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La ballade des gens heureux

Publié le 04 septembre 2014 par Euphonies @euphoniesleblog

 

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Ballads - Kim

Ballads est le 24ème album (oui oui ! ) de Kim (Kim Stanislas Giani pour les intimes). Huit titres, 46 mns. Voilà ça c’est pour le factuel.

On se méfie parfois des artistes prolifiques, comme si la retenue avait un caractère sacré. D’un côté My Bloody Valentine, de l’autre Jean-Louis Murat. Susciter l’attente (au risque d’épuiser ou de décevoir) contre rassasier l’auditeur à coup de deux albums par an (au risque de lasser). Le cinéma connaît aussi ses réalisateurs prolixes (Woody Allen) ou taiseux (Malick, Kubrick…) et aucun de ces deux positionnements n’est gage de qualité ou de réussite. Il y a des bavards géniaux et des muets qui rendent sourds. Vous l’aurez compris, Kim appartient plutôt à la première catégorie.

Allez donc faire un tour sur internet pour découvrir le parcours de ce multi-instrumentiste qui a fait tous les métiers, jongleur équil… hum, compositeur, musicien de studio, blogueur… Kim est à la musique actuelle ce que le blé est à cuisine : présent souvent, toujours discret, mais source de bien être. Tellement discret d’ailleurs que je ne l’avais découvert que par hasard, lors de sa collaboration jouissive (c’est le cas de le dire) avec Victorine sur le titre Fukushima femme fontaine.  Alors après, rattraper son retard sur le dossier Kim, c’est comme se lancer dans la discographie de Franck Zappa.

Mais revenons à ce Ballads. Véritable claque de ce début de rentrée. On va vite évacuer les différentes analogies possibles. Oui dès la première écoute, j’ai pensé Beatles, le 1919 de John Cale, et puis au fur et à mesure, T-Rex, Kinks, Sebadoh, Pink Floyd… De la ballade à… se faire balader dans tous les sens il n’y a qu’un pas. L’album est une explosive progression, un hommage à toute la litanie pop-rock-psyché des années 70. Ca commence par des arrangements classieux, du piano (David Cicone) puis ça enchaine avec le soleil reverb des horizons infinis façon Herman Dune (Ocean Bird) Et puis dès Christmas Song, on rentre dans une nouvelle dimension, une chanson qui n’en finit pas de progresser, subtile, harmonica mon ami, vers les hauteurs. Et bam, contrepoint sautillant avec Soldiers of creation, tout en gardant cette production qui va à l’essentiel. Il se passe quelque chose, un univers, à la fois varié, brut, et cohérent. On commence à se dire qu’on tient un grand album. Et on avait pas prévu la nouvelle claque, que dis-je, l’uppercut qu’est Solenn. Monstre de 13 minutes qui passe comme une friandise gonflée aux réjouissances du transat. Jamais d’ennui avec Ballads. Et  l’album est ambitieux, exigeant, complexe, ciselé, sans compromis. Il donne à la fois envie de prolonger son été farniente. D’apprendre la batterie ET la guitare (tous ces solos incroyables), de rencontrer une femme et d’avoir comme socle commun l’union sur cet album.

Qu’on se le dise : Kim vient à nouveau de réussir un album immense, qui sent le jazz, la pop, l’expérimentation, toujours dans le sens généreux de ceux qui sont passionnés de musique et de partage. Gros coup de cœur d’Euphonies cette année. Si vous êtes convaincus, filez sur le site de l’album.


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