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François-Xavier Dillard : Fais-le pour maman

Par Stephanie Tranchant @plaisir_de_lire

Fais-le pour maman  de François-Xavier Dillard  3/5 (02-08-2014)

Fais-le pour maman  (283 pages) est sorti le 13 mars 2014 chez Fleuve Editions.

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L’histoire (éditeur) :

Au début des années 70, Sébastien, 7 ans, vit seul avec sa mère et sa sœur adolescente, Valérie. Leur mère arrive tant bien que mal à joindre les deux bouts, malgré ses deux emplois qui lui prennent tout son temps et toute son énergie. Une dispute de trop avec sa fille qui dégénère, et c’est le drame familial. Valérie survivra à ses blessures mais la police ne croit pas à la version de la mère accusant son petit garçon d'avoir blessé sa sœur. La mère prendra 5 ans de prison. Des années plus tard, et grâce à ses parents adoptifs, Sébastien mène une vie « normale », alors que sa sœur vit dans un institut spécialisé et que sa mère n’est jamais reparue après sa sortie de prison. Sébastien est devenu un père et un médecin exemplaires. Jusqu'à de mystérieux décès d’enfants parmi ses patients et avec eux, le retour funeste des voix du passé...

Mon avis :

Tout d’abord, un grand merci à Lizouzou pour le partage de ce roman. Un roman qui me faisait envie depuis le billet élogieux de Cajou qui l’a trouvé tout à fait à son gout avec, je cite, «  Des chapitres offrants plusieurs points de vue, des psychopathes de compétition, des histoires qui se croisent, du suspense, un peu d’humour aussi, beaucoup de faux-semblants, des personnages forts, de la tension, de la folie en-veux-tu-en-voilà et de l’émotion. Puis (délicieuse) cerise sur le gâteau : un dénouement qui a su me surprendre. »

Pour ma part, il en a été autrement. Je n’ai malheureusement pas été aussi emballée. C’est vrai que François-Xavier Dillard offre un thriller haletant  avec une tension très présente (ses chapitres courts, alternant les points de vue, se succèdent vite et avec une grande fluidité). Mais l’intrigue manque, pour moi, de piment.

Le prologue est fort, très fort. Il donne le ton quant à la dose de machiavélisme qui risque de nous attendre par la suite. C’est du coup aussi un point qui m’a vraiment gênée durant ma lecture, car connaissant l’identité du coupable dès le début je m’attendais forcément à un dénouement explosif et je me suis donc douté d’une partie de celui-ci.

Quand on fait la connaissance de Sébastien, c’est un petit garçon de sept ans que sa mère prie expressément de s’accuser d’avoir poignardé sa grande sœur Valérie, lorsqu’arrivent les secours. Les autorités croient la chose impossible heureusement et finissent par enfermer la maman, reconnue coupable du crime. Les années passent, Sébastien a réussi à grandir et à se construire, devenant à 42 ans, un médecin de ville respecté et le papa de deux fillettes (Léa 12 ans et Juliette 8 ans). Mais le passé le rattrape inévitablement et l’horreur  gagne peu à peu son quotidien quand il devient le coupable de divers morts suspectes dans son entourage proche.

Tout cela donne un roman sombre dans lequel les personnages ont tous une part de tourments accentuant encore plus l’ambiance noire et l’intrigue machiavélique.

Sébastien n’est d’ailleurs pas le seul personnage torturé du livre. Claire, 40 ans, commissaire de police fraîchement affectée à Despluzin, tente d’étouffer son histoire personnelle tout aussi tragique et sordide. Sa rencontre avec ce médecin devient une bouffée d’air frais et lui permet de briser la solitude qui la pèse tant. Nous suivons également la jeune Léa (qui du haut de ses 12 ans réagit avec une maturité déconcertante par moment), la coupable perverse et de savoureux flashback retraçant l’itinéraire de Sébastien et laissant planer quelques doutes quant à nos certitudes. Car pourquoi tant d’évidences ?...

Et bien voilà le vrai problème de ce roman ! Mis à part les quelques incohérences (surtout quand il est question des âges des personnages), j’ai trouvé fort dommage que les doutes convergent si fortement dès le début  vers la seule et même personne (trop simple pour être vrai !). Cela me laissait attendre imaginer tout autre chose pour ne pas être déçue : retournement de situation ou autre bonne surprise. Pif, paf, pouf, voilà comment le dénouement n’est devenu finalement plus du tout exceptionnel. Et oui, ce thriller n’aura pas réussi à me balader.

Cela ne m’empêchera pas pour autant de vouloir découvrir le premier roman de l’auteur  (Un vrai jeu d'enfant), car j’ai trouvé son style très agréable et prenant. Cette déception quant au dénouement n’enlève pas grand-chose à l’efficacité de son intrigue, il faut le reconnaître. Fais-le pour maman offre tout de même de bons rebondissements. On apprécie  aussi de ne pas avoir des personnages parfaitement lisses (les ravages de la folie et des violences psychologiques sont terrifiantes).

Malgré ma déception concernant la fin (et les quelques coquilles), Fais-le pour maman est un thriller addictif. C’est pourquoi sans pour autant être une déception, il ne figurera toutefois pas dans le top 10 de mes lectures 2014. 


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