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P.G. Wodehouse

Publié le 01 septembre 2014 par Lebouquineur @LBouquineur

Alors que paraît aux Editions Les Belles Lettres, un inédit de P.G. Wodehouse datant de 1969, Un pélican à Blandings qui fera l’objet d’un billet spécifique dès demain, attardons-nous aujourd’hui sur cet écrivain que je tiens en très haute estime.

Wodehouse
Pelham Grenville Wodehouse, né à Guilford (Surrey), le 15 octobre 1881, mort à New York le 14 février 1975, est un auteur humoriste britannique naturalisé citoyen Américain en 1955. Il est l’auteur d’une œuvre énorme, puisqu’elle se compose de plus de 90 livres de récits (70 romans et 20 recueils de 200 nouvelles), plus de 100 autres récits en magazines, 400 articles, 19 pièces de théâtre et 250 chansons pour 33 comédies musicales !

P.G. Wodehouse naît prématurément en 1881 dans le Surrey, où sa mère est de passage alors que son père, Henry Ernest Wodehouse (1845-1929), se trouve à Hong-Kong où il travaille dans l'administration coloniale. Grenville Pelham, baptisé du nom de son parrain mais que la famille appelle Plum, passe les toutes premières années de sa vie outre-mer avant de quitter ses parents pour vivre en Angleterre avec ses deux frères aînés, Philip Peveril et Ernest Armine, dans une école privée à Croydon (Surrey). Pendant les vacances, les enfants font des séjours chez leur grand-mère et rencontrent leurs oncles et tantes qui plus tard serviront de modèles pour des personnages de romans, comme ses tantes Julie et Emmaline qui seront transposées dans Pas de pitié pour les neveux.

En 1896, ses parents, Eleanor et Ernest, accompagnés de leur dernier-né, reviennent s'installer en Angleterre, dans le Shropshire (comté où l’auteur place Blandings Castle). Son frère Ernest et lui obtiennent une bourse d'études pour Oxford, mais la famille n'a pas les moyens de payer les frais de scolarité pour deux étudiants et Wodehouse doit renoncer à l'université. Il garde un excellent souvenir de ses années de collège qui deviendront plus tard une source d'inspiration. Il lit beaucoup, pratique la boxe, le cricket (dont il était un grand fan) et le football, chante dans la chorale de l'école et travaille comme rédacteur en chef pour le magazine The Alleynian.

Grâce aux contacts que son père a gardés, il trouve un emploi dans les bureaux londoniens de la banque de Hong-Kong et de Shanghai, mais comme ce n’est pas vraiment son truc ou sa tasse de thé, il se met à écrire des nouvelles et des articles avant de devenir journaliste en 1903. Il collabore au Globe et au Strand. En 1909, il part aux États-Unis où il s'installe. Il est d'abord critique théâtral, puis auteur de pièces de boulevard et de comédies musicales.

En 1914, il fait la connaissance d’Ethel Wayman, qui a une fille de neuf ans, Leonora, et l'épouse dans le courant de la même année. Wodehouse ne se soucie guère de politique et quand la Seconde Guerre mondiale éclate en 1939 il reste dans sa villa du Touquet en France, méconnaissant l’ampleur du conflit. En 1940, il est arrêté par les Allemands et retenu prisonnier d'abord dans le fort de Huy en Belgique, puis à Tost en Haute-Silésie, province de l'actuelle Pologne. A Tost, il amuse ses compagnons avec des sketches comiques qu'il utilisera ensuite comme base d'une série d'émissions de radio que les Allemands le persuadent de réaliser à Berlin à l'intention des Américains. Au Royaume-Uni, Wodehouse est accusé de collaboration avec les Nazis et même de trahison. Ses livres disparaissent de certaines librairies. Parmi ses rares soutiens figurent Evelyn Waugh et George Orwell qui en 1945 écrit In Defense of P. G. Wodehouse. Ulcéré par ces accusations, il part vivre à New York avec sa femme Ethel, en 1947. Sa belle-fille Leonora, sa confidente et conseillère, était morte en mai 1944 et les Wodehouse n'ont pas eu d'autres enfants. En 1955, il devient citoyen américain et passe le reste de sa vie à Remsenburg, Long Island, ne revenant jamais plus au Royaume-Uni. Il fut tardivement élevé au grade de Chevalier de l'Empire Britannique en 1975 et mourut peu après, à 93 ans, le 14 février de la même année. Son épouse Ethel est décédée en 1984 à 99 ans.

C’est dans les années qui suivirent la Première Guerre mondiale que les romans de Wodehouse commencèrent à connaitre le succès des deux côtés de l’Atlantique et en 1919 que parait le premier recueil de nouvelles mettant en scène Jeeves et Bertie Wooster, son maître. En 1923, L’Inimitable Jeeves, fut son premier grand best-seller. Par contre, ce ne sera que dans les années 80, avec la collection 10-18, qu’on découvre l’écrivain en France. Son œuvre peut être organisée en plusieurs cycles, séries de romans ayant un héros récurrent. On pensera immédiatement à Jeeves et Bertram Wooster (Bertie), inénarrables romans caractéristiques de l’humour extravagant de Wodehouse impliquant un jeune aristocrate Bertie et son majordome Jeeves toujours plein de ressources. S’il en est qui n’ont jamais lu ces bouquins, précipitez-vous en urgence chez votre libraire, vous me direz merci plus tard, ils sont absolument indispensables ! Il y a aussi les romans se déroulant à Blandings Castle avec lord Emsworth, ceux avec l’oncle Fred (Frederick Altamont Cornwallis Twistleton, cinquième comte d’Ickenham, oups !) et son neveu Pogo (autre oisif cher à l’auteur) ou bien encore les livres traitant de Mr Mulliner.  

P.G. Wodehouse est le spécialiste des histoires embrouillées au possible où un personnage tentant de s’en dépêtrer se trouve de plus en plus pris au piège, comme dans les vaudevilles les plus farfelus. Décors typiquement british, châteaux et noblesse, campagne anglaise verdoyante, humour à tomber à la renverse, je dois à Wodehouse de nombreuses heures de rire à le lire, et je ne peux que le conseiller fermement à ceux qui ne le connaitraient pas encore.


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