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Visa pour l’image 2014 Festival International du Photojournalisme | Perpignan

Publié le 24 août 2014 par Philippe Cadu

CAR © Pierre Terdjman.One from Ukrain, © Guillaume Herbauthttp://www.visapourlimage.com/fr/

Du 30 aout au 14 septembre 2014

Le 30 août, le Couvent des Minimes n’ouvre qu’à 14h.

Édito : Dites-moi que je rêve…

Il y a quelques jours, j’ai dîné avec un photographe que je connais depuis une trentaine d’années. Un de ces photographes qui a tout fait dans sa carrière. Plusieurs conflits, d’énormes prises de risques, avec beaucoup de talent, mais également tout ce qu’on lui a demandé : mode, politique, tapis rouges, illustrations diverses. Sans compter quelques très beaux sujets magazines. En un mot, un poids lourd du métier.

Maxim Dondyuk  Lauréat du Prix de la Ville de Perpignan Rémi Ochlik 2014
Maxim Dondyuk  Lauréat du Prix de la Ville de Perpignan Rémi Ochlik 2014
Il a travaillé pendant 30 ans, jusqu’au jour où, comme tant d’autres, il a été remercié. Crise des agences, raréfaction des commandes. Un triste refrain auquel on a dû s’habituer, année après année…

Bref, notre ami comptait, à juste titre, sur une exploitation raisonnable de ses archives. Quelle naïveté ! C’était compter sans une pratique de plus en plus répandue : le forfait. Pour ceux qui l’ignorent, cela consiste en des formules d’abonnements, afin de répondre à une demande souvent pressante des journaux et groupes de presse. « Tu prends 10, 15 ou 20 photos par jour, et nous, on te facture au forfait. 1 000, 2 000 ou 5 000 euros par mois. »

Finalement, notre professionnel chevronné reçoit son relevé de compte pour le mois dernier. Montant dû ? Moins de… 195 euros !

Le foot dans les yeux des enfants de la favela Cidade de Deus  Christophe Simon, responsable de la photo AFP au Brésil,
Chris Hondros / Getty Images  Testament  Le 20 avril 2011, Chris Hondros a été tué en Libye, en même temps que Tim Hetherington
Un news magazine publie une photo des printemps arabes pour 0,58 euro. Une photo de la chute du mur de Berlin ? 0,88 euro. Et tout à l’avenant.

Le photographe est furieux. On le serait à moins… Il lâche : « Tu vois, mes photos valent moins qu’un préservatif. »

J’aurais aimé que cette histoire ne soit qu’un cauchemar. J’aurais pu la raconter en riant. Hélas, c’est une histoire vraie. Et malheureusement très courante.

À force de vouloir vendre la photo au kilo, on va finir par la tuer ! Si 25 ans d’archives ne valent même plus 200 euros par mois, cette profession est vraiment mal barrée. Il serait temps que tous les acteurs, producteurs, diffuseurs et acheteurs de photos de qualité réalisent qu’en accédant aux demandes les plus extravagantes de leurs financiers, ils sont en train d’enterrer ce métier.

Sans production aujourd’hui, de quoi seront faites les archives de demain ?

Jean-François Leroy

Entrée gratuite, tous les jours, de 10h à 20h, du 30 août au 14 septembre 2014


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