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Souvenons-nous de la nuit du 4 août !

Publié le 04 août 2014 par Mpbernet

La nuit où, dans l’Hôtel des Menus Plaisirs à Versailles, l’Assemblée nationale constituante vota l’abolition des privilèges et fit exploser le système féodal.

4aout

Pour faire pièce à la Grande Peur qui saisit les nobles devant les révoltes dans les campagnes à la suite de la Révolution de juillet 1789, la noblesse et le clergé proposent, dans un grand élan de générosité, d’abolir les privilèges attachés à leurs ordres : c’est à qui renoncera à des avantages immémoriaux devenus particulièrement insupportables.

C’est le duc d'Aiguillon - Armand-Désiré de Vignerot du Plessis de Richelieu, la plus grande fortune personnelle après le roi  - qui lance l’idée dès le 3 août : proclamer l'égalité de tous devant l'impôt et le rachat des droits féodaux à très bas prix. Le lendemain, le vicomte de Noailles propose de supprimer les privilèges pour ramener le calme dans les provinces. Puis, Le Guen de Kérangal, le vicomte de Beauharnais, Lubersac, l'évêque de La Fare surenchérissent en supprimant les banalités, les pensions sans titre, les juridictions seigneuriales, le droit de chasse, les privilèges ecclésiastiques.

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Le vicomte de Beauharnais propose « l'égalité des peines sur toutes les classes des citoyens, et leur admissibilité dans tous les emplois ecclésiastiques, civils et militaires ». Cottin demande l'extinction des justices seigneuriales ainsi que celle de « tous les débris du régime féodal qui écrase l'agriculture ».

Ainsi, dans la nuit du 4 août 1789, l’Assemblée nationale détruit entièrement le régime féodal. Louis XVI, jouant de toutes les arguties juridiques encore en son pouvoir pour publier ces décrets réellement révolutionnaires et ne pas promulguer dans les formes requises ces décrets, sera contraint d’y souscrire en novembre 1789.

3 ordres

Cela nous semble terriblement loin, n’est-ce pas ? Cependant …

Les projets de réforme administrative, de simplification des innombrables normes et réglementations obsolètes, de libéralisation de certaines contraintes liées au travail et à quelques professions qui jouissent d’une rente de situation inacceptable ne se placent-ils pas – toutes proportions gardées – dans le même mouvement ? Aujourd’hui, face aux inégalités croissantes dues principalement à l’accès anti-démocratique à l’instruction, à la culture et à l’emploi, n’aurions-nous pas besoin à nouveau d’une nuit du 4 août ?

Je crois qu’il nous faudrait bien plus qu’une seule nuit … et un courage politique que je ne vois pas bien chez nos élus, de quelque bord qu’ils soient !


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