J’ai lu la première page de Merci pour ce moment, pas plus. Je n’en sais que ce qu’on en a dit
et, comme vous, j’ai l’impression d’en tout connaître. A portée de main, de
voix, j’ai V.T. à qui je viens de serrer la pince en prenant l’air blasé, il
suffit, pour obtenir le scoop du siècle, de lui arracher quelques mots de plus
que le « Enchanté » qu’elle m’a servi. Enfin, le scoop de la semaine,
ou du jour, ou de l’heure. Puisque les journalistes français qui rêveraient de la
faire parler de son livre sont maintenant à près de 10 000 kilomètres
d’elle – au contraire de moi, qui me vois déjà signer : « Propos
recueillis par Pierre de Malgachie » un article retentissant.
Je me retrouve au temps où j’étais enrôlé de force dans une
équipe de foot, sans envie, incapable de contrôler un ballon ou de faire une
passe mais souvent, par distraction plus que par art du placement, au bon
endroit pour dévier un tir en direction du but. On m’a souvent prêté des
talents que je n’avais pas…
Cette fois encore, la chance est avec moi. J’engage la
conversation avec V.T. à propos de Madagascar, ça ne mange pas de pain, elle redécolle
dans deux heures vers le sud, on a le temps de boire un verre en toute
simplicité, c’est moi qui régale – ce sera C., finalement. Et, de fil en
aiguille, nous voilà à parler du succès de son livre, puis de son livre.
Bon, si les choses s’étaient passées ainsi, je ne vous aurais pas raconté ça dans mon blog, vous auriez dû acheter le journal auquel j’aurais vendu mon exclusivité au prix fort, après avoir fait monter les enchères.
D’ailleurs, C., quand je l’ai retrouvé hier en fin de matinée, les yeux las et le visage chiffonné après son vol de nuit, n’avait pas l’air de savoir que V.T. était dans le même avion que lui.
