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La mort de Simon Leys, le Belge d'Australie

Publié le 11 août 2014 par Lucie Cauwe @LucieCauwe

La mort de Simon Leys, le Belge d'Australie

Simon Leys.


La technologie ne touche pas de la même façon tous les individus peuplant la Terre.
La preuve avec Pierre Ryckmans, mieux connu sous le nom de Simon Leys, qui vient de mourir ce 11 août à Canberra en Australie, pays  où il avait choisi de s'installer en 1970, avec sa femme chinoise et leurs quatre enfants. Né à Bruxelles le 28 septembre 1935, il allait avoir 79 ans.
Technologie, disais-je... Pour le joindre, si loin de notre petite Belgique dont il était originaire, il fallait soit lui écrire par voie postale, soit, comble de modernité, lui envoyer un fax. Ni téléphone, ni mail... Ce qui donnait des échanges curieux d'un bout à l'autre de la planète, le télécopieur sorti pour l'occasion de son rebut crépitant alors comme un jeune premier.
C'est à 19 ans que le jeune homme découvre la Chine, elle ne lâchera plus l'étudiant en droit et en histoire de l'art. En 1959, Pierre Ryckmans part poursuivre ses études à Taiwan, Singapour et Hong Kong où il s'installe et se marie. Mais c'est l'Australie qui sera son pays de résidence définitif, même s'il conserve sa nationalité belge. Il enseigne la littérature chinoise à l'université de Canberra et mène en parallèle une carrière d'écrivain, essayiste, critique littéraire, traducteur et sinologue.
Il prend le nom de plume de Simon Leys en 1971, quand il publie son essai sur la révolution culturelle chinoise, "Les Habits neufs du président Mao" (Champ libre, 1971). Il livrera d'autres critiques du mouvement chinois, ce qui lui attire les foudres de penseurs français. Bernard Pivot se souvient encore de l'émission de 1983 où il réunit sur le plateau d'"Apostrophes"  Maria-Antonietta Macciocchi et Simon Leys, le second tournant la première en ridicule avec une autorité simple.
L'homme poursuivit son œuvre d'amoureux de la littérature chinoise, l'étudiant et la traduisant inlassablement. Dans ses autres centres d'intérêt, la littérature et la mer. Lui qui écrivait en anglais ou en français ne laisse qu'un roman, "La mort de Napoléon" (Hermann, 1986). Parmi ses essais principaux, on peut citer "Protée et autres essais" (Gallimard, 2001), Prix Renaudot, "La Mer dans la littérature française" (2003) ou encore "Orwell ou l'horreur de la politique" (Champs n° 1111).
Simon Leys fut également membre, depuis 1990, de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. Il y occupe le fauteuil de Georges Simenon.
Laissons le mot de la fin à Amélie Nothomb dans l'évoque dans "Biographie de la faim", comme le rappellent Wikipédia et Pierre Maury: "Pendant quelques jours, nous logeâmes dans notre misérable appartement un monsieur qui ne souriait pas beaucoup. Il portait une barbe, ce que je croyais l'attribut du grand âge: en vérité, il avait l'âge de mon père, qui parlait de lui avec l’admiration la plus haute. C'était Simon Leys. Papa s'occupait de ses problèmes de visa."

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