mouvement terroriste aux USA et interdite dans de nombreux pays, dont Israël, ce mouvement quasi-militaire est enfin mis en cause et menacé d'interdiction par le gouvernement français, qui finira peut-être par le dissoudre enfin un jour où le café du conseil des ministres sera plus corsé que d'habitude. Car nos édiles ne peuvent pas ignorer, s'ils sont de vrais politiques, que lorsqu'il y a des débordements à l'issue d'une manif, c'est du côté des opposants qu'il faut chercher les casseurs. Quand on organise une manif pour défendre une cause, on n'a aucun intérêt à la voir dégénérer.
Ceci dit, et pour finir bien terre à terre, je n'avais pas eu l'impression, en 2012, d'avoir accordé mes suffrages à des godillots. J'ai suivi avec intérêt la protestation des députés frondeurs lorsqu'il s'est agi de prolonger le gel des retraites, (c'est un sujet qui me passionne…), et j'ai vu la majorité de ces matamores rentrer dans le rang et voter le gel avec abnégation.
Jaurès, vous avez dit Jaurès ??


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