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Strange Circus

Publié le 02 septembre 2014 par Olivier Walmacq

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genre: drame, inclassable (interdit aux - 16 ans)
année: 2005
durée: 1h50

L'histoire: A 12 ans, Mitsuko est violée par son père. Sa mère, Sayuri, les surprend avec horreur, mais ne dis rien. La perversion du père montera ensuite d'un cran, lorsqu'il enfermera sa jeune fille dans un étui à violoncelle troué pour la forcer à assister à ses ébats avec sa femme. Puis c'est au tour de la mère de prendre place dans le l'étui, afin qu'elle soit le témoin de la relation incestueuse de son mari et de sa fille. Victimes du même monstre, Sayuri et Mitsuko, mère et fille, vont commencer à se confondre. Lorsque Sayuri meurt d'une chute d'escalier, Mitsuko va définitivement prendre sa place et son apparence... Cette terrible histoire est le dernier roman d'une célèbre femme écrivain, Taeko. Est-ce une autobiographie ou pure invention ? Taeko est-elle Sayuri ? Ou bien Mitsuko à l'âge adulte ? Un jeune assistant va l'accompagner jusqu'à la fin de son récit tout en nouant avec elle une étrange relation.  

la critique d'Alice In Oliver:

Parmi les grands réalisateurs asiatiques, il y a un nom que l'on ne cite jamais ou alors trop peu souvent. Il s'agit de Sion Sono qui s'est néanmoins distingué avec le superbe et désespéré Suicide Club, mais pas seulement. Par exemple, comment ne pas évoquer Guilty of Romance, Coldfish ou encore Love Exposure ? Vient également s'ajouter Strange Circus, réalisé en 2005.
Véritable artiste accompli, Sion Sono est aussi musicien, poète et homme de théâtre. Ce n'est qu'à partir des années 1990 qu'il décide de se lancer dans le cinéma. Autant le dire tout de suite: son cinéma n'a rien à voir avec les blockbusters actuels.

Pour Sion Sono, le but est d'expérimenter ses idées sur grand écran. En 2002, il réalise un film qui va marquer les esprits: le terrible Suicide Club que j'ai déjà évoqué. Le long-métrage est clairement un cri d'alarme et de douleur sur le Japon actuel et moderne.
Le film fait scandale et suscite la polémique. Trois ans plus tard (donc en 2005), Sono Sion sort un nouveau film, Strange Circus, et sait qu'il est particulièrement attendu au tournant. Qu'à cela ne tienne, Strange Circus est tout simplement une grande réussite et un film choc, dérangeant et justement interdit aux moins de 16 ans. 

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Attention, SPOILERS ! A 12 ans, Mitsuko est violée par son père. Sa mère, Sayuri, les surprend avec horreur, mais ne dis rien. La perversion du père montera ensuite d'un cran, lorsqu'il enfermera sa jeune fille dans un étui à violoncelle troué pour la forcer à assister à ses ébats avec sa femme.
Puis c'est au tour de la mère de prendre place dans le l'étui, afin qu'elle soit le témoin de la relation incestueuse de son mari et de sa fille. Victimes du même monstre, Sayuri et Mitsuko, mère et fille, vont commencer à se confondre.
Lorsque Sayuri meurt d'une chute d'escalier, Mitsuko va définitivement prendre sa place et son apparence...

Cette terrible histoire est le dernier roman d'une célèbre femme écrivain, Taeko. Est-ce une autobiographie ou pure invention ? Taeko est-elle Sayuri ? Ou bien Mitsuko à l'âge adulte ? Un jeune assistant va l'accompagner jusqu'à la fin de son récit tout en nouant avec elle une étrange relation.
L'air de rien, avec un tel scénario, Sion Sono aborde de nombreux thèmes: l'inceste, la pédophilie, le viol, la dysphorie de genre et surtout la perte de toute identité sexuelle. Toutes ces thématiques, qui font aussi office de véritables cicatrices, auront des répercussions importantes sur les deux principaux protagonistes, donc Taeko et son nouvel assistant au comportement bien étrange.

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Sion Sono se démarque par son style. Il ne choisit pas l'aspect documentaire pour traiter de telles thématiques. Au contraire, son traitement est plutôt fantaisiste et mélange plusieurs genres: l'horreur, le thriller et l'expérimental à travers les fantasmes et les processus inconscients (tels que le déni et le refoulement) de ses deux principaux personnages.
A partir de là, Strange Circus fonctionne un peu comme une sorte de puzzle, à la fois déroutant, extrêmement dérangeant (tant sur la forme que sur le fond) et délivrant un véritable uppercut à la face du spectateur. 

Attention, Strange Circus se démarque totalement des films gores actuels. D'ailleurs, ce n'est même pas un film gore au sens propre du terme. Il s'agit plutôt d'un portrait sur une famille totalement décomposée, dont les cicatrices du passé vont revenir progressivement à la surface.
Ici, la figure paternelle a une grande importance. La question de l'identité sexuelle est également abordée, tout comme le rapport fusionnel entre la mère et sa fille, fusion qui prendra tout son sens dans la dernière demie heure du film. En l'état, difficile d'en dire davantage.
En l'occurrence, Sion Sono s'amuse à brouiller les pistes et à jouer avec les nerfs du spectateur. Contre toute attente, Strange Circus se révèle encore supérieur (en tout cas plus abouti) à Suicide Club.

note: 18/20


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